Cellule Maya : une intervention face au double diagnostic ?

Cellule Maya : une intervention face au double diagnostic ?

Une cellule mobile de soins tente de répondre à la difficulté pour les soignants de prendre en charge les patients qui présentent à la fois une déficience intellectuelle et une maladie mentale.

Les services intervenant à domicile restent rares dans le paysage de la santé mentale. Dans le milieu du handicap, les professionnels sont souvent démunis devant des demandes de placement croissantes. Face à un double diagnostic, les perspectives sont encore plus limitées. La cellule d’intervention Maya constituerait une piste possible sur le territoire bruxellois.

Le double diagnostic dans la pratique

Lorsqu’un professionnel est confronté à une personne atteinte d’une déficience mentale, qui souffre d’un trouble psychiatrique et/ou de troubles du comportement, la question du type de placement se pose. Les institutions psychiatriques ne connaissent pas la problématique du handicap mental et ne savent pas comment le gérer. Dans les services de jour, résidentiel et de logement supervisé dédiés aux patients déficients intellectuels, les soignants sont démunis face à des troubles psychiatriques qui dépassent leur cadre de travail. Le Conseil Supérieur de la Santé avait émis un avis concernant la question du double diagnostic en 2015 : les capacités d’acceuil et les moyens mis à dispositions des institutions sont insuffisants. Face à cette problématique, l’issue choisie par les professionnels est souvent d’ordre judiciaire ou hospitalière.

L’hospitalisation chronique : un cercle vicieux à éviter

En cas de crise de ces patients, les acteurs du réseau du handicap font donc rapidement appel aux hopitaux. Lorsqu’une place se libère, le patient est souvent ré-orienté vers une institution non adaptée. Et le cycle recommence. L’hospitalisation d’urgence et le rejet d’un environnement de vie à un autre ne font que fragiliser le patient et rendre le travail des intervenants toujours plus délicat. La solution viendrait d’un renforcement des cellules mobiles d’intervention, surtout dans la région bruxelloise qui est la plus précarisée en termes de structures adaptées.

Naissance de l’ASBL Maya

L’hôpital psychiatrique Jean Titeca à Bruxelles a bien compris l’importance de proposer une alternative à cette comorbidité. En effet, la probabilité d’une maladie mentale est plus élevée dans la population de personnes déficientes intellectuelles. Le Dr Peeters, psychiatre, et Mme Fieremans, psychologue, ont donc mis en œuvre un projet visant à proposer une autre alternative à l’hospitalisation. Financée par le SPF Santé publique et la COCOF, Maya est née en septembre 2013, dans ce contexte où la création de cellules mobiles d’intervention était encouragée. Petit à petit, le nombre de patients pouvant être aidés augmente et la promotion des services proposés par la cellule est en cours depuis fin 2015.

Différents objectifs

La cellule Maya se compose d’une équipe pluridisciplinaire qui intervient pour tout adulte souffrant d’un handicap mental, d’un trouble psychiatrique et/ou du comportement. Ce service propose une prise en charge à domicile en respectant son environnement afin d’éviter les hospitalisations d’urgence. Si le patient est entré dans un réseau de soins, la cellule Maya peut également soutenir les professionnels dans leur accompagnement. Faire le lien entre les aidants, les intervenants et le patient est évidemment la préoccupation première de la cellule.

Plus d’infos : http://phare.irisnet.be/2014/02/11/maya-un-nouveau-service-mobile-d-intervention/

A propos de l’avis du Conseil Supérieur de la Santé : http://www.health.belgium.be/sites/default/files/uploads/fields/fpshealth_theme_file/css_9203_dd_def.pdf



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