Dans les écoles, l'EVRAS à la carte

Dans les écoles, l'EVRAS à la carte

Si certaines écoles n’ont pas attendu le décret pour développer des animations sur l’EVRAS, dispensées par les professeurs eux-mêmes ou par des acteurs de la santé, dans d’autres, le sujet reste tabou…

Lire le dossier :Réforme de la vie relationnelle, affective et sexuelle : comment parler d’amour à l’école ?

« En 30 ans de carrière, je suis parvenu une fois, avec l’accord à demi-mot de ma direction, à inviter une personne d’un centre médico-social pour aborder la question du sida. C’était très riches et tous les élèves ont apprécié », explique Marc, professeur de biologie en secondaire dans une école libre du Namurois.

Un sujet tabou

« Mes collègues professeurs de sciences abordent la question de l’éducation sexuelle, mais il s’agit bien souvent d’un traitement scientifique de la question. Je pense être le seul à aborder franchement durant mes cours la question des relations sexuelles, des moyens de contraception ou du sida », confie-t-il. Et de déplorer : « C’est un sujet tabou… L’école ne prend pas du tout ce sujet en compte. Il s’agit selon elle de dispenser des matières, rien d’autre… »

Marie est elle une jeune professeure de français dans le secondaire général, technique et professionnel. L’école bruxelloise dans laquelle elle enseigne organise deux fois par an des séances obligatoires de deux heures pour les élèves de 5ème secondaires dans un Planning familial. « Les élèves rencontrent des assistants sociaux, des médecins et des infirmières qui les sensibilisent aux questions relatives à leur vie affective et sexuelle. Les professeurs ne sont pas présents pour laisser les élèves parler librement et confidentiellement », explique-t-elle.

Parler de l’homosexualité

A côté de ces séances obligatoires, Marie accorde elle aussi du temps dans son programme à l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle.
Un jour, l’une de ses élèves lui parle de sa bisexualité au début du cours. « J’en ai profité pour accorder une heure de cours à cette question, en improvisant », explique cette jeune prof’, qui sait de quoi elle parle... Elle-même lesbienne, elle a eu de la peine à trouver des réponses à ses questions quand elle était plus jeune : «  J’ai manqué d’information, ni mes parents ni l’école ne m’en donnaient. Et qu’en j’en recevais, ce n’était pas celle qui m’intéressait ». Forte de son expérience, elle aborde donc sans tabou avec ses élèves les questions de la contraception et des relations bisexuelles. Si certains professeurs trouvent que l’éducation à la vie affective et sexuelle n’est pas de leur ressort, elle défend au contraire le fait que « c’est une mission de l’enseignement » : «  Il y a ceux qui veulent faire de l’instruction et ceux qui veulent faire de l’éducation. Une des missions de l’enseignement est d’éduquer à la citoyenneté, à la vie sociale… Il n’y a pas que la lecture livresque ».

Manon Legrand

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