Fedito Bxl lutte pour les salles de consommation à moindre risques

Fedito Bxl lutte pour les salles de consommation à moindre risques

La Fédération bruxelloise francophone des institutions pour toxicomanes (Fedito Bxl) veut des salles de consommation à moindre risque.


- Les conséquences de la 6ème réforme de l’Etat pour les drogues et assuétudes
- Quelle évolution en matière de réduction des risques liés à l’usage de drogues ?

L’asbl Fedito Bxl (à ne pas confondre avec sa consœur wallonne) regroupe 26 associations bruxelloises actives dans le secteur des drogues et assuétudes. Parmi ses missions sont la coordination des actions du secteur, la sensibilisation du grand public ou encore l’organisation d’événements. La Fédération élabore également des projets au bénéfice de ses membres et peut les soutenir de diverses manières. Le directeur, Sébastien Alexandre, explique quelques problématiques du secteur.

Politique de drogue

Fedito Bxl a élaboré un Plan Drogue 2016-2019, divisé en 10 chapitres comportant chacun 10 actions. Ce plan a été élaboré avec le terrain et présenté aux différents cabinets ministériels compétents (Cocof, Cocom, Région) qui ont tous témoigné d’un certain intérêt. Cependant, la loi belge en matière de drogue dépend encore du fédéral, et n’est pas adaptée aux réalités des consommations, selon Sébastien Alexandre : « Par exemple, pour ce qui est du cannabis, nous pensons qu’il serait plus intelligent d’adopter des systèmes régulant la production, la vente et la consommation, comme il en émerge au Canada, au Colorado ou en Uruguay, plutôt que de continuer dans l’interdit. L’interdit engendre les trafics et la criminalité, et nous empêche d’avoir un quelconque contrôle, et ce sans que cela n’ait jamais eu d’impact flagrant sur les prévalences de consommation. »

Des salles de consommation à moindre risque…

Comme l’expliquait Cécile Jodogne lors du gouvernement thématique santé du 27 avril dernier, elle suit de très près la discussion qui concerne les salles de consommation à moindre risque. Pour S. Alexandre, « Ces salles constituent une véritable aide pour la personne. L’enjeu est de développer davantage encore, un dispositif qui se veut pragmatique et centré sur la santé publique, en nous donnant l’opportunité d’entrer en contact avec les usagers les plus désinsérés, et de leur offrir un lieu sécure pour leur consommation. Ce faisant, et grâce à l’aide d’infirmiers et de professionnels spécialisés, les risques liés à la consommation de drogues seront fortement diminués ». Les cabinets ministériels bruxellois sont très réceptifs à la mise en place de ces salles.

… développant l’offre descomptoirs d’échanges de seringues

Actuellement, à Bruxelles, il existe deux comptoirs d’échange de seringues. « Le problème rencontré par ces comptoirs, c’est qu’ils ne peuvent que fournir le matériel, puis laisser la personne partir s’injecter en dehors parce que pour l’instant, la loi belge interdit la mise à disposition d’un local pour la consommation », explique S. Alexandre. «  Les enjeux sont importants pourtant : les dispositifs de réduction des risques ont prouvé leur pertinence depuis longtemps, notamment pour réduire les transmissions d’Hépatite C ou de VIH. »

Quid de la loi ?

Parmi ses diverses missions, Fedito BXL fait du lobbying pour changer la loi. « Une proposition de loi est à l’étude à la Chambre », dit S. Alexandre. Un des soucis auxquels la Fédération doit faire face est la séparation de pouvoirs. « Malheureusement, même si les différents cabinets ministériels bruxellois nous soutiennent, cela ressort in fine du Fédéral… Mais tous les experts du secteur de la Santé publique s’accordent à le dire : il faut instaurer une salle de consommation à moindre risque, comme c’est déjà le cas en Allemagne, en France, au Luxembourg et aux Pays-Bas », conclut-il.



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