Le futur de l’ASBL reliant les enfants à leurs parents détenus incertain

Le futur de l'ASBL reliant les enfants à leurs parents détenus incertain

L’ASBL Relais Enfants-Parents (REP), située à Bruxelles, et agissant pour le maintien de la relation entre un enfant et son parent détenu, risque de voir ses sources de financement se tarir, ce qui entrainerait « des conséquences en cascade », selon Nicolas Cohen, co-président de l’Observatoire international des Prisons (OIP).

Les temps sont durs pour les asbl, dont le travail quotidien est souvent tributaire des subventions reçues des pouvoirs publics. La moindre perte de financement et c’est tout le projet qui doit être revu. C’est le cas de l’ASBL Relais Enfants-Parents, qui risque de voir ses subventions fortement diminuées. L’ASBL, acteur primordial dans le maintien du lien entre un jeune et son parent détenu, est la seule association active dans ce domaine sur le territoire francophone. Suite à la quatrième édition des Journées nationales de la Prison, dédiée cette année aux familles des détenus, l’Observatoire International des Prisons (OIP) a émis un signal d’alarme sur son avenir.

Parent détenu = enfant détenu

En valorisant le rôle du parent et en maintenant les liens familiaux, l’ASBL REP tente de limiter la récidive du détenu et de casser le schéma de reproduction classique parents détenus / enfants détenus. « Plus les détenus ont des liens avec l’extérieur et moins ils récidivent. La famille est un point extrêmement important parce qu’elle responsabilise et fait prendre conscience du mal qu’on a fait », souligne le co-président de l’OIP, Nicolas Cohen, à BX1.

L’ASBL REP a aussi pour but de garantir le respect des droits fondamentaux du détenu et de l’enfant. Cependant, l’OIP regrette la faible aide du gouvernement et de l’administration pénitentiaire. « Assurer le lien social entre le détenu et l’extérieur est une mission qui en principe devrait relever de l’administration pénitentiaire, non d’un service externe », remarque Nicolas Cohen.

L’Observatoire International des Prisons juge ainsi que la préférence du gouvernement pour une politique populiste sécuritaire à court terme entrainera une baisse des droits fondamentaux des détenus et de leur famille, ce qui rendra la tâche plus difficile pour l’ASBL dans son optique d’aide à la réinsertion des détenus après leur sortie de prison.

Quelles conséquences ?

Le Relais Enfants-Parents bénéficie de subsides d’aides à l’emploi de la Commission communautaire française (COCOF), mais également d’un complément de l’administration pénitentiaire. Or, dès 2018, le financement de ce dernier ne couvrirait plus que 10% des entretiens individuels enfants / parents, ce qui pourrait réduire drastiquement le nombre de visites. Selon Nicolas Cohen, qui explique le problème à BX1, « la porte d’entrée du REP est d’avoir un entretien avec les parents détenus et ensuite il met en place tout le suivi avec les enfants. C’est leurs activités avec les familles à l’extérieur qui justifient les subsides qu’il reçoit. Cela va avoir des conséquences en cascade, car on tarit la source. (…) Pour Saint-Gilles, seuls 20 entretiens par an seraient financés à l’avenir, au lieu de 400 aujourd’hui. »

L’ASBL Relais Enfants-Parents, qu’est-ce que c’est ?

Depuis 22 ans, l’ASBL œuvre, par l’intermédiaire de ses psychologues, au maintien de la relation entre l’enfant et son parent détenu. Cela se traduit par l’organisation de visites, collective et individuelles. Cette ASBL est la seule active dans ce domaine en région Bruxelloise et Wallonne.

La rédaction



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

Pour votre facilité, ce site utilise les cookies conformément à nos conditions générales.