Un site de l'Agence pour le Non-Marchand
Informations, conseils et services pour le secteur associatif

Aidants proches : indispensables aux soins, mais encore trop peu soutenus

25/09/26
Aidants proches : indispensables aux soins, mais encore trop peu soutenus

Ils et elles accompagnent un parent âgé, un enfant en situation de handicap, un conjoint malade ou un proche confronté à des problèmes de santé mentale. Les aidants proches constituent un pilier essentiel de notre système de soins. Pourtant, leur contribution reste encore trop souvent invisible et insuffisamment soutenue. À quelques jours de la Semaine des Aidants Proches (du 28 septembre au 4 octobre), le Fonds Dr. Daniël De Coninck, géré par la Fondation Roi Baudouin, appelle à passer d’une reconnaissance essentiellement symbolique à un soutien effectif, accessible et durable pour l’ensemble des aidants proches en Belgique. Cette ambition fait écho au Plan d’Action Aidants Proches du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke.

Fin 2025, la Fondation Roi Baudouin organisait une journée d’étude réunissant une soixantaine d’aidants proches, de professionnels, de chercheurs et de responsables politiques, issus de Wallonie, de Bruxelles et de Flandre. De leurs échanges ont émergé des constats et des priorités d’action autour de l’aidance.

Lire aussi : Témoignage d’une jeune aidant proche : "Mes moments de bulle, c’est lorsque je ne suis plus responsable de ma maman"

Quatre constats partagés

Si la reconnaissance des aidants proches a progressé ces dernières années, un décalage persiste entre les dispositifs existants et la réalité vécue sur le terrain. Quatre difficultés majeures se dégagent, suite à la journée d’étude de la Fondation Roi Baudouin :

  • Des droits encore trop peu effectifs. Le statut et les droits des aidants proches restent mal connus. Les démarches peuvent être complexes et les dispositifs de soutien ou avantages disponibles ne sont pas toujours suffisamment visibles ou accessibles.
  • Un soutien trop morcelé. Entre les différents services, secteurs et niveaux de compétences, les aidants proches doivent encore trop souvent trouver seuls leur chemin dans le système et répéter leur situation à de multiples interlocuteurs.
  • Des aidants qui passent sous le radar. Jeunes, aidants qui travaillent, personnes actives en santé mentale ou proches qui apportent une aide importante avant même qu’un diagnostic ne soit posé : certains profils restent difficiles à identifier et beaucoup ne se considèrent d’ailleurs pas eux-mêmes comme « aidants proches », ce qui peut encore compliquer leur accès au soutien.
  • La santé et la qualité de vie des aidants insuffisamment protégées. Répit, soutien émotionnel, flexibilité au travail ou dans les études, protection sociale : autant de leviers essentiels pour éviter l’épuisement. Celles et ceux qui prennent soin d’un proche doivent aussi être protégés.

Cinq priorités pour passer aux actes

"Pour que le soutien aux aidants proches ne dépende plus du lieu où l’on vit, du professionnel que l’on rencontre, de son employeur ou de sa propre capacité à trouver son chemin dans un système complexe, cinq priorités d’action ont été identifiées", pointe la Fondation.

  1. Rendre la reconnaissance effective, en simplifiant les démarches administratives, en centralisant l’information et en rendant les droits et avantages réellement accessibles.
  2. Mieux coordonner les parcours, notamment grâce à un point de contact neutre capable d’accompagner les aidants proches et de faciliter la continuité entre les différents acteurs.
  3. Identifier plus tôt tous les profils d’aidants et les aider à se reconnaître, en communiquant à un niveau national pour permettre aux aidants de s’identifier dans ce rôle et en développant un véritable « réflexe aidant » chez les professionnels de la santé, du social, de l’enseignement et du monde du travail.
  4. Préserver la santé et la qualité de vie des aidants, grâce à une offre de répit plus flexible, du soutien émotionnel et des conditions de travail ou d’études compatibles avec l’aidance.
  5. Garantir une plus grande équité d’accès, afin que chaque aidant puisse bénéficier d’un soutien approprié, indépendamment de son contexte personnel ou de son lieu de résidence.

Prendre soin de celles et ceux qui prennent soin

"Le soutien aux aidants proches doit être envisagé comme une responsabilité collective", poursuit-elle. "Car soutenir celles et ceux qui prennent soin d’un proche, c’est aussi contribuer à la soutenabilité du système de soins, prévenir l’épuisement et permettre aux aidants de continuer à participer à la vie sociale et professionnelle. La reconnaissance existe déjà en partie ; l’enjeu est désormais de la traduire en droits effectifs, en accompagnement concret et en réponses adaptées aux réalités de vie des aidants proches."

Géré par la Fondation Roi Baudouin, le Fonds Dr. Daniël De Coninck souhaite continuer à contribuer à cette dynamique. Un plan d’action concret est actuellement en réflexion, avec une mise en œuvre qui pourrait débuter en 2027.

Plus d’infos ICI



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour