Campagne : Brisons l’engrenage infernal !

Campagne : Brisons l'engrenage infernal !

Vie Féminine a lancé sa nouvelle campagne de sensibilisation, d’une durée de deux ans, baptisée « Brisons l’engrenage infernal ». Le sujet : les violences contre les femmes. Les yeux se lèvent vers le ciel, les épaules se haussent… Pourtant, le problème est bien présent et est une véritable urgence sociale.

Ce 25 novembre, c’était la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. « C’est pas si grave…C’était juste pour rire…C’est arrivé qu’une fois… » Tant de phrases plus d’une fois entendues au cours d’une vie, lorsqu’on est une femme. Si quelques pas sont faits du côté politique, les situations de violences conjugales sont encore trop banalisées et tolérées. Vie Féminine a lancé sa nouvelle campagne, pour 2 ans. Après une brève description du problème en chiffres, Céline Caudron, coordinatrice du projet, explique les mécanismes d’un phénomène ancré très profondément dans notre société contemporaine.

Quelques chiffres

Vie Féminine distingues plusieurs formes de violences masculines, « qui ne sont pas figées ou immuables ». Elle entend par le terme « violences masculines » des violences faites aux femmes dans le cadre d’un système de domination masculine, qui s’exerce au détriment de leurs droits, de leur intégrité et autonomie, partout et tout au long de leur vie :

1) Les discriminations sexistes : Il y a seulement 32% d’intervenantes féminines dans les émissions d’informations des médias audiovisuels. Elles représentent 19% des experts consultés. 70% des personnages accompagnés d’enfants dans les manuels scolaires de français sont des femmes tandis que 87% des personnages célèbres et 81% des personnes qui travaillent sont des hommes.

2) Les violences institutionnelles : 4% des plaintes pour viol aboutissent à une condamnation. 70% des dossiers de violences conjugales sont classés sans suites par le Parquet et seuls 11% donnent lieu à une condamnation. 71% des victimes d’islamophobie dans le domaine des institutions, administrations et pouvoirs publics sont des femmes musulmanes portant le voile.

3) Le harcèlement sexiste de rue : 46% des femmes (contre 18% des hommes) ne se sentent pas du tout en sécurité seules dans le centre-ville après la tombée de la nuit. 89% des auteurs de violences dans l’espace public sont des hommes.

4) Les violences entre (ex)partenaires : 24% des femmes déclarent avoir été victimes de violences de la part de leur (ex)partenaire depuis l’âge de 15 ans. 157 femmes ont été victimes de tentatives de meurtre dans un contexte de violences conjugales en 2013. 119 d’entre-elles en sont mortes.

5) Les violences sexuelles : 98% des violences sexuelles sont commises par des hommes : le conjoint (48%), un membre de la famille (10%), une connaissance (13%), une personne liée au travail (7%). 60% des femmes belges (la moyenne européenne est de 55%) ont dit avoir subi une forme quelconque de harcèlement sexuel depuis l’âge de 15 ans. 3.000 viols sont enregistrés par an (8 viols par jour), alors qu’on estime que seuls 10% des viols sont dénoncés. 90% des femmes prostituées sont étrangères, environ 80% sont contraintes par un proxénète,10% sont dans une situation d’exploitation grave et 90% souffrent de stress post-traumatique.

6) Le contrôle du corps des femmes : Près de 16% des femmes ont recours à la chirurgie esthétique (deux fois plus que les hommes). On estime que plus de 17.000 femmes et filles sont excisées ou risquent l’excision en Belgique.

Pour Céline Caudron, « La campagne que nous avons lancée est importante car on s’est rendu compte qu’il y a plein de formes de violences qui n’apparaissent pas aux yeux du public comme des violences. Nous on veut mettre la main dessus pour justement dire que toutes ces violences elles ont la même racine, le même mécanisme : la société se permet de dénigrer les femmes, d’aller à l’encontre de leurs droits et de leur autonomie et si on laisse passer une forme de violence, finalement on accepte le principe et c’est comme si on acceptait toutes les autres. Pour nous c’est important d’avoir cette lecture qu’on appelle le « continuum des violences », c’est-à-dire que toutes les violences sont liées, elles ont la même nature et il faut les combattre avec la même force. »

Lire la suite de l’interview : Les violences conjugales toujours méconnues des politiques

Site internet de la campagne : http://engrenageinfernal.be/



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