Les mandataires du CPAS de Bruxelles, champions du cumul ?

Les mandataires du CPAS de Bruxelles, champions du cumul ?

Les affaires de rémunérations douteuses et de cumul de mandats ne cessent d’éclater au grand jour, dans le secteur du non- marchand social depuis la situation connue du Samusocial. Suite à un cadastre dont l’Echo et de Standaard ont pu se procurer une version « quasiment définitive », il apparait que la majorité du top 10 des élus en matière de rémunérations excessives est d’appartenance au Parti Socialiste.

Le secteur social semble perdre pieds, depuis environ un mois. En tête de file, le Samusocial… suivi des Cuisines Bruxelloises, mais également du CPAS de la Ville de Bruxelles. La situation est toujours la même : des élus politiques se rémunèrent grassement, sur le dos des populations qu’ils sont censés aider. Au détriment même de l’objet social porté par l’association à laquelle ils siègent, président, conseillent. Le sujet a suscité une vague d’indignation sans pareille dans la population, ainsi que de la part d’autres élus politiques, qui souhaitent à présent cadenasser les rémunérations de manière « dure, radicale et rapide dès juillet », comme l’annonce le futur bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close, poste précédemment occupé par Yvan Mayeur, contraint de démissionner suite aux révélations sur le Samusocial.

Qu’en est-il, cependant, des équipes ? De ces travailleurs sociaux, qui, chaque jour se battent pour fournir une aide de qualité aux bénéficiaires de leurs services ? En se rémunérant de la sorte, sur leur dos, les élus politiques s’aliènent non seulement les structures, mais jettent également un discrédit énorme sur le travail fourni au quotidien. S’il est capital de ne pas mettre toutes les associations dans le même sac, il est cependant incroyable de constater que la plupart des élus « profiteurs » siègent aux conseils d’ASBL bruxelloises sous la houlette du CPAS de la Ville.

Et l’hôpital de continuer de se foutre de la charité…

Si un cadastre des rémunérations, publié par l’Echo, est une des premières mesures prises, pour plus de transparence – il était temps, non ? – le fondement même de la pratique, dans un secteur qui a pour objectif premier de concrétiser le mythe de Robin des Bois, laisse pantois. Et enrage. Quand on sait que certains élus touchent des rémunérations depuis 2006, la question surgit, immanquablement. Qu’est-ce qui a pu se passer pour que personne – personne ! – ne décide d’y mettre fin avant ?! Qui est à blâmer ? La légalité même de la mesure, qui, comme l’explique RTL, « Pourtant, ils (les montants, NDLR) sont légaux, puisque les mandataires politiques peuvent cumuler autant de rémunérations qu’ils le souhaitent jusqu’à 150% de la rémunération d’un parlementaire, c’est-à-dire un montant d’environ 180.000€. Seuls les parlementaires sont limités à un mandat rémunéré complémentaire » ? Mesure qui a, dès lors, été scrupuleusement mise en pratique par la majorité des élus dépendants du CPAS de la Ville… Ou sont-ce les élus eux-mêmes, qui doivent être tenus personnellement responsables de leurs « détournements » ? Le lien politique/CPAS qui doit être revu dans son ensemble, afin de cesser une bonne fois pour toute l’opacité qui entoure ces mandats ?

Une chose est certaine : si certains élus – grands seigneurs ! – se sont engagés à « respecter les règles internes au parti, limitant à trois le nombre de mandats rémunérés », ils ne le font cependant pas de manière spontanée. Ou en remettant en cause leur implication dans les projets, idéologiquement porteurs de valeurs sociales et sociétales. Et le secteur continue de sombrer…

La Rédaction

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