Sida : Maggie de Block laisse tomber Ex Aequo et la communauté gay

Sida: Maggie de Block laisse tomber  Ex Aequo et la communauté gay

L’Inami n’accordera finalement aucun subside au projet Test-Out dans le cadre du Plan de lutte contre le Sida

C’est l’incompréhension au sein de l’ASBL Ex Aequo. En février dernier, l’Inami avait promis un financement de 44. 000 euros au projet Test-Out, qui propose un dépistage du VIH démédicalisé pour les homosexuels. Or, l’Inami aurait subitement fait volte-face pour d’obscures raisons budgétaires, tout en préférant favoriser d’autres ASBL travaillant auprès des professionnels du sexe. Devant le manque de soutien de la ministre de la Santé publique Maggie de Block (Open Vld), Ex Aequo appelait hier à la mobilisation générale.

Test-Out : des débuts prometteurs

En Belgique, 100 personnes sont diagnostiquées du Sida chaque mois. Un taux de nouvelles contaminations au VIH parmi les plus élevés en Europe. Engagée auprès de la communauté gay, qui représente une part significative des dépistages tardifs, l’ASBL Ex Aequo a mis sur place en 2014 un dispositif de dépistage du Sida démédicalisé afin d’en favoriser l’accès. Et les résultats se sont révélés très prometteurs : "2,35% de résultats positifs sur 511 dépistages en 2014. Les médecins généralistes n’ont jamais atteint pareil taux de découverte de séropositivité" confiait Michael François, responsable de la communication d’Ex Aequo, au journal Le Vif - L’Express.

Pas de subside au dépistage de la communauté gay

Malgré sa promesse et l’utilité évidente du projet proposé par Ex Aequo, l’Inami ne financera finalement pas Test-Out. Une décision qui indigne l’ASBL au nom de la communauté gay, en rappelant que les institutions médicales internationales et l’Ordre des médecins recommandent activement la mise en place de tels dispositifs de dépistage démédicalisés dans la lutte contre le Sida. D’autant plus que les arguments avancés par l’Inami et Maggie de Block peinent à justifier l’abandon d’un soutien financier en dernière minute.

Les subsides initialement destinés à Ex Aequo seraient reversés pour les associations Ghapri, Pasop, Espace P et Alias, engagées dans l’accompagnement des travailleurs du sexe. Or, selon l’Inami, le motif de rejet du projet Test-Out serait tout simplement budgétaire. "Une décision insensée", selon Ex Aequo, qui confiait dans les colonnes de Le Vif avoir pâti du rapprochement de Maggie de Block avec le lobbying médical. Selon l’ASBL, la ministre de la Santé publique aurait cédé aux pressions des médecins siégeant à l’Inami, inquiets de voir le secteur associatif empiéter sur ses plates-bandes : "On nous a fait comprendre que le cabinet De Block avait donné l’injonction".

Maggie de Block argumente

Au cabinet de la ministre de la Santé publique, contacté par le Journal du Médecin, on avance un autre argument : c’est parce que le Test-Out est uniquement destiné aux homosexuels qu’il ne répondrait pas aux critères de subvention. Ainsi, quand bien même il s’agit d’une population à hauts risques de contamination, il serait normal que l’Inami exclue un projet réservé aux homosexuels alors que le plan VIH était prévu en priorité pour les travailleurs du sexe homosexuels, bisexuels, transsexuels et hétérosexuels. Aussi, Maggie de Block estime que le projet d’Ex Aequo différencierait au cœur de Plan Sida l’accompagnement des travailleurs du sexe et des non-prostitués, créant ainsi une forme de stigmatisation.

L’autre problème du projet serait justement l’absence d’un accompagnement médical permanent, à la différence des autres ASBL qui seront subventionnées. Le projet d’Ex Aequo fonctionnait, en effet, grâce à des volontaires répartis sur le terrain sous la direction d’une infirmière en charge du projet. Pour le ministère de la Santé publique, sans un suivi médical de base, aucun financement n’est possible. De quoi raviver les suspicions du secteur non-marchand quant à une possible allégeance de Maggie de Block au lobbysme.

Ex Aequo se mobilise

Ce mercredi, Ex Aequo lançait un appel à la mobilisation devant le siège de l’Inami. Le rassemblement de protestation a ressemblé plusieurs associations LGBT et divers acteurs du secteur de prévention Sida. L’affaire reste à suivre, alors qu’Ex Aequo n’a pas encore reçu de notification officielle de l’Inami quant à l’abandon du financement de son projet.



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