Mémoires/TFE

La solitude de la femme au sein du couple

Solitude créative et dépression


Introduction
La solitude de la femme est un sujet centré sur l’importance de l’autonomisation d’un individu dans sa relation avec la mère, en regard de la construction d’un couple suffisamment bon pour soi à l’âge adulte.

A cet égard, nous nous sommes intéressés à la notion de solitude comme un élément primordial pour la construction identitaire de l’individu. Un sentiment qui naît principalement lors de la position dépressive nommée par Klein ou encore lors de l’expérience de la bobine dans la théorie de Freud.

Nous nous sommes interrogés sur l’impact que peut avoir la question de la séparation sur le vécu de la solitude chez la femme au sein de son couple.

A partir de cela, nous nous sommes demandés de quelles façons la femme pouvait-elle vivre et investir sa solitude. Nous en dégageons deux ; La solitude ressource créée par l’instauration d’une aire de repos. Et la solitude dépression renvoyant directement aux difficultés de dépasser la position dépressive.

Dans un premier temps, nous définirons les concepts théoriques dont nous auront besoin pour mener cette exploration. Nous nous concentrerons sur les notions de séparation comme expérience essentielle dans la construction psychique de l’individu, de l’aire de repos avec la théorie de Winnicott, de la dépression et enfin à la notion de couple.

Ensuite, nous analyserons le vécu infantile de la femme quant à ses possibilités d’autonomisation au sein de sa famille et dans son rapport à la mère.

Nous envisagerons pour ce faire, la passation du T.A.T et un entretien semi-directif.
Enfin, nous verrons comment le vécu de ces solitudes aura eu une influence sur la création d’un couple et ce, par l’intermédiaire d’un deuxième entretien semi-directif.


A partir de ces situations et en sachant que le but de la position dépressive est d’introjecter en son sein, une bonne mère, un bon père et un bon couple créateur, nous posons comme hypothèse que plus la femme sera autonome et aura accès à sa créativité, plus elle pourra se lier d’amour et assumer les temps de crises au sein de son couple.


III. Discussion

Edward Burn Jones « The Depths of the Sea »
La question de la séparation

Une place

De nos rencontres avec ces huit jeunes femmes, ce qui nous est apparu dans un premier temps, c’est l’importance de la place qu’elles ont occupée dans leur enfance.
Par place nous entendons le rôle, la fonction investie au sein de leur famille. La solitude d’une jeune femme commence alors par le fait de ne pas être entendue, touchée et aimée pour ce qu’elle « est ». Et plus dur encore sera son sentiment de solitude si elle fonctionne dans la séduction. Celle qui engendrera une protection de son Soi pouvant aller jusqu’à la constitution d’un Faux-Soi.
Dans chaque famille, les attentes et les manques des parents ont créé un voile de projections entre eux-mêmes et leurs enfants.
A la question de la séparation, nous pouvons alors associer le sentiment d’être séparé de l’autre avant même de le rencontrer.
Une souffrance qui peut prendre différentes allures en fonction de la force des projections parentales mais aussi en fonction de la manière dont l’enfant va réagir avec ses propres ressources.
Une solitude que l’on a vu se reproduire dans la création du couple d’adultes.

Toute la difficulté pour une femme réside dans le fait de reconnaître le rôle qu’elle a tenu pour se faire aimer et dans ses capacités d’exister par soi-même. C’est à dire s’émanciper par rapport à une place qui l’a aidé à se définir au sein d’une famille. Dès lors, nous associons au fait de se séparer de sa mère, la liberté d’exister au-delà de sa position familiale. C’est prendre une juste place et ne plus utiliser les relations à autrui pour se définir. C’est ça aussi l’autonomie.

Lors de notre pratique, plusieurs femmes nous ont semblé très empreintes du rôle qu’elles ont joué et de l’image, parfois très déformée, qu’elles ont perçue dans le regard de leur mère. Le récit de vie conté par le sixième sujet, le troisième et le septième illustre particulièrement ceci. Trois jeunes femmes qui reproduisent auprès de leur compagnon leur place d’autrefois. Ici, elles n’ont pas pu prendre la distance nécessaire pour se former, se construire elles-mêmes. Elles sont restées dépendantes à un schéma familial qui rigidifie leur être au lieu de vivre leur vie de façon créative au sens Winnicottien du terme.

Pour le sixième sujet, rappelons-nous de sa place ; Elle incarnera l’opposé de sa sœur jumelle ; conflictuelle avec des réactions hystériques. Et bien, elle sera tout autant rebelle dans sa relation amoureuse. Ce qui aura pour effet qu’elle récoltera les mêmes remarques de son compagnon que ce qu’elle a pu entendre dans son enfance. Elle s’étonnera alors d’être plus malheureuse en couple que seule. Oui, en effet, le couple la renverra à son histoire. Celle de ne pas avoir existé en respectant son authenticité. Dès lors, elle sollicitera son partenaire pour obtenir un regard profond en vue d’être reconnue en tant que personne unique dans sa valeur.
Le besoin de reconnaissance au sens de Lacan.

Quant au septième sujet, sa place au sein de deux familles recomposées n’existera pas ou très peu. Et elle sera avec un compagnon doutant sans cesse de la profondeur de leur lien tout en étant attirant par d’autres femmes. Il l’insécurisera dans sa place de partenaire auprès de lui. De nouveau, elle sera blessée car elle se sentira rejetée et non désirée.

Ensuite, nous avons l’impression que les jeunes femmes qui resteront accrochées à leur mère, (à leurs anciennes places) se sentiront peu satisfaites de leur couple et auront moins de sentiments de gratitude quant à leur compagnon. Cinq des huit femmes que nous avons rencontré alimenteront des conflits, des colères et leur destructivité au sein de leur couple. Et en analysant leur entretien de famille, ce sont des jeunes femmes qui aujourd’hui ne semblent pas avoir pris suffisamment d’autonomie, pour qu’elles puissent se construirent seules avec leurs propres repères. Le risque est grand de projeter nos parties indésirables sur notre compagnon ainsi que de le rendre responsable de nos manques quand on ne peut pas se les approprier.

Quant à notre cinquième sujet, ses capacités de se séparer de son lien maternel et de se réparer par elle-même et pour elle-même en vivant des expériences l’amenant à faire les deuils de certaines de ses souffrances infantiles, elle nous semble avoir construit un couple stable et suffisamment fort pour traverser les conflits avec un minimum de projections. Nous aurons le sentiment qu’ils peuvent s’aimer pour ce qu’ils sont réellement.

Nous touchons le cœur de notre théorie, la nécessité de se réparer seule pour assumer son histoire avec tout le cortège de colères et de détresses inévitables dans une vie humaine. Dès lors, la femme pourra créer sa juste place au côté d’un homme en se donnant l’amour dont elle a besoin. Ici, elle n’utilisera pas l’autre pour se sentir exister et ne se gonflera pas de colères pour donner vie à son intérieur.


L’aire de repos

Dans un premier temps, nous aimerions revenir sur une partie de notre définition. Elle consistait à dire que la création de l’aire de repos ne pouvait se faire qu’avec peu de sollicitations extérieures pour instaurer un état de détente et de confiance. Une autre condition était la présence du père symbolisant le tiers séparateur entre une mère et sa fille.
Dès lors, nous avons été étonnée d’entendre que malgré les grandes tensions de certaines familles et l’absence du père, la jeune femme, petite, a pu s’aménager une aire de repos. Nous pensons au premier sujet et au cinquième.
Peut-être aurait-il été intéressant d’investiguer un peu plus en profondeur le potentiel et les ressources de chacune pour comprendre comment elles ont pu le créer au détriment d’autres femmes ?
Nous nous posons la question de savoir si c’est parce qu’elles avaient de meilleures défenses envers leurs angoisses. (Le Rorschash pourrait investiguer ceci.)
Ou bien parce qu’elles étaient habitées par peu de sentiments d’envies ?
Nous pensons en effet que celles-ci générant de la destructivité (ce qui est lié à la naissance d’angoisses ) peuvent barrer l’accès à la créativité.

