Subsides en aide à la jeunesse : 4 associations restent problématiques

Subsides en aide à la jeunesse : 4 associations restent problématiques

Avec la crise politique qui touche le pays depuis maintenant deux mois, plusieurs secteurs se retrouvent directement impactés. C’est le cas de l’Aide à la jeunesse, dont certaines de ses associations n’ont plus touché de subsides depuis le début de l’été car bloqués par les autorités en charge. Après débat au gouvernement, il demeure que les dossiers de 4 de ces associations, sur 9, présentent plusieurs problèmes.

Le secteur de l’Aide à la jeunesse est décidemment bien malmené pour l’instant. Suite à la crise politique déclenchée par Benoit Lutgen, en mai dernier, plusieurs dossiers sont bloqués. Dont ceux des subsides. Au départ : la volonté de la ministre en charge de la Petite Enfance, Alda Greoli, de faire le point sur les sommes accordées aux différentes associations. En effet, certaines auraient été favorisées par le ministre de l’Aide à la jeunesse, Rachid Madrane. En attendant donc que la lumière soit faite sur la façon dont ont effectivement été accordés ces subsides, certaines associations ont dû fonctionner sur fonds propres pendant l’été.

Bientôt les subsides ?

Mises à mal par le gel des subsides, les associations attendaient la rentrée avec impatience. Cette semaine, l’unique point à l’ordre du jour de la FWB en ce qui concerne l’Aide à la jeunesse était donc les subventions accordées aux associations. Les dossiers qui doivent passer devant le gouvernement concernent divers structures de l’Aide à la jeunesse :

- La Route Buissonnière  : Un Service d’aide et d’intervention éducative (SAIE) au CPAS de Liège Grâce à un subside du secteur de l’Aide à la Jeunesse de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le CPAS de Liège va mettre sur pied une équipe psychosociale de 5 agents chargés de suivre 13 familles de jeunes Liégeois-es de 0 à 18 ans en difficulté. Ces accompagnements seront réalisés directement dans le milieu de vie des jeunes et sur mandat des services d’aides ou de protection et du Tribunal de la Jeunesse.

- Le Biseau : SAAE à Binche . Un article a été consacré à ce service dans la Gazette.

- Le Phare : SAAE à Liège.

- Le Rebond : SAIE émargeant de l’Intercommunale de Santé Publique du Pays de Charleroi (ISPPC).

- L’Eclipse : Service de « Relance » faisant partie d’un PPP, La Maison de l’Institut Michotte, qui propose aussi un SAAE « La Maison ».

- Les Carliers

- Les Moussaillons : Ce SAAE devait se créer grâce aux subsides de l’Aide à la jeunesse à l’ISSPC. Un autre SAAE, « Les écureuils » est déjà opérationnel

- Les petits Spirous : C’est le SAIE supplémentaire qui a pu s’ouvrir au sein de CPAS de Charleroi. Une sorte de corollaire au service « Le Rebond ».

- L’Olivier

-  Le Tamaris : C.A.S. à Etterbeek et Ixelles : la deuxième maison, appelée le « Tamaya » a ouvert en 2015 en étant agréée comme « SAAE ». Ils ont ensuite demandé l’agréément pour devenir un C.A.S. et la procédure dans ce sens est, apparemment, toujours en cours.

5 associations sur 9 dans le vert

Ce mercredi 06 septembre, les dossiers des subsides concernant les associations devaient être débattus au gouvernement. Sur les 9 associations, 5 ont reçu leurs subventions. Il s’agit des associations Le Biseau, Les Carliers, La Route Buissonnière, Les Petits Spirous, L’ Eclipse. Au total, 1.865.355 millions d’euros leur seront accordés, sur 3.771.249 millions proposés en tout pour les 9. Les 4 autres présentent, d’après le gouvernement, un dossier "problématique". Ces dossiers restent donc bloqués pour l’instant, même si les débats se poursuivent. En cause, notamment : 2 dossiers liés au chef de cabinet du ministre qui a fait partie du jury. Cela constitue dès lors un potentiel conflit d’intérêt. Les 2 derniers dossiers, eux, n’ont pas les statuts correspondant à l’activité pour laquelle ils ont été subsidiés.

Un blocage ’justifié’

Le blocage des subsides aux associations résulte des différents appels à projets organisés par le Parti Socialiste. Au niveau des appels à projets, les deux partis (cdH et PS) avaient chacun leur vision de la situation. Du côté cdH, Alda Greoli remettait effectivement en cause l’opacité de la procédure des divers appels à projets lancés et le lien que les lauréats entretenaient avec le PS. Du côté de ce dernier, on remettait en cause le nombre d’associations qui avaient effectivement répondu aux appels à projets, jugé insuffisant pour pouvoir accorder une subvention à d’autres structures. Dès lors, toutes les structures candidates pouvant répondre aux besoins nécessaires dans les zones géographiques prioritaires ont été retenues.

Concernant le Tamaris, le blocage des subsides aurait été décidé par le Cabinet Madrane, en "représailles" de celui exercé par le cdH car l’association, dont le député André du Bus est membre du CA, était étiquetée cdH. Monsieur du Bus a été contacté pour commentaire, ainsi que les différents cabinets, mais nous n’avons pas encore eu de retour de leur part. Le subside a finalement été alloué à l’ASBL, qui disposera cette année de 672.000 euros pour son fonctionnement.

Rappel

En novembre 2016, suite à la situation de certains bébés (dits "parqués" car ils se retrouvaient à l’hôpital, faute de places dans les services adéquats), Alda Greoli (Petite Enfance) et Rachid Madrane (Aide à la jeunesse) décident, ensemble, de refinancer le secteur à hauteur de 11,3 millions d’euros. Sur les dossiers devant faire l’objet d’un débat au gouvernement ce mercredi, 8 concernaient les appels à projets organisés dans le cadre du refinancement de novembre. Les autres relevaient du renouvellement des subsides annuels (dont faisait partie l’ASBL Le Tamaris).

Les différents services

Comme l’expliquait la ministre de la Petite Enfance, Alda Greoli, l’Aide à la jeunesse est un secteur qui regorge d’abréviations et de différents services, chacun avec des missions bien particulières. Les plus courants sont :

- Les SAAE : Service d’Accueil et d’Aide Educative (Services résidentiels à groupes « verticaux », c’est-à-dire qu’ils accueillent la plupart du temps des enfants de 6 à 18 ans. Problématiques plus sociales qui impactent sur le comportement)

- Les SAIE : Service d’Aide et d’Intervention Educative : les équipes, mandatées pour des jeunes de 6 à 18 ans, interviennent dans des familles qui souffrent d’importantes difficultés éducatives – en l’absence de mailtraitance. Ces services ont valeurs de préserver l’enfant dans son milieu de vie.

- Les PPP : Projet Pédagogique Particulier. Comme le nom l’indique, il s’agit de structures au dessein varié (ça peut aller du séjour de rupture à la mise en autonomie, en passant par l’aide à domicile, etc.)

- Les CAS : Centre d’Accueil Spécialisé (Services résidentiels qui hébergent des jeunes en grande difficulté psychique, eu égard à un parcours de vie jalonné de rupture, de placements divers et de relations familiales souvent très dysfonctionnelles. Ces difficultés peuvent se traduire par de la délinquance ou des comportements auto-agressifs.

Tous ces services sont mandatés par les SAJ et SPJ.

La rédaction

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