Travailleur social sous pression : le stress que l’on s’inflige

Travailleur social sous pression : le stress que l'on s'inflige

C’est le mal du siècle, voire même du millénaire : le stress, tueur silencieux qui affecte bien des travailleurs d’univers variés. Dans un premier article, nous avons tenté de comprendre les mécanismes à l’oeuvre lors d’une réaction de stress. Dans un second, nous avons dégagé une série de stratégies à mettre en oeuvre pour gérer ces situations. Cet article-ci va traiter d’une forme particulière de stress : celle que l’on s’inflige. Elle est particulièrement sournoise et difficile à mettre au jour, pourtant elle fait des ravages, surtout chez les travailleurs sociaux, dont l’environnement professionnel renforce ce type de stress.

[DOSSIER]

- Travailleur social sous pression : Comprendre le stress pour mieux le gérer
- Travailleur social sous pression : gérer son stress

Nous l’avons vu précédemment, le stress est un mécanisme naturel d’adaptation à une situation exigeante. Le déclencheur, ou stresseur, peut être interne ou externe et plus ou moins intense. Certains stresseurs sont dommageables pour l’organisme, particulièrement les stresseurs internes. Ces stresseurs sont difficiles à identifier et à gérer … Pourtant, c’est essentiel, car y être soumis à long terme déséquilibre notre organisme et peut favoriser le développement de troubles et maladies, comme par exemple le burn out.

Que sont les stresseurs internes ?

Les stresseurs internes sont ces « petites voix intérieures », souvent héritées de notre éducation, qui nous conditionnent dans des comportements et des attentes irréalisables et disproportionnés, sources d’un important stress rarement identifié. Ce stress est la tension entre ces attentes, l’idéal qu’elles représentent et la réalité et besoins non rencontrés en tentant de satisfaire ces attentes.

Il existe cinq grandes familles de stresseurs internes :

- Le perfectionnisme : on ne se donne pas le droit à l’erreur, immense exigence envers soi-même. Chez le travailleur social, cela donne une personne qui veut « sauver » ses bénéficiaires et / ou réaliser à la perfection toutes les tâches qui lui sont confiées, même les plus insignifiantes.
- La rapidité : Il faut faire vite, rentabiliser le temps, faire un maximum de choses en un minimum de temps. Chez le travailleur social, cela donne une personne qui court après le temps, qui en fait trop, qui fait parfois tout en même temps.
- La force : Croyance que dans la vie, il faut se débrouiller seul, que les émotions sont une faiblesse, que rien n’est grave. Les personnes qui sont sous l’influence de ce stresseur donnent souvent l’impression de parvenir à tout gérer de main de maître, tout en restant souriantes. Elles font rarement appel à leurs collègues en cas de soucis.
- Le sacrifice : Croyance qu’il faut systématiquement, ou presque, faire plaisir aux autres, se sacrifier à leur profit. Les personnes sous l’influence de ce stresseur ont de grandes difficultés à dire non, à mettre leurs limites.
- L’effort : Croyance que réussir sans effort n’est pas normal, que plaisir et travail ne peuvent pas se mêler. Ces personnes portent la valeur travail aux nues et sont fières d’en abattre beaucoup. Elles attendent généralement une reconnaissance proportionnelle au travail abattu.

Connaissance de soi et bienveillance

Chacun d’entre nous va se retrouver dans au moins une de ces descriptions … Et c’est parfaitement normal ! Nous avons souvent au moins une de ces tendances héritées de notre éducation. Ces tendances ne deviennent des stresseurs que si elles prennent une place démesurée. À nous de bien / mieux nous connaître, afin de déterminer quels sont nos stresseurs internes. Une fois cela fait, rien ne sert de les attaquer de front ou de les nier. Se connaître est la première partie du processus d’acceptation nécessaire : nous ne sommes pas une TV cassée à réparer. Avec la connaissance et l’acceptation progressive, nous devenons plus à même d’identifier et de déjouer les situations où nos stresseurs internes nous jouent des tours. Au final, il s’agit de devenir son meilleur ami … ou d’être aussi bienveillants envers nous que nous le sommes avec nos bénéficiaires.

Un environnement professionnel défavorable

Là où le bât blesse, c’est que, en tant que travailleur social, notre environnement de travail, qui a ses spécificités, vient souvent renforcer nos petites voix intérieures. Qui n’a jamais été confronté à une hiérarchie demandant de faire plus en moins de temps ; ou encore à des collègues perplexes, voire hautains, lorsque l’on fait état de ses émotions face à une situation difficile … Sans parler de ces moments où « on » nous fait bien comprendre qu’être travailleur social est une vocation qui se suffit à elle-même, et que toute réclamation concernant salaire ou conditions de travail est profondément malvenue. N’évoquons pas non plus les reproches qui nous sont faits de ne pas avoir su « déceler » telle ou telle problématique chez telle ou telle personne … Autant de dérives et de contextes qui renforcent nos stresseurs internes.

Que faire ?

Alors que fait-on ? Apprendre à se connaître, repérer ses stresseurs internes est une étape. Accepter d’être ce qu’on est en est une autre. Tout ceci prend du temps et nécessite souvent de l’aide. Avec le temps et l’acceptation vient aussi la prise de recul et la découverte de ressources insoupçonnées. Par rapport à son environnement de travail, il importe aussi de se faire confiance : apprendre à reconnaître ses émotions, se donner la permission d’en avoir et les exprimer. Elles sont indispensables à nos vies et nous transmettent des messages importants par rapport à la situation vécue. C’est en réalité l’acceptation de ces deux facteurs qui est essentielle : reconnaître nos stresseurs internes et accepter nos émotions. De la sorte, nous pouvons décoder les situations, structures relationnelles et fonctionnements de notre environnement professionnel qui renforcent ces stresseurs internes. L’étape suivante consiste à s’en libérer …

MF - travailleuse sociale



Commentaires - 2 messages
  • J'ai pleuré une fois en réunion d'équipe, une seule... Ca a suffit à ma responsable, qui n'y était même pas présente, pour faire savoir qu'elle n'avait pas de temps à perdre avec des pleurnicheurs. Je vivais du harcèlement moral depuis des mois...

    Trq jeudi 7 février 2019 21:05
  • Bonjour,je propose de séances en coaching et/ou parenting GRATUITES tout le mois de février.Les consultations se font par skype,face-to-face,téléphone ou e-mail.C'est une opportunité que je me fais un plaisir de vous offrir pour bien démarer l'année 2019 ??️Si vous êtes intéressé,vous pouvez me contacter sur mon adresse e-mail:elenanenerica@yahoo.fr ou sur facebook.Je vous attends nombreux!??? Elena Nenerica,coach life,coach en image,auteure❤️




    Light vendredi 8 février 2019 10:02

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