Quant à la nécessité d’avoir créer son aire de repos et de continuer à l’instaurer dans une vie de couple, les effets nous ont semblé assez évidents. Les trois jeunes femmes qui ont pu y accéder (le sujet 1, le sujet 2 et le sujet 5) nous ont semblé plus sécurisées dans leur relation à elle-même et avec leur compagnon. Comme si le fait de se connaître soi-même pour s’être découverte à travers leurs créativités instaurait par l’établissement d’un lien plus authentique envers soi, une plus grande confiance intérieure. Nous nous sommes rendues compte que leur regard sur leur histoire était d’autant plus lucide qu’il était dénué d’idéalisation et de projections masquant leurs blessures d’autrefois.
Et elles nous ont toutes les trois énoncé l’importance de préserver leur solitude ressource pour éviter de se perdre dans des relations trop fusionnelles et donc destructrices.
En analysant leur vie de couple, nous y avons senti leur capacité de prendre du recul et de s’approprier leurs souffrances lors de conflits au sein du couple.

Tandis que pour les jeunes femmes ayant eu difficile à instaurer leur aire de repos. Nous avons senti une plus grande dépendance au lien maternel avec pour conséquence la difficulté de jouer seule et de ne pas pouvoir se remplir de vie soi-même.

S 7 : « Qu’est-ce que je peux faire ne pas faire, dis maman, tu veux jouer avec moi… »

Ce sont des jeunes femmes que nous avons ressenti comme très angoissées dans le lien à l’autre et quand celui-ci s’absente de façon injustifiée. Elles rechercheront souvent le lien sans jamais le trouver réellement car ce qu’elles demandent de façon latente ce sont des réparations pour leurs blessures de jadis. De nouveau, nous avons retrouvé plus de projections au sens de Duyckaerts.

« C : Donc dans tes moment de mal-être, tu as plus difficile à gérer son absence ?
S 3 : Oui… Ça c’est dur parce que j’aimerais mieux me gérer seule. Je ne me sens pas assez autonome… De nouveau cette absence d’autonomie. »

« C : Maintenant si je te demande quel regard tu poses sur sa personne en général.
S 3 : Trop rigide, trop paternaliste… je le vois comme un contrôleur. »

Leur sentiment de solitude est vide de vie car elles ne peuvent pas s’investir de façon autonomes et ne savent pas comment elles peuvent se faire du bien, être bonne envers elles-mêmes. Nous revenons à notre concept de place car en ne connaissant pas ses besoins et désirs fondamentaux, on ne peut pas être modeste et prendre sa juste place. La solution sera soit de prendre trop de place,

S 7 : « Je prenais beaucoup de place dans tous les sens du terme, physiquement, je dansais tout le temps, je lançais mes jambes tout le temps dans la cuisine […] Je me faisais un verre de Nesquik […] il y avait toujours le rond du Nesquik. Je laissais des traces de mon passage. »

ou pas assez,

S 3 : « je ne laisse pas parler qui je suis…Je m’oublie moi… je n’arrive pas à trouver ma place… »

Pour ces jeunes femmes ayant des difficultés à créer leur bulle, nous avons également découvert la fragilité de leur aire d’entre-deux. Pour deux sujets, lors de notre question sur ce qu’ils pouvaient partager ensemble, elles nous ont répondu qu’elles ne savaient pas. Dans le sens ou elles ne pouvaient pas percevoir la réalité de leur couple comme étant satisfaisante. Toutes deux posaient d’ailleurs un regard par moments très dévalorisant sur leur compagnon. L’autre devient mauvais. Ce qui signe pour nous la difficulté d’avoir introjecter une mère suffisamment bonne à l’intérieur de soi.
C’est comme si l’intégration des pulsions de vie et de mort, du bon et du mauvais sein, essentielle lors de la position dépressive, n’avait pas eu lieu ou difficilement.

