Enfin une enveloppe pour le non-marchand !

Enfin une enveloppe pour le non-marchand !

Le non-marchand peut souffler un peu : le gouvernement wallon vient de débloquer une enveloppe dans le cadre de son conclave budgétaire. 10 millions d’euros seront alloués au secteur, à partir de 2018 et l’aide deviendra ensuite récurrente.

C’est une victoire pour le non-marchand : après plusieurs mois de manifestations, tous les gouvernements ont désormais entamé les négociations et débloqué un budget pour le secteur. Si la Communauté française et le Fédéral ont été les plus rapides à répondre à la demande de dialogue de la part des représentants du non-marchand, le gouvernement wallon, en revanche, faisait toujours blocage. Après une énième manifestation organisée par les travailleurs, le 28 avril dernier à Namur, il a enfin cédé : 10 millions d’euros seront débloqués en 2018 et l’aide sera ensuite récurrente.

Une première enveloppe pour 2018

Comme le précise le ministre du budget, Christophe Lacroix, la somme qui a pu être débloquée pour 2018 sera récurrente par la suite et constitue une première enveloppe. Ainsi, comme le détaille M. Lacroix, « Le Conseil des Ministres a par ailleurs décidé de dégager 10 millions € en 2018, 20 millions € en 2019 et 30 millions € en 2020 – qui deviendront récurrents les années suivantes – en faveur des travailleurs du secteur non-marchand (privé et public : hôpitaux, maisons de repos, institutions d’hébergement de personnes handicapées, aides et soins à domicile, entreprises de travail adapté…). Le Gouvernement sollicitera dans les prochaines semaines les interlocuteurs du secteur non-marchand pour qu’ils lui proposent les affectations de ces enveloppes. »

Que dit le terrain ?

Du côté des professionnels de terrain, c’est le soulagement… a priori. Il faut maintenant pouvoir s’arranger sur la répartition des montants. Pour Eric Dubois, responsable à la CGLSB, « En ce qui me concerne, je n’ai pas encore de précisions à ce sujet. Nous avons sollicité les cabinets des Ministres concernés afin de convoquer au plus vite une réunion de clarification (ventilation public/privé notamment) et de débuter les négociations dans les meilleurs délais ». L’Unipso et les autres représentants syndicaux – Monsieur Hellendorf à la CNE et Monsieur Masai à la FGTB – ont été contactés, mais n’ont pas encore répondu.

Un budget 2017 « facile » …

Si le gouvernement wallon a pu, sans difficultés apparentes, comme l’explique le ministre, boucler le budget de 2017, il n’est pas certain que l’exercice 2018 se passe de la même manière. Cette année, « Les ajustements techniques opérés par le Gouvernement wallon visent à respecter l’objectif initial et l’engagement pris par la Wallonie dans le cadre du Pacte de Stabilité (-300 millions €). Ce déficit s’explique principalement par l’évolution des paramètres macro-économiques (saut d’index, inflation). L’adaptation des dépenses, compte tenu de l’évolution des paramètres macro-économiques, engendre effectivement une variation de 56 millions €. La Wallonie bénéficie par ailleurs de bons résultats au niveau de ses entreprises d’intérêt public. La gestion active de la dette permet d’autre part une baisse significative des charges financières (30 millions €). Ces résultats permettent de compenser l’impact négatif de l’inflation. »

… mais après ?

Cependant, Marc Becker, secrétaire national à la CSC, craint que le déficit de 300 millions d’euros – qui doit encore être réduit dans les années à venir – ne s’alourdisse. Il explique à La Libre « Depuis la mise en place de la loi spéciale de financement lors de la réforme de l’Etat de 2011, il y avait une garantie d’un minimum d’IPP (NdlR : impôt des personnes physiques) versé à la Wallonie chaque année. Cette garantie va disparaître en 2018 provoquant un déficit supplémentaire de 460 millions d’euros ». Pour lui, les grands investissements promis par la Wallonie – dont le non-marchand – risquent d’être plus difficiles à mettre en pratique avec un déficit qui se creuse toujours plus. Par ailleurs, Christophe Lacroix a promis une réforme fiscale, qui devrait répondre au problème de déficit que connait la région. Réforme fiscale sur laquelle le ministre travaillerait jour et nuit et qui est attendue avec impatience…

La rédaction

[A Lire]

- La manifestation des travailleurs wallons du non-marchand approche
- « Grand succès » pour la manifestation du non-marchand
- 10 à 15.000 travailleurs du non-marchand dans les rues de Bruxelles
- Les infirmières seront présentes en nombre à la manif du non-marchand
- Le printemps du non-marchand démarre !
- Le secteur non-marchand, champion de l’absentéisme
- Nouvelle déception du non marchand à la Région wallonne
- Non-marchand : ça avance à Bruxelles !
- Non-marchand : 2e grande manifestation nationale ce 21 mars
- Le secteur non-marchand martèle : il veut un accord pour 2017
- Non-marchand : les syndicats fustigent le gouvernement wallon
- Le secteur non-marchand en a assez
- Les revendications du secteur non-marchand
- Pas de budget pour le non-marchand
- Le non-marchand n’a jamais été évalué à sa juste valeur



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

Pour votre facilité, ce site utilise les cookies conformément à nos conditions générales.