Le bonheur à tout prix : mais qu’est-ce qu’on trouve chez le psy ?!

Le bonheur à tout prix : mais qu'est-ce qu'on trouve chez le psy ?!

Bonheur, joie, meilleure qualité de vie, apaisement, accomplissement magique, quel est le but exactement d’un chemin thérapeutique ?

Que vient-on chercher chez un psy ? La démarche est toujours singulière. Elle comporte de temps à autre des attentes magiques, des exigences de bonheur total et immédiat. Elle s’initie parfois dans un événement douloureux, et vise à traverser une difficulté de vie, comme un deuil ou un burn out. Mais souvent ce passage, cette demande première n’est qu’un appel, une occasion de reprendre le « mal engrangé », ce qui se répète sans se dire et qui a besoin d’être mis au travail et transformé.

La demande

La demande est toujours ambivalente. Elle a besoin d’être travaillée, explorée, interrogée, mise en lien avec une histoire et un imaginaire. Cette demande latente est bien ce qui nous intéresse. Elle prend du temps à se dessiner, au-delà de l’appel, explicite, formulé dans les premiers instants de la rencontre.

La répétition

La clé réside donc dans la reprise, inlassable, de toutes ces scènes de vie qui nous remplissent. A chaque exploration, à chaque mise en mots de ces événements, de ces perceptions, de ces souvenirs, une ébauche de représentation se dessine, la perspective se modifie, et le patient devient le sujet de ses dires, de son histoire, de ses bricolages qui tissent la trame de son rapport à lui-même et à l’autre.

La sérénité ?

Etre acteur de sa vie, reprendre un certain contrôle, une certaine reconstruction de son histoire, c’est donc de cela qu’il s’agit. La répétition mène la danse, elle est à la fois ce qui nous enferme et le point d’appui pour comprendre, pour questionner, pour transformer notre rapport à cet impossible réel. Le dessein, c’est la pacification du lien à soi, à l’autre. L’instant présent peut viser ça. Ou le dire. Ou l’interprétation. Ou le corps. Ou le mental. Ou en lâchant le mental. Les chemins sont nombreux, peu généralisables, toujours longs et contingents.

Le bonheur ?

Le bonheur est un état profond, durable, extrêmement difficile à atteindre. Vendre du bonheur en séance, c’est donc se méprendre sur ce qui est en jeu. Quant au plaisir, toujours lié à une stimulation extérieure éphémère et à renouveler sans cesse, il est un miroir aux alouettes qui s’évapore très vite. Comme nous le rappelle le philosophe Lenoir, c’est la joie qui peut constituer un objectif concret davantage possible dans le cadre d’un travail psychique.

La joie ?

La joie, cette plénitude qui nous saisit corps et âme, se construit entre connaissance de soi et appréhension de l’autre. Le premier pôle s’attache à devenir pleinement soi-même, à se connaître, à savoir ce qui ne nous convient pas, et à s’en dégager partiellement. Le second, centré sur le lien à l’autre, vise la construction d’un lien juste, épanouissant, respectueux de soi et des autres. Ces deux axes prennent appui sur des racines diverses, et se déploient dans une traversée singulière qui ne se planifie jamais. Le chemin est souvent long mais, comme on dit, il fait partie du voyage.

DB, psychologue

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