Notre théorie semble se confirmer : La nécessité d’assumer sa solitude réside dans le fait de donner une certaine fluidité entre les mouvements vers soi et celui de l’entre-deux. Un mouvement brisé par trop de difficulté à penser l’absence déclenche les mécanismes de défenses de chacun. Nous retrouverons alors des couples qui se noient dans leurs souffrances sans pouvoir instaurer une communication plus ouverte. Les disputes en escalade illustrent pour nous la difficulté qu’à la femme de prendre conscience de ses manques à être mais aussi de sa destructivité. Les angoisses du sujet 6, du sujet 7 et du sujet 8 quant à leur solitude et l’absence psychique de l’autre auront alors tendance à se cristalliser dans la projection de leurs propres affects destructeurs.

La définition du transfert négatif nous semble ici pertinente. Jean-Bertrand Pontalis cite la définition de la méchanceté que donne Sartre dans Huit clos :

« Avoir besoin de la souffrance des autres pour se sentir exister »
Et il ajoute, « Le paradoxe du mauvais objet ne tient-il pas en ceci ?
C’est qu’il reste toujours disponible, ne saurait être définitivement perdu et par là, risque moins que le « bon » d’entraîner le sujet dans le mouvement de sa perte. Indestructible, le mauvais objet garantit au sujet sa propre permanence. »

La solitude dépression

Une solitude qui est difficile à reconnaître pour ces jeunes femmes. Seule l’une d’entre elles a pu la nommer dans son vécu (sujet 4). Pour le deuxième sujet, sa dépression était assez visible mais elle ne pouvait pas la reconnaître comme telle. Sa rationalisation (je n’ai pas de raisons de faire une dépression) l’empêche de l’apprivoiser entièrement. Dès lors, nous comprenons que sans travail thérapeutique, il nous ne paraît pas évident de l’accepter pour vivre avec elle. Car cette une souffrance qui nous est apparue comme très ancrée dans le fonctionnement défensif des individus.
Dès lors, nous la ressentirons par son aspect défensif.
Pour le sujet 6 et le sujet 8, elle nous a été exprimée par leurs angoisses de mort. Nous l’associons d’un point de vue théorique à la difficulté de dépasser sa position dépressive. Rappelons-nous à cet effet, que l’absence de la mère viendra renforcer les peurs de l’enfant sur sa propre mort. Ces angoisses et affects seront particulièrement intenses lors de ce stade. Pour ces sujets, nous avions interprété qu’ils leur étaient très difficiles d’assumer leurs souffrances. La première avait souffert d’angoisses dans son jeune temps qui seront associées par elle avec la disparition d’êtres chers à ses yeux. Le lien est-on ne peu plus évident. Ce sera une jeune femme qui aura tendance à fuir sa dépression par ses demandes de réparations envers son conjoint. Son sentiment d’exister dépendra en grande partie du regard et des paroles de son compagnon.

« J’ai besoin d’être valorisée et d’exister pour lui. »

Ici, les conflits auront le bénéfice secondaire de remplir de vie celle qui les provoque. Ceci rejoint notre hypothèse sur la nécessité de dépasser sa position dépressive en instaurant une aire de repos pour jouir des bienfaits de son couple et non pour l’utiliser en vue de soigner ses blessures.

Quant au huitième sujet, elle sera très claire dans ses propos. Nous faisons le lien entre la fuite de sa solitude dépression et son besoin de conflits au sein de son couple.

