Mémoires/TFE

Tel un papillon de nuit...


Lorsque j'ai commencé ma formation d'éducatrice spécialisé, je n'avais aucune expérience dans le domaine excepté mon propre placement en institution.
C'est d'ailleurs sans doute ce vécu qui m'a motivée dans le choix de cette magnifique profession.
Pour trouver le secteur qui me convienne le mieux, j'ai choisi d'effectuer mes stages dans des institutions accueillant des publics très diversifiés.
Ainsi,durant ces trois années de formation, j'ai eu la chance d'accompagner de jeunes enfants, des adolescents et des personnes handicapées.
Mais très vite, j'ai constaté qu'une chose était toujours au centre des démarches éducatives mises en place (et ceci quel que soit le secteur concerné)au point de faire partie de chacun des projets pédagogiques: L'AUTONOMIE DU BENEFICIAIRE
Pourtant, dans le secteur de l'aide à la jeunesse, j'ai remarqué que cette notion se limite la plupart du temps à la mise en autonomie de l'adolescent.
Alors que pour ceux qui accompagnent des personnes handicapées, elle porte essentiellement sur la capacité de la personne à faire des choses seule telles que se laver, manger, ... tout comme c'est le cas pour les jeunes enfants.
Certes ces deux aspects de l'autonomie sont importants mais en ce qui me concerne, je suis persuadée qu'être autonome implique davantage.
En effet, pour moi être autonome veut également dire être libre de faire des choix.
Or, très souvent j'ai le sentiment que pour beaucoup être autonome signifie simplement:"savoir se prendre en charge sans constamment dépendre de l'autre".
De plus, j'ai fréquemment constaté que la peur pour eux ou pour l'autre et/ou le manque de temps et de moyens poussaient certains éducateurs à agir voire même penser à la place des bénéficiaires.
Durant mon stage de première année, j'ai eu l'occasion d'accompagner un groupe d'adolescents au cinéma et face au choix que nous offrait l'affiche, certains ont manifesté l'envie de voir un autre film que le reste du groupe.
Personnellement, je n'y voyais pas d'objection mais alors que je m'apprêtais à leur donner mon accord, l'éducateur qui nous accompagnait est intervenu en disant qu'ils n'avaient pas à discuter et que tous iraient voir la même chose.
Je lui ai aussitôt fait part de mon opinion en lui expliquant que je ne comprenais pas comment des jeunes de 16 ou 17 ans allaient bien pouvoir devenir autonomes si nous ne les laissions même pas aller au cinéma seuls?
Celui-ci m'a répondu qu'il craignait que quelque chose n'arrive alors que les jeunes se trouvaient sous sa responsabilité et qu'il préférait donc limiter les risques.
Cette situation n'est qu'un exemple parmi tant d'autres qui m'ont amenés à me faire la réflexion suivante:
"Les institutions n'auraient-elles pas une part de responsabilité dans les difficultés d'autonomie ressenties par les personnes qu'elles accueillent?"
pour tenter de trouver des réponses à ma question, voici le fil de ma recherche:
1°Tout d'abord,après m'être intéressé à l'évolution de la place de la personne dans la société, je me suis demandée si face aux multiples exigences de la société, l'individu avait encore réellement la possibilité d'être autonome
2°Ensuite, j'ai voulu savoir comment accompagner au mieux les personnes sur le chemin de l'autonomie et j'ai donc essayé de comprendre ce processus d'individuation.
3° Après, il m'a semblé intéressant de voir si le milieu social et/ou culturel dans lequel nous vivons joue un rôle dans la façon dont nous abordons notre autonomie.
4°Enfin, au travers d'une situation de stage, j'ai essayé de comprendre pourquoi les personnes avaient autant de mal à s'investir activement dans la réalisation de leurs propres projets.
Dans ce but, il m'a semblé inévitable d'évoquer le principe de résilience car, je suis convaincue que pour parvenir à se projeter dans l'avenir, les personnes vulnérables doivent avant tout être aidées pour réussir à panser les blessures du passé.
5°Et finalement, je me suis penchée sur le fonctionnement institutionnel au point de me demander si face aux contraintes institutionnelles, les personnes pouvaient encore bénéficier d'une part de liberté au sein de l'établissement qui les accueille?


Auteur

VANDERASIEREN Adeline

Email :
Etudes : éducatrice spécialisée
Etablissement : I.C.P.S. de Mirwart
2006, 58p.

Thème : Education, culture
(enregistrement le 10/05/06)

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