Trisomie 21, vers quel enseignement s’orienter ?

Trisomie 21, vers quel enseignement s'orienter ?

Différentes formes d’enseignement s’offrent aux enfants porteurs de la Trisomie 21. Choisir l’enseignement spécialisé ou tenter l’intégration en enseignement ordinaire offrent des perspectives bien distinctes.

Ce 30 mars dernier, lors de l’hémicycle au parlement francophone bruxellois, différents intervenants ont exposé leur opinion sur les enfants porteurs de trisomie 21 (T21) et "le champ des possibles". L’émouvant témoignage de Muriel Baumal, maman d’un enfant porteur de T21, a d’ailleurs bouleversé la toile. Lors de cette journée, Sara Kabbedijk, psychologue pour enfants au CHU Saint-Pierre, accompagnée d’intervenants de l’Etoile Polaire, a soutenu l’idée d’une intégration de ces enfants dans l’enseignement ordinaire.

La Trisomie 21, quelles sont les options scolaires possibles ?

Le parcours scolaire d’un enfant porteur de la T21 peut emprunter différents chemins. Aux deux extrémités du continuum, se trouve d’une part l’orientation en enseignement spécialisé et d’autre part l’intégration en enseignement ordinaire. A ces deux choix viennent s’ajouter les classes inclusives.

L’enseignement spécialisé

L’enseignement spécialisé, existe depuis plus de 40 ans et offre un enseignement individualisé et des prises en charge paramédicales durant les temps scolaires. Les enfants porteurs d’une T21 fréquentent souvent un enseignement spécialisé de type 2. « Il est important de savoir qu’une orientation en enseignement de type 1 ou type 8 peut également être envisagée en fonction des besoins spécifiques de l’enfant », précise S. Kabbedijk.

Les classes inclusives

Les classes inclusives, quant à elles, sont des petites classes destinées aux enfants porteurs de handicap. Elles sont situées au sein d’une école ordinaire. Les enfants partagent les temps de récréation ou d’autres moments définis (ateliers…) avec les autres enfants. S. Kabbedijk, observe que « ce type d’enseignement est encore trop peu répandu à Bruxelles ».

L’intégration

L’intégration consiste à permettre à un enfant porteur d’un handicap d’être intégré dans une classe ordinaire. Dans sa pratique, S. Kabbedijk, remarque « l’émergence de ce type de projet mais essentiellement au sein des classes maternelles. L’entrée en primaire signe malheureusement souvent une orientation vers l’enseignement spécialisé ».

La Belgique et l’intégration

En 2009, la Belgique a ratifié la convention des Nations Unies relative aux droits de la personne handicapée stipulant la nécessité d’aller vers un enseignement inclusif. Malheureusement, le rapport qui fait suite à cette convention souligne que la Belgique est « mauvaise élève ». « Les mentalités évoluent et de plus en plus d’intervenants et de parents se mobilisent mais obtiennent peu de réponse de la part des politiques. Il faut savoir que maintenir son enfant en enseignement ordinaire est un combat pour les familles. Elles doivent mettre en œuvre des ressources personnelles et financières gigantesques pour palier au manquement du système alors que ça ne devrait pas être le cas » dit S. Kabbedijk.

Les bénéfices de l’intégration

De l’expérience d’autres pays européens (Italie, Finlande…) qui pratiquent depuis toujours l’intégration et de sa propre expérience à Bruxelles avec des enfants qui ont été maintenus en enseignement ordinaire, S. Kabbedijk constate combien cette intégration est une expérience porteuse pour tous. « Pour l’enfant porteur du handicap, il apprend par mimétisme, il est tiré vers le haut par ses camarades. Pour les autres élèves, ils s’ouvrent à la différence et développent des compétences en termes de responsabilisation. Quant à l’enseignant, il déploie des capacités de créativité pédagogique incroyables qui sont bénéfiques à l’ensemble de ses élèves ».

Encore faut-il que la société s’en donne les moyens.

Les intervenants de terrain déplorent le manque de moyens disponibles pour favoriser une intégration réussie. Selon le décret de l’intégration, un enfant porteur d’un handicap devrait bénéficier de la présence d’un professeur supplémentaire 4 périodes par semaine. S. Kabbedijk note que « de ces 4 périodes sont déduits les temps de trajets de l’enseignant, ce qui réduit parfois sa présence à bien peu de temps ». Dans un autre registre, nous pouvons épingler le remboursement de la logopédie, pourtant essentielle à ces enfants. « Malheureusement, l’INAMI n’accorde le remboursement que si le quotient intellectuel est superieur à 86, une injustice supplémentaire ».

V.B, psychologue clinicienne

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