La politique de Maggie de Block jugée plus restrictive par de nombreuses associations

La politique de Maggie de Block jugée plus restrictive par de nombreuses associations

Accusée par certains de faire la chasse aux migrants, saluée par d’autres pour sa politique « ferme mais humaine », Maggie De Block (Open-Vld) est devenue en quelques mois la figure de proue de la politique d’Asile et d’Immigration en Belgique.


- Témoignage : « Maggie De Block, c’est du chiffre ! »
- Centre fermé : conditions de détention améliorées pour les réfugiés « difficiles »

Le sujet est ô combien sensible. On se souvient tous de la mobilisation citoyenne lors des manifestations des demandeurs d’asile afghans à Bruxelles. La gestion de ce dossier par Maggie De Block avait fait couler beaucoup d’encre. Récemment, elle s’est à nouveau retrouvée sous les feux de l’actualité suite à l’exclusion récurrente de demandeurs d’asile malades, notamment du sida. Un fait qui a été dénoncé par plusieurs médecins.

Une politique plus restrictive

Ordres d’expulsion en hausse, régularisations médicales (9 ter) en baisse, demandes d’asile également en diminution, regroupement familial plus strict, limitations des visas,... Les professionnels du secteur parlent d’un durcissement dans les lignes directrices de la politique d’asile et d’immigration, depuis la prise en fonction de Maggie De Block.

Dans son mémorandum politique, le Ciré (Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Étrangers) signale un resserrement de l’étau dans le secteur. Selon l’asbl, la politique de l’Office des Étrangers, qui règle les droits des migrants, est arbitraire et menée en fonction de paramètres économiques. L’association prône un assouplissement de ces mesures pour la prochaine législature et, estime indispensable de repenser le modèle d’accueil.

Maggie De Block pas directement compétente

Au cabinet de Maggie De Block, on balaye les critiques en justifiant que madame De Block n’est pas directement compétente en matière d’asile. C’est ce qu’indique en tout cas sa porte-parole : « le CGRA (Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides) est une institution indépendante, qui ne reçoit aucune instruction de Maggie De Block et, qui applique la législation et les conventions internationales en matière de réfugiés. »

Les administrations sous tutelle du cabinet de la secrétaire d’État ne seraient donc aucunement influencées dans leurs prises de décision. Elles jugent la situation en toute conscience et au cas par cas, en fonction de la situation dans le pays d’origine et de la fameuse liste des pays sûrs délivrée par le cabinet De Block dans le cadre de la loi sur les étrangers.

Des mesures qui font froid dans le dos

Pour plusieurs associations pour réfugiés, les procédures mises en place par la secrétaire d’État font froid dans le dos. Comme en témoigne ce membre de l’accueil sous le couvert de l’anonymat : « On renvoie des familles dans leur pays d’origine alors que les enfants ont toujours vécu en Belgique et y sont intégrés. À leur entrée en maison de retour, il arrive que l’Office des Étrangers demande à ces familles de signer un document rédigé en néerlandais (alors qu’elles parlent le français et sans bénéficier de la présence d’un traducteur) qui stipule qu’elles acceptent de ne plus jamais remettre les pieds en Belgique. Ou encore on renvoie des réfugiés sidaïques dans leur pays sans certitude qu’ils puissent bénéficier d’un traitement adéquat. C’est malheureusement ça la méthode De Block. » Il ajoutera que l’accompagnement à la maison de retour se fait par des gardes en uniformes dans une camionnette sécurisée, « comme s’il s’agissait de criminels... »

Reste à savoir aujourd’hui qui reprendra le flambeau de l’Asile et l’Immigration au lendemain des élections ? Et si la nouvelle législature changera la donne. Les professionnels du secteur de l’accueil ne sont pas très optimistes.

Delphine Hotua

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