CPAS : Bruxelles ferme son service de soins infirmiers à domicile

CPAS : Bruxelles ferme son service de soins infirmiers à domicile

Le service de soins infirmiers à domicile du CPAS de Bruxelles-ville n’est pas une victime du coronavirus. Sa fermeture a été décidée et annoncée aux syndicats par l’administration il y a 15 jours. Les infirmières à domicile, qui seront réaffectées à d’autres services, dénoncent avec force cette décision.

On pourrait croire que c’est la crise sanitaire actuelle qui a poussé le CPAS de Bruxelles-ville à fermer son service de soins à domicile. Il n’en est rien. La décision a été prise il y a maintenant deux semaines, comme nous l’indique la CGSP expliquant que les agents seraient réassignés à d’autres tâches. Le syndicat regrette de ne pas pouvoir aider les travailleuses, puisqu’il ne s’agit pas de licenciements.

Les membres du service, infirmières et personnel administratif conjointement, ont affiché leurs positions via un communiqué posté sur leur page Facebook dénonçant « la décision du CPAS de Bruxelles-Ville de fermer son service de soins infirmiers à domicile, et ce de manière brutale et sans concertation avec le personnel. » Les travailleuses arguent qu’il s’agit « d’un service unique dans la lutte contre la précarité mais également dans la prévention sanitaire et psycho-médicosocial. » Elles contestent donc avec force cette décision.

« Un service médico-social »

Vinciane, une des infirmières de la structure, éclaircit la position des travailleuses : « Nous ne sommes pas d’accord avec cette décision. Nous voulons que le service reste ouvert. C’est un service médico-social, qui s’occupe des oubliés de la société, livrés à eux-mêmes. Le service ne se porte pas bien depuis 2 ans. Nous avons appelé à l’aide le syndicat, l’administration. Rien n’a été mis en place. Nous dénonçons le manque de coordination dans les soins, nous n’avons plus d’infirmière en chef depuis longtemps. Nous n’avons donc pas pu prendre de nouveaux patients. Cela impacte notre travail, certaines de nos collègues ont fait un burn-out. »

La patientèle est également une des raisons pour lesquelles Vinciane et ses collègues choisissent de montrer leur désaccord. « On n’a pas d’explication à donner aux patients. Nous souhaitons défendre nos patients et le service pour ce qu’il est. Nous défendons des valeurs, le droit d’accès aux soins pour tous, ce qui est défendu par ce service depuis presque 100 ans. Il faut se rendre compte qu’on va dans des endroits insalubres, et je pèse mes mots. On va dans des logements non-sécurisés, où l’eau coule des plafonds, où nos feuilles de soins sont mangées par les rats. Et on a réussi à sortir des patients de ces endroits, de chez les marchands de sommeil. »

« Une action de terrain indispensable »

Surtout, de leur côté, on s’inquiète du message envoyé, en cas de fermeture avérée de ce service historique du CPAS de Bruxelles-ville. « En fermant le service, l’administration met des œillères, balaie le problème au lieu d’essayer de le résoudre. Or, les chiffres montrent l’augmentation du nombre de sans-abris à Bruxelles. C’est pourquoi nous souhaitons mettre en avant les actions de terrain indispensable, qui plus est dans une capitale européenne. L’administration a brisé notre confiance. C’est un mouvement d’équipe, on veut que ce service survive pour ce qu’il est. »

Sur ce point, elles sont rejointes par la CGSP, pour qui le manque de moyens inhérents à cette cellule la privait d’avenir. Une concertation d’urgence a été demandée. Du fait du coronavirus, les réunions sont reportées, et à l’heure actuelle, la situation est figée, et l’avenir de cette structure reste en suspens, au grand désarroi de ses employées, attachées à l’impact social de leurs actions.

C.D



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