Une nouvelle IPPJ à Bruxelles en 2020

Une nouvelle IPPJ à Bruxelles en 2020

Une nouvelle Institution Publique de Protection de la Jeunesse (IPPJ) verra le jour en 2020, à Bruxelles, à Forest. C’est la première fois qu’une institution de ce type sera construite à la capitale. Particularité : elle sera mixte et regroupera un service d’Accompagnement Post-institutionnel (API), ainsi que le Service d’Accompagnement, de Mobilisation Intensifs et Observation (SAMIO), de Bruxelles.

Le Ministre en charge de l’Aide à la Jeunesse, Rachid Madrane en parlait depuis quelques temps et c’est à présent chose (presque) faite : Bruxelles verra, d’ici 2020, l’implantation sur son territoire d’une Institution Publique de Protection de la Jeunesse (IPPJ), mixte, regroupant également un service d’API et le SAMIO de la capitale, qui emménagera dans les locaux. Ce projet est une première pour la Région, puisque jusqu’à présent, toutes les IPPJ sont situées en Wallonie. Incohérence pour le ministre, puisque près de 50% des jeunes y résidant sont Bruxellois.

Un projet innovant

En collaboration avec les professionnels du secteur, dont le délégué général aux droits de l’enfant, Bernard De Vos, la nouvelle IPPJ se veut innovante, tant par son lieu d’implantation que son projet éducatif et pédagogique. Afin de parfaire la collaboration avec les familles, les écoles et offrir un suivi post-institutionnel dans le milieu de vie du jeune, Rachid Madrane a proposé une structure regroupant en son sein ces trois axes principaux. La nouvelle IPPJ comportera donc :

- 3 sections ouvertes (2 sections de 10 places pour les garçons, 1 section de 10 places pour les filles) et sera, pour la premières fois, mixte sur le même site
- Un service d’accompagnement post- institutionnel (API), comptant 16 places pour les garçons et 4 places pour les filles
- Pour la première fois également, 4 « kots de transition supervisés », où des jeunes pourront s’initier à l’autonomie en vue de prendre celle-ci à leur majorité, après le placement en IPPJ. Ce type de structure s’adresse aux jeunes proches de la majorité, pour lesquels le retour en famille n’est pas envisageable
- Le SAMIO de Bruxelles, qui interviendra auprès du jeune et de sa famille, le placement en IPPJ étant l’ultime mesure dont dispose le Juge de la jeunesse à l’égard des mineurs délinquants

Le bâtiment, qui comprendra également une salle de sport d’une superficie de 250m2, se situera à Forest, dans l’ancien internat de l’Athénée Royal Victor Horta et devrait être opérationnel pour 2020.

Une réforme du système

Le nouveau projet s’inscrit dans le cadre d’une réflexion beaucoup plus large sur la prise en charge des jeunes à travers l’ensemble des mesures à disposition des juges de la jeunesse pour traiter des faits qualifiés infractions (FQI). Au sein des 6 IIPJ présentes sur le territoire (les 5 qui prennent en charge les garçons : Braine-le-Château, Fraipont, Jumet, Saint-Hubert et Wauthier-Braine et 1, à Saint-Servais, pour les filles), 16 projets pédagogiques et éducatifs se côtoient, dans 23 sections différentes, pour 9 durées de placement variées. Il était important pour Rachid Madrane d’harmoniser le dispositif.

Un premier bilan

Comme l’explique Rachid Madrane, «  Ces projets éducatifs sont souvent plus juxtaposés qu’articulés les uns avec les autres. De plus, dans la réalité, alors que les projets éducatifs sont très différenciés, les magistrats orientent surtout les jeunes en fonction des places disponibles ». Dès lors, tout laissant leur autonomie aux centres, le ministre a souhaité harmoniser les projets éducatifs des différentes IPPS et a chargé l’Université de Liège, en 2015, d’effectuer une recherche sur le diagnostic des problématiques et des besoins des jeunes FQI, pour établir un premier bilan. L’Ulg a ensuite proposé des pistes au ministre.

Trois missions

Le travail de l’Université de Liège est toujours en cours, mais le ministre mettra déjà en œuvre certaines mesures. Ainsi, à l’avenir, l’intervention des IPPJ sera recentrée sur 3 missions :

1) Des « services diagnostics », qui remplaceront les sections d’accueil. Ces services d’évaluation, d’observation et d’orientation, où le jeune sera pris en charge pendant 1 mois, permettront d’évaluer sa dangerosité, le risque de récidive qu’il présente, ses ressources sociales et familiales… 3 services de 10 places, plus une d’urgence se trouveront à Saint-Hubert et un service de 8 places pour filles se trouvera à Saint-Servais.

2) Deux types de services d’éducation : en régime ouvert et en régime fermé. La durée de prise en charge est fixée à 3 mois renouvelables. Au terme de la mesure décidée par le juge, le jeune retourne en famille avec un API ou il est placé en initiation à l’autonomie, toujours avec API.

3) Des missions de suivi du jeune dans son milieu de vie.

Saint-Hubert

Dans le cadre du remembrement des IPPJ, dont certaines sont vieillissantes ou présentent une organisation des lieux qui ne permet pas d’y développer les projets éducatifs que le ministre souhaite y mener, Rachid Madrane précise qu’aucun emploi ne sera perdu. De même, sur l’avenir de l’IPPJ de Saint-Hubert, le ministre explique « qu’une possible relocalisation n’est pas d’actualité, nous n’avons pas les éléments qui nous permettrait de l’envisager à moyen terme ». La réflexion sur le remembrement des structures n’en est qu’aux prémices et continue, en concertation avec les syndicats et les travailleurs.

La rédaction

[À lire]

- Vers un jeu de chaises musicales dans les IPPJ de la FWB
- Enfin un texte pour le Décret Code de l’Aide à la jeunesse
- Les séjours de rupture sont-ils une réelle alternative à l’IPPJ ?



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

Pour votre facilité, ce site utilise les cookies conformément à nos conditions générales.