Les accueillantes d'enfants revendiquent leur statut de salariées

Les accueillantes d'enfants revendiquent leur statut de salariées

Début février, les accueillantes d’enfants descendaient dans la rue pour revendiquer un statut de travailleur salarié qui va au-delà du « filet social » mis en place provisoirement… en 2003.


- Accueillante d’enfants : le statut de salarié s’égare entre fédéral et communauté

- Les accueillantes d’enfants témoignent

Depuis le 1er avril 2003, toutes les accueillantes d’enfants conventionnées (AEC) ont une protection sociale propre. L’accueillante d’enfants conventionnée est celle qui assure à son domicile l’accueil d’enfants de 0 à 6 ans et qui est conventionnée auprès d’une crèche ou d’une Maison communale d’accueil de l’enfance.

Elle est couverte contre la maladie, l’incapacité de travail, les maladies professionnelles et les accidents du travail, a droit aux allocations familiales et peut s’ouvrir un droit à la pension. En outre, une indemnité lui est payée lorsque des enfants inscrits sont absents pour des raisons indépendantes de sa volonté. Toutefois, l’indemnité ne couvre pas le manque à gagner. La CNE (Centrale Nationale des Employés) rappelle que le statut était conçu, dès le départ, comme transitoire, dans l’attente d’un statut complet. En l’état actuel, les AEC n’ont toujours pas de revenus fixes, de congés payés, d’indemnité de chômage ou de pécule de vacances.

15.000 places en 9 ans

Le boom démographique, à Bruxelles et dans les grandes villes wallonnes surtout, crée un besoin pressant de nouvelles places d’accueil. Le Plan Cigogne III, adopté en juillet 2013 et intégré au contrat de gestion de l’ONE, vise à augmenter l’offre d’accueil des enfants âgés de 0 à 6 ans. Objectif : créer près de 15.000 places et atteindre un taux de couverture* de 40,7% en 2022 pour les enfants de 0 à 2,5 ans sur l’ensemble du territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En moyenne, chaque année, 1.600 places devraient être créées entre 2015 et 2022 et 2.049 cette année encore.

Un Plan qui ne dit rien du statut des accueillantes

« Ce sont au moins 3.555 nouveaux travailleurs qui pourraient trouver un emploi grâce à la création de ces nouvelles places », lit-on sur le site du ministre Jean-Marc Nollet, qui a l’enfance dans ses compétences. Mais le Plan cigogne ne dit rien du statut des accueillantes conventionnées, ni de la façon dont les nouveaux emplois seront financés !

En Fédération Wallonie-Bruxelles, elles sont près de 2.800 AEC et représentent 1/3 des places d’accueil subventionnées. En février dernier, une centaine d’entre elles descendaient dans les rues de Bruxelles pour revendiquer un statut de salariées, c’est-à-dire un revenu fixe, que les enfants soient présents ou non. Notons que pour disposer d’un tel revenu, les accueillantes autonomes, qui ont un statut de travailleuses indépendantes et étaient 781 en FWB fin 2012, demandent une participation forfaitaire mensuelle aux parents, que l’enfant soit présent ou absent.

Caroline Dunski

* Le taux de couverture est le rapport entre le nombre total de places d’accueil et une estimation du nombre d’enfants en âge de fréquenter les milieux d’accueil (nombre d’enfants).

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Commentaires - 3 messages
  • je pense que l'on aura jamais de statut.

    natheclair mardi 10 février 2015 19:36
  • je pense que l'on aura jamais de statut.

    natheclair mardi 10 février 2015 19:36
  • Le metier d'acceuillante est un metier tres sous-estimé. On nous voit comme des "babysitters" qui ne font que s'assoir dans notre canapé et surveiller que les enfants ne fassent pas de betises. Même en creche, etc... c'est pareil au niveau salaire et horraires

    eleanai mardi 21 avril 2015 11:30

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