Prévention du burn-out : Maggie de Block lance des projets pilotes

Prévention du burn-out : Maggie de Block lance des projets pilotes

Le 17 janvier dernier, la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé publique, Maggie de Block (Open Vld), a annoncé l’exécution de trois initiatives en matière de prévention du burn-out sur le lieu de travail.

« Le burn-out est un problème social important. Le nombre de personnes souffrant d’un burn-out augmente d’année en année et les personnes concernées ont souvent du mal à s’en remettre. Au travers de ces projets, nous voulons tester sur le lieu de travail comment nous pouvons détecter les signaux très tôt et comment nous pouvons éviter que le burn-out ne se produise. Car il vaut toujours mieux prévenir que guérir. En même temps, nous devons continuer à chercher les meilleurs traitements, afin de pouvoir aider au mieux ceux qui souffrent de burn-out » explique Maggie De Block (Open Vld), Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique.

Face à cette difficulté, la Ministre a lancé plusieurs projets pilotes qui visent à lutter contre cette maladie. Ces derniers s’inscrivent dans une approche intégrée du burn-out et des autres troubles mentaux liés au travail. L’idée est de faire collaborer un maximum d’ acteurs, soit tant les employeurs que les prestataires de soins ou les pouvoirs publics, pour prévenir l’arrivée du burn-out.

Trois initiatives

Concrètement, trois initiatives sont en cours :

1) L’Agence fédérale des risques professionnels (Fedris) lance un projet dans les secteurs hospitalier et bancaire qui vise à mettre en place un trajet d’accompagnement sur mesure pour les personnes qui présentent un risque élevé de burn-out ou qui en montrent déjà les premiers signes. Au total, jusqu’à 1000 collaborateurs pourront participer au projet. La Ministre De Block a réservé 2,5 millions d’euros pour ce projet qui s’étalera sur trois ans. Maggie De Block : « L’objectif est de dégager une approche bien étayée qui fonctionne, afin que nous puissions la généraliser à tout le pays. »

2) 12 projets pilotes dans différents secteurs sont en exécution. Ils ont pour but de mettre au point de bons outils que les employeurs, les administrations, les prestataires de soins et les particuliers pourront utiliser par la suite pour prévenir le burn-out. Il peut s’agir de modèles de traitement, mais aussi de tests diagnostiques ou d’un système de détection précoce des signaux d’alerte sur le lieu de travail. Il est essentiel que l’approche du burn-out ne soit pas unilatérale, mais que dans chaque projet, différents acteurs collaborent dans une perspective plus large : prestataires de soins, administrations, universitaires, organisations de travailleurs indépendants, organisations artistiques, … Ces projets dureront un an et bénéficient d’une subvention de 10.000 à 300.000 euros. Au total, la ministre De Block libère 1,52 million d’euros pour les 12 projets. L’encadrement est assuré par une commission scientifique en collaboration avec Möbius.

3) Enfin, la Ministre De Block a annoncé une campagne visant à aider les personnes à reconnaître au plus tôt les signes de burn-out. La campagne sera accompagnée d’un site web qui rassemblera toutes les informations utiles sur le burn-out pour les citoyens, qu’ils soient prestataires de soins, membres de la famille d’une personne qui présente ou qui commence un burn-out, employeurs ou particuliers. La campagne sera lancée dans la deuxième quinzaine de février. « De nombreuses personnes en savent encore trop peu sur le burn-out, si bien qu’elles ne reconnaissent pas les signaux et n’interviennent pas ou interviennent trop tard. C’est pourquoi il est important de rassembler les informations dont nous disposons sur cette pathologie et de les mettre à la disposition de chaque citoyen d’une manière claire et compréhensible. Parce que chacun peut jouer un rôle dans la prévention du burn-out. », explique la Ministre.

Objectif : catalyser le burn-out

« Aujourd’hui, il existe relativement peu de littérature scientifique sur la meilleure façon de prévenir un burn-out. Mais lorsque nous constatons que de plus en plus de personnes sont hors-jeux à cause d’un burn-out, nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Grâce à ces projets pilotes, nous pouvons désormais mettre différents concepts à l’épreuve à petite échelle, en collaboration avec les personnes sur le terrain. Ensuite, nous pourrons appliquer à plus grande échelle ce qui fonctionne et tirer des leçons pour l’avenir de ce qui ne fonctionne pas. », développe Maggie de Block.

A travers ces projets pilotes, la prévention du burn-out et d’autres maladies liées au stress est menée à différents niveaux. Tout d’abord, il y a la prévention primaire, qui vise à prévenir la maladie avant même qu’il y ait un risque accru ou les premiers signes. Elle relève de la compétence du ministre de l’Emploi et des employeurs des secteurs privés et publics, mais aussi des entités fédérées chargées de la prévention, entre autres, des problèmes de santé mentale. La prévention secondaire concerne la détection précoce de la maladie, afin de pouvoir intervenir à temps, et l’accompagnement des personnes qui présentent un risque élevé de développer un burn-out. Enfin, la prévention tertiaire vise la réintégration sur le lieu de travail des personnes après un burnout et permet d’éviter des rechutes. Les trajets de réintégration que le ministre De Block a lancés au cours de cette législature aident les employeurs, les salariés et les prestataires de soins de santé.



Commentaires - 4 messages
  • Il y a une similitude entre la gestion de la souffrance liée au burn out et la silicose des mineurs des années 60-70. C'est évidemment très bien d'accompagner les personnes en souffrance et de déceler les signes avant coureur de l'effondrement. Mais il semble hors de question d 'endiguer les causes, à savoir l'organisation du travail et la nature du travail lui-même.

    Même si la loi ''bien-être au travail de 2014'' précise le lien entre type d'organisation et charge psychosociale, dans les faits, le type d'organisation n'est jamais ou rarement tenue responsable des dégâts humains.

    Et pourtant, cette variable supplante toutes les autres. Marie Pezé et Christophe Dejours ne cessent depuis des années de tirer la sonnette d'alarme. Sans pour autant être entendus.

    Alors, soyons sérieux, derrière ce projet, se cache peut-être ou surement, un objectif économique qui consiste, à terme, à limiter les indemnités congé maladie des victimes du burn out.



    Alf jeudi 24 janvier 2019 15:15
  • tout a fait d'accord avec ce premier commentaire:on s'agite beaucoup sur les consequences mais on ne s'interroge pas beaucoup sur les causes profondes.......

    padu vendredi 25 janvier 2019 21:05
  • Tout à fait d'accord avec le 1er commentaire! Etant en burn-out, je réalise combien les politiques ne font aucun effort pour sortir des procédures toutes faites et qui n'ont jamais fonctionné, tout ça parce qu'ils sont soit incapables de faire preuve de créativité au mieux soit qu'ils cherchent à préserver leurs intérêts sous-jacents au pire, comme l'a bien décrit Alf.

    Omega88 dimanche 27 janvier 2019 19:51


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    Light vendredi 8 février 2019 10:16

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