Les agents de liaison intersectoriels pour le Brabant Wallon enfin sur le terrain

Les agents de liaison intersectoriels pour le Brabant Wallon enfin sur le terrain

La nouvelle politique de soins de santé mentale n’est plus à l’état de projet, les professionnels du terrain peuvent enfin compter sur les équipes des différents programmes d’implémentation de la nouvelle politique et rencontrer des experts fraîchement installés dans leurs fonctions.

Ca y est, c’est lancé. Nous connaissions déjà la composition des équipes mobiles de crise. Se rajoutent à ce dispositif les agents de liaison intersectoriels. Le « Guide vers une nouvelle politique de soins de santé mentale pour enfants et adolescents » a été approuvé par les ministres de la Santé en mars 2015. Mais en ce début d’année 2017, qu’en est-il de l’impact concret de ces nouvelles mesures sur les soins apportés par les services de santé mentale ?

Agents de liaison intersectoriels

Plusieurs personnes ont été engagées afin de soutenir le travail de coordination dans le réseau. Ces agents ont pour mission de tisser du lien entre les institutions existantes et de décloisonner les pratiques. Ils tentent de mettre autour d’une même table des acteurs qui se connaissent peu, qu’il s’agisse de la santé mentale, de l’aide à la jeunesse, de la protection de la jeunesse ou du handicap. Les premières missions visent à établir une carte des ressources et des besoins du secteur ainsi qu’à déterminer quelles sont les actions existantes et déjà opérationnelles en matière de travail en réseau.

Attentes du réseau ?

Ce projet vise donc une collaboration plus active entre les partenaires du réseau de soins de santé mentale sur le territoire. Et pourtant, n’est-ce pas un débat qui resurgit sur un fond de déjà vu ? Alors que toutes les équipes sont débordées, en manque de personnel, submergées par des démarches administratives et des restrictions budgétaires, l’ambiance est quelque peu électrique. Face à une énième tentative de mettre autour d’une table des partenaires qui, certes, partagent le même objectif de mieux-être du jeune, les préoccupations spécifiques sont bien éloignées d’une soi-disant urgence à mettre en place un travail en réseau. D’autant que cela fait longtemps qu’on s’y attelle. Aujourd’hui, on devrait y arriver grâce aux agents de liaison intersectoriels alors qu’avant, cela se faisait déjà sans eux !

Collaborations intersectorielles

Il est clair que, du point de vue du secteur de la santé mentale, une réflexion approfondie sur les pratiques et les ressources d’un territoire donné en matière de soins aux enfants et aux adolescents pourrait aider à dépoussiérer de vieilles habitudes. Parce que l’entente entre les services des différents secteurs concernés par la nouvelle politique n’est pas toujours au beau fixe. Les modèles d’intervention et les champs d’action ne sont, soit, pas si facilement compatibles, soit, ils sont tout à fait méconnus de certains professionnels. Il est question de mandats, d’écoute des demandes à des niveaux différents… L’enjeu, ici, réside dans l’accordage et la juste distance à trouver dans le travail de réseau qui sert en premier lieu le patient. Ce n’est pas toujours simple de s’entendre tout en respectant les cadres d’interventions propres à chaque service mais c’est néanmoins possible d’établir des contacts privilégiés et porteurs avec l’un ou l’autre professionnel de chaque secteur.

Des agents sortis de nulle part ?

Un bon point tout même dans la mise en place de la nouvelle politique de soins, c’est que ces agents de liaison sont issus des secteurs concernés. Ils connaissent les réalités du terrain et les pratiquent depuis longtemps. Donc, ils ne sont pas dupes. Entre les exigences des pouvoirs politiques et la pratique clinique, il y a un fossé qui semble trop souvent infranchissable. Serait-ce le pari tenu par ces nouveaux agents de liaison de faire en sorte que les voix soient entendues de part et d’autre ? C’est probablement un vœu qui est avant tout porté par les professionnels en place dans le réseau.

Du temps et de l’argent

Et à quel prix ? Parce que le temps passé à faire l’inventaire du territoire n’est pas mis à la disposition des patients qui attendent de l’aide et des soins. Qu’il s’agisse du temps des agents de liaison ou de celui des professionnels à qui l’on demande de participer à ce recensement ! Les agents de liaison sont issus du secteur et leurs heures pour lesquelles ils sont détachés ne sont en rien remplacées. Ce que veulent les acteurs du terrain, c’est une reconnaissance de leurs approches dans un paysage institutionnel qui nécessite un travail de réseau considérable et qui prend énormément de temps. Et cela ne peut passer que par une augmentation des subsides directement injectés dans les équipes en place. Bref, en ce moment, la nouvelle politique pour les enfants et les ados ne révolutionne pas (encore) les pratiques. Affaire à suivre…

Marie-Eve Hêne, psychologue

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