« J’ai quand même besoin de tensions et de conflits… Pour moi, les disputes sont nécessaires, sinon ça ne va pas. »

Dès lors, nous avons le sentiment que plus la femme fuira ses manques à être, son gouffre de dépression, plus elle aura besoin de se remplir par l’intermédiaire de ses destructivités agies au sein de son couple et de dénier ses manques par des défenses maniaques.
Ensuite, en ce qui concerne l’alternance des présences et absences maternelles lors de cette expérience, nous avons l’impression de les avoir décelées dans deux situations racontées par ces jeunes femmes.
Pour notre premier sujet, sa difficulté se situe au niveau des mouvements entre l’entre-deux et elle-même. Elle pourra accéder à son aire de repos si elle est certaine de ne pas ressentir sa solitude dépression. Ce qui engendrera pour nous le fait qu’elle aura besoin de couper le lien pour ne pas ressentir sa propre absence. Nous associons alors au terme qu’elle a souvent employé « rassembler les morceaux » son besoin de réparer par la sublimation son mauvais objet interne. Par manque d’intégration, elle ne pourra pas vivre sa solitude ressource et sa solitude dépression de façon unifiées. Comme si ses peurs dépressives et persécutrices n’étaient qu’une entité à éviter.

L’envie et ses répercussions sur la créativité

Etant donné que l’envie est un élément très complexe dans la vie d’un individu et ce dès sa naissance, nous nous centrerons sur le lien possible entre sa présence excessive chez certains de nos sujets féminins et une créativité bloquée par trop de destructivités.
Le récit du sujet 7 nous semble bien illustrer ceci.

Nous associons à partir de l’expression de ses envies, une grande culpabilité, le fait de ne pas se sentir aimable et enfin ses difficultés d’accéder à sa créativité. Une jeune femme tellement en proie à ses envies et à ses revendications pour être réparée qu’elle s’oublie elle-même. Elle ne peut pas s’investir tellement elle a le regard rivé sur ce que l’autre possède qu’elle n’a pas. Elle rugira en laissant peu de place à une créativité qui, à peine naît-elle, est détruite par ses tendances destructrices.
Elle nous donnera l’image de quelqu’un qui essaye de construire une maison en paille tout en soufflant dessus avec colère pour ne pas avoir reçu de matériaux plus solides et aptes à construire son Moi. Dès lors, elle ne peut pas se remplir de la chaleur d’une bonne mère intérieure ni se sentir aimable.

« Le sentiment d’avoir endommagé et détruit cet objet primitif ébranle la confiance du sujet : il doute de sa sincérité dans ses relations ultérieures, de sa capacité d’aimer et d’éprouver de la bonté »

Leurs répercussions sur son couple seront la naissance de grandes angoisses lors des absences physiques de son compagnon. Sa jalousie sera de cette façon réveillée par son manque de confiance en elle. Nous entendons par là, que comparée aux autres filles, elle se sentira inférieure et sera tellement préoccupée par cela qu’elle ne pourra pas libérer ses espaces psychiques pour créer. Ceci nous rappelle une situation. Lors de la passation de son T.A.T, elle angoissera devant la page blanche et nous lui avions proposé de dessiner pour transformer ses angoisses. Ce sont ses colères qui sont apparues. Et nous estimons que même si celles-ci voilent d’autres blessures, elles seront responsables du blocage de sa créativité au moment du test.

Et enfin, en sachant que vivre c’est créer avec son être intérieur pour lier ses pulsions de vie et ses pulsions de mort, l’essentiel de cette recherche réside dans la découverte qu’une femme ayant difficilement accès à sa créativité, que se soit par envies, colères, angoisses, dépendances à l’autre, ne pourra pas avoir l’impression de vivre sa vie en étant digne de sa valeur intérieure. Ses blessures d’autrefois la figeront dans son histoire infantile au lieu d’en réinventer une nouvelle pour et par elle-même.

Finalement, la plus belle des solitudes pour une femme, ce sera de pouvoir accueillir ses fragilités et sentir son corps vibrer de mille plaisirs, tout en se dérobant des blessures qu’elle aura appris à reconnaître pour ne plus les vivre avec autant de désespoir mais parée d’une force tranquille.

