Réforme accueil de la petite enfance : la CNE lance une pétition

Réforme accueil de la petite enfance: la CNE lance une pétition

A peine mis en place, le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles postpose la réforme des milieux d’accueil de la petite enfance, dans le but de se donner le temps de la consultation. Pour la CNE, derrière cette décision se cache la volonté de réintroduire la commercialisation du secteur. Pour empêcher cette situation qu’il juge inacceptable, le syndicat a lancé une pétition.

[DOSSIER]
- Réforme MILAC : le recours en annulation au Conseil d’état a été déposé
- Tout savoir sur la réforme de l’accueil de la petite enfance

Depuis de longues semaines maintenant, la réforme des milieux d’accueil de la petite enfance enflamme les débats et oppose une série d’acteurs liés de près ou de loin au secteur. Chaque partie entend bien défendre ses intérêts et faire peser sa vision du dossier dans la balance.

Ainsi, le 9 décembre dernier, la Fédération des Milieux d’Accueil de la Petite Enfance ainsi que le Syndicat Neutre pour Indépendants ont déposé ensemble un recours en annulation auprès du Conseil d’état contre la fameuse réforme « MILAC ». Pour les deux organisations, « il s’agit d’une attaque frontale visant les milieux d’accueil non-subventionnés. Le texte contient des dispositions qui mettent en péril la survie même de nombreuses structures. » Via cette démarche conjointe, elles souhaitent ainsi voler au secours des accueillantes indépendantes et des crèches privées. Aujourd’hui, c’est au tour de la CNE de monter au créneau. Son combat ? S’opposer à la commercialisation du secteur.

La nouvelle concertation fait grincer des dents

Un événement a mis le feu aux poudres dans les rangs du syndicat… En réponse aux critiques et inquiétudes formulées par une série d’acteurs des milieux d’accueil, Bénédicte Linard, ministre en charge de l’Enfance en Fédération Wallonie-Bruxelles, a pris la décision de différer l’entrée en vigueur d’une série de dispositions controversées de la réforme qui devaient normalement être d’application dès le 1er janvier 2020. Une nouvelle concertation va donc être menée sur près de six mois. Au menu des discussions : la fin du recours à des travailleuses indépendantes, les normes applicables au personnel de direction des crèches non-subsidiées, la formation initiale des accueillantes ou bien encore la question des personnalités morales dont devront se doter les structures d’accueil.

« Après des années de débats tout azimut, le précédent gouvernement avait fait approuver une réforme des milieux d’accueil de la petite enfance, également connue sous le nom de MILAC. On y retrouve le fait de ne plus agréer de nouveaux milieux d’accueil commerciaux (SPRL, SA, …), tout en garantissant l’avenir des actuels », pointe la CNE. Elle rajoute : « C’est une étape importante pour tous les acteurs du secteur pour protéger l’accueil de l’enfance des appétits financiers (notamment de nombreuses multinationales). Les sirènes du secteur commercial ont bien été entendues par le MR. Résultat, le gouvernement envisage de détricoter la réforme. »

Une situation inacceptable pour le syndicat vert. Selon lui, « ces positions gouvernementales risquent de renforcer le fléau de la commercialisation et de mettre en œuvre une politique de l’enfance à double vitesse : celle des nantis qui pourront payer des crèches privées commerciales et des titres-services (largement financés à travers l’impôt de tous), et celle des autres qui auront, peut-être, accès à une liste d’attente dans les structures non commerciales (public et non marchand). »

- [A lire] : Réforme accueil de la petite enfance : l’angoisse des crèches privées

« Non à la commercialisation de la petite enfance »

La CNE dénonce et combat une société d’exclusion basée sur la commercialisation des milieux d’accueil de l’enfant. Les services à la population ne peuvent être source d’inégalités sociales. La CNE exige pour l’encadrement de tous les enfants :
- L’accessibilité des structures à toutes les familles peu importe leurs ressources financières, leurs origines culturelles ou leur localisation géographique
- La professionnalisation du secteur de l’enfance
- Des structures de qualité
- Des professionnels dûment formés et qualifiés
- Des conditions de travail tenables pour le personnel du secteur
- Un subventionnement de l’offre plutôt qu’une solvabilité de la demande.

Pour faire entendre sa voix dans le débat, le syndicat a lancé une pétition « Nos enfants ne sont pas à vendre », visant à prouver que l’opinion publique, dans sa très large majorité, refuse que l’accueil de l’enfance devienne un enjeu commercial.

- [A lire] : Petite enfance : une nouvelle fédération va défendre le secteur !



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus