Immigration et emploi : l'équation impossible ?

Immigration et emploi: l'équation impossible?

Les personnes de nationalité ou d’origine étrangère peinent à s’insérer sur le marché de l’emploi belge. Le manque de qualification, les difficultés de la langue expliquent le phénomène mais il faut aussi prendre en compte la discrimination à l’emploi, révélée par un monitoring socio-économique en 2013. Comment participer à leur intégration sur le marché de l’emploi ? Comment conjuguer « emploi » et « diversité » ?


- L’insertion socio-professionnelle, en première ligne pour l’intégration au marché du travail

- Discrimination à l’emploi : « Difficile de la combattre de manière frontale »

Immigration : la discrimination à l’embauche est une réalité en Belgique

Un premier monitoring socio-économique réalisé par le SPF Emploi et le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme en 2013 a démontré qu’il existait bel et bien une discrimination à l’emploi en Belgique.

Les personnes d’origine étrangère sont soumises à de plus grandes difficultés que les Belges pour trouver un emploi. Elles seraient à peine la moitié sur le marché du travail. C’est la conclusion cinglante d’un premier monitoring socio-économique élaboré en 2013 par le SPF Emploi et le Centre pour l’Egalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR) qui souligne aussi que la Belgique est une très mauvaise élève parmi les états membres de l’UE. Non seulement, les personnalités d’origine étrangère ont moins de chance de trouver un emploi, mais pour celles qui en ont, il s’agit bien souvent d’un emploi précaire (basse rémunération, emplois instables, horaires coupés…).

Les femmes particulièrement vulnérables

Les femmes issues de l’immigration sont sujettes à une triple vulnérabilité sur le marché de l’emploi belge : l’exercice d’une profession située dans le bas de l’échelle sociale et peu valorisée, le fait d’être une femme et l’origine étrangère.

Le rapport vient aussi confirmer certains clichés véhiculés sur les postes occupés par les étrangers. Ainsi, les hommes originaires des douze derniers Etats membres de l’UE des 27 sont bel et bien surreprésentés dans le secteur de la construction. Les Asiatiques sont eux en forte représentation dans l’Horeca. Les femmes d’origine africaine (excepté le Maghreb) sont quant à elles nombreuses à travailler dans les secteurs -en pénurie -de la santé et l’action sociale.

Un outil de mesure

Considérant que « dans un contexte de développement démographique et de mondialisation, la question de l’insertion professionnelle des personnes de nationalité ou d’origine étrangère représente l’un des défis à relever »*, ce monitoring vise à être utilisé comme un outil de mesure. Son objectif sera de mesurer l’impact de la politique du marché du travail sur les personnes d’origine étrangère et favoriser la lutte contre la discrimination et les initiatives en faveur de l’insertion.

* Consulter le monitoring sur le Web

Manon Legrand



Commentaires - 2 messages
  • ce difficile a combattre la discrimination ,parce que ça commence au-niveau de la racine

    kinkani jeudi 20 mars 2014 21:17
  • . Car la période post migratoire mène souvent à des phénomènes sociaux nouveaux tels que la rupture avec le modèle de la famille traditionnelle, la perte du réseau social, la privation affective et d'autres traumatismes en lien avec les rapports de pouvoir inhérents au statut de minorité dans la société réceptrice (non-reconnaissance des diplômes ni des expertises de travail, déqualification des personnes émigrantes, difficultés de s'insérer sur le marché de l'emploi...)

    Ancasik jeudi 24 avril 2014 12:39

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