« Solitude insolite, séduisante et redoutable selon les jours, tu es dévitalisante ou stimulante pour notre désir qui découvrait son génie, tour à tour en son passif et en son actif ardent, en son féminin ou en son masculin. Désir ainsi soutenu à découvrir ses aptitudes par-delà les séparations, les deuils et l’abandon des autres, soit à se réfugier dans le bienfaisant sommeil […], soit à découvrir la communication avec la nature tout entière dans la paix du cœur […], ou avec les humains présents ou absents, disparus et à venir, par la compréhension du sens de leurs langages et par-delà le temps et l’espace des œuvres qui transmettent leur message. » »


Conclusion
Dans cette présente recherche, nous avons tenté de faire le lien entre le vécu de la séparation au sein des relations mère fille et les différentes façons de vivre les absences et les manques inévitables dans une vie de couple adulte.

Dès lors, nous nous sommes principalement inspirée de la théorie de Winnicott sur l’importance de créer une aire de repos, de jeu pour l’enfant en vue de se construire de façon autonome et de se sentir exister par et pour soi-même et en palliant ses propres manques.

Ce que nous avons découvert, c’est que plus une femme peut faire de ses temps de solitude quelque chose de créatif et de ressourçant, plus elle sera proche de son ressenti et instaurera en elle-même une bonne mère intérieure. Quant aux jeunes femmes fuyant leurs solitudes, de peur et d’angoisses d’être imprégnées de leurs manques à être, elles nous ont semblé plus résistantes envers leurs émotions. Comme si elles étaient imprégnées d’une solitude vide de vie car peu d’accès à leur ressenti. Une solitude dépression trop latente pour être apprivoisée.

Pour relancer la recherche, il serait peut-être intéressant d’essayer de définir l’influence qu’ont certains éléments sur le fait qu’un individu puisse ou non assumer ses solitudes grâce à la création de son aire de repos.

Il nous semble dès lors pertinent de faire la lumière sur l’influence de l’envie sur les potentiels créatifs d’un individu. (Klein) Car nous avons découvert que plus une jeune femme était en proie à d’excessives envies, moins elle avait accès à sa créativité.

L’influence de la destructivité de l’individu sur ses potentiels créatifs nous semble alors être un déterminant crucial dans le fait de se sentir vivre avec une certaine autonomie. Et lorsque l’envie n’était pas exprimée par le sujet, il nous a semblé qu’elle se camouflait à travers les effets qu’elle produit le Sur-Moi ou dans l’émergence d’une idéalisation souvent portée à l’égard du personnage maternel. Et, justement Klein nous écrivait que plus un Sur-Moi était sévère, plus le sentiment de solitude est intense…

Ce qui pourrait également être intéressant à investiguer, c’est de se pencher avec plus de profondeur sur le fonctionnement familial et ses répercussions sur l’autonomie de l’enfant.
Nous avons entendu que malgré les tensions et violences existant dans certaines familles, l’essentiel réside dans le respect de l’intimité des membres d’une famille. Plus les liens son intrusifs ou fusionnels, moins l’enfant peut créer son aire de repos. Et dans les couples où jeunes femmes assument peu leur solitude, nous sentiront beaucoup de tensions et de colères. Comme pour faire se faire vivre dans une violence éprouvée jadis. Celle de n’avoir pas pu construire une bulle d’amour et de protection pour soi-même.
Ici, plus la dépendance d’une fille envers sa mère est grande, moins elle se sentira suffisamment sécurisée pour instaurer son aire de repos. Ces jeunes femmes seront plus facilement angoissées dans leur vie de couple.
Ensuite, pourquoi pas prendre en compte les structures de personnalités dans leurs forces et leurs fragilités pour analyser l’existence d’un lien entre ceux-ci et les capacités de créer son aire de repos ?
Finalement, ces jeunes femmes nous on appris que la seule chose dont on ne peut se passer, au risque de se mourir à petit feu, c’est sa créativité lien d’amour envers soi-même et réconciliation avec mère nature en guise de réparations de nos blessures d’enfants.










