Handicapés français vivant en Belgique : une nouvelle loi inquiétante

Handicapés français vivant en Belgique: une nouvelle loi inquiétante

En France, la loi « Avenir professionnel » modifie les règles relatives à l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés à compter du 1er janvier 2020. Une nouvelle mesure qui inquiète l’AFrESHEB, association par et pour les Français en situation de handicap et leur famille. « Il ne faudrait pas que l’AAH (allocation adulte handicapé) soit assortie d’une obligation d’accepter un emploi ou une activité », alerte la présidente Isabelle Resplendino.

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« La Secrétaire d’État française au handicap, Sophie Cluzel participe aux travaux gouvernementaux pour établir le RUA (revenu universel d’activité). Il avait été question d’y fondre l’AAH (allocation adulte handicapé). Cette proposition est donc bien sur la table », prévient Isabelle Resplendino. Et de développer : « Le souci est, comme son nom l’indique, que ce revenu sera assorti d’une obligation d’accepter un emploi ou une activité. On se souvient que la ministre avait dit que nul n’était inemployable, et qu’Emmanuel Macron soutient que ce revenu pour les personnes handicapées doit être assujetti à un emploi ou une activité. »

« Nul n’est inemployable ? C’est faux ! »

Cette vision qui inquiète grandement la présidente de l’AFrESHEB. Elle a des craintes concernant l’avenir. « C’est choquant de la part d’une ex-présidente d’association, elle-même mère. D’une jeune femme capable de travailler certes, mais en tant qu’ex-associative, cette mère devrait être au courant qu’il existe des handicaps si profonds que les personnes ne peuvent pas travailler ou exercer une activité bénévole. Pourtant, pour elle, nul n’est inemployable », fulmine Isabelle Resplendino. « C’est fou, elle nie totalement la réalité ! Certaines situations de handicap sont totalement en inadéquation avec le fait de travailler. Je pense notamment aux handicapés intellectuels profonds ou physiques sévères. Je pense aussi aux autistes qui ont une série de troubles très importants. Non, vraiment, ces personnes ne sont pas en capacité d’être mises à l’emploi… »

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Pour obtenir des réponses claires et précises, l’asbl fait actuellement pression sur le gouvernement Macron. « Nous avons peur de ce qui peut se passer. Nous faisons pression pour qu’ils ne perdent pas la raison. Il ne faudrait pas que l’allocation adulte handicapé (AAH), soit assortie d’une obligation d’accepter un emploi ou une activité. Car ce serait une catastrophe pour les Français en Belgique mais aussi pour les Français en France », martèle-t-elle. Elle rajoute : « Selon mes informations, l’obligation de mise à l’emploi concernerait que les personnes qui ont entre 50 et 79% de handicap. La loi ne toucherait pas ceux qui se situent entre les 80 et les 100%. La plupart des personnes accueillies en Belgique sont à 100%... Mais rien n’est confirmé, ni officiel, ce sont juste des suppositions. Du bon sens ! Ce serait complètement ridicule d’obliger des handicapés à 100% à trouver un emploi. »

Une situation qui amènerait alors une question bien légitime : qu’adviendrait-il, dans ce cas, des Français les plus fragiles, ceux qui résident en Belgique et dont l’AAH sert en partie à financer le séjour ?

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E.V.

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