Table des matières

I. PARTIE THEORIQUE 3
INTRODUCTION 4
Chapitre 1 : La solitude 5
I.1.1. La solitude et l’isolement 5
Introduction : 5
La nécessité de bien vivre sa solitude. 6
L’isolement 8
L’autisme 9
I.1.2. La solitude et la construction de l’identité 13
Synthèse : 20
1.1.3. La solitude et l’aire de repos 21
Créativité et aire de repos 22
Mais où se situe et se forme cette aire de repos ? 24
Synthèse : 26
I.1.4. Différentes absences au sein du couple 27
1. Lorsque l’autre est présent physiquement et absent psychiquement. 27
Synthèse : 29
2. Lorsque l’autre est absent psychiquement et physiquement 29
Synthèse : 33
I.1.6. La solitude dépression 35
Introduction : 36
La dépression : 36
La solitude-dépression 38
Synthèse: 43
I.1.7. Synthèse de la solitude 46
Chapitre 2. La relation d’objet 49
Bref historique 49
Balint 51
La nécessité de gratitude 52
Le désir de reconnaissance 53
Une destructivité positive 54
L’élément féminin et l’élément masculin 55
Chapitre 3. Le couple. 58
I.3.1. L’aire d’entre-deux 58
Le squiggle game 62
I.3.2. La fascination dans la passion 64
I.3.3. L’envie et la jalousie 66
L’envie 66
La jalousie 68
I.3.4. La séduction 70
I.3.5. Les Idéalités du moi 72
Formation de l’Idéal du Moi 72
Fonction de l’Idéal du Moi 72
L’estime de soi 73
Le Sur-Moi 75
Le complexe d’Œdipe 77
I.3.6. La sexualité. 78
II.PRATIQUE 81
II. 1. Echantillon de population 82
II.2. Matériel : 83
II.3. Justification des tests choisis : 83
II.4. Méthodes : 84
Pour l’analyse qualitatives des résultats 85
T.A.T 85
Les entretiens 86
II. 5. Interprétations et analyses qualitatives des résultats du sujet 1 86
Synthèse T.A.T 91
Interprétations de l’entretien de famille du sujet 1 92
Synthèse pour l’entretien du couple 97
Synthèse finale 99
II. 6. Interprétations et analyses qualitatives des résultats du sujet 2 100
T.A.T. 100
Synthèse T.A.T: 106
Interprétations de l’entretien de famille 107
Synthèse générale 112
Il. 6. Interprétations et analyses qualitatives des résultats du sujet 3 114
Synthèse du T.AT. 114
Interprétation de l’entretien de famille 114
Interprétation de l’entretien du couple 117
Interprétation finale 120
II. 6. Interprétations et analyses qualitatives des résultats du sujet 4 122
Synthèse T.A.T 122
Interprétation famille 122
Interprétation de l’entretien de couple 125
Synthèse finale 127
II. 6. Interprétations et analyses qualitatives des résultats du sujet 5 128
Synthèse T.A.T 129
Interprétation de l’entretien famille du sujet 5 130
Interprétation de l’entretien de couple 134
Interprétation finale 136
II. 6. Interprétations et analyses qualitatives des résultats du sujet 6 139
Synthèse du T.A.T 139
Synthèse de l’entretien famille 139
Synthèse de l’entretien couple 142
Synthèse finale 143
II. 6. Interprétations et analyses qualitatives des résultats du sujet 7 145
Synthèse du T.A.T 145
Interprétation de l’entretien famille 146
Synthèse de l’entretien de couple 150
Synthèse finale 151
II. 6. Interprétations et analyses qualitatives des résultats du sujet 8 153
Synthèse du T.A.T. 153
Synthèse de l’entretien de famille 154
Synthèse de l’entretien de couple 157
III. DISCUSSION 162
La question de la séparation 163
Une place 163
L’aire de repos 165
La solitude dépression 168
L’envie et ses répercussions sur la créativité 170
CONCLUSION 172



Auteur

Mélissa De Conto

Email :
Etudes : Licences en Siences Psychologiques
Etablissement : U.L.B
2007, 172p.

Thème : Santé mentale
(enregistrement le 20/12/07)

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