Wallonie : l’urgence de créer des refuges pour les personnes LGBTQI

Wallonie: l'urgence de créer des refuges pour les personnes LGBTQI

La ministre wallonne de l’Égalité des chances, Christie Morreale, s’est engagée à remédier au manque de refuges destinés à l’accueil spécifique des jeunes LGBTQI en situation de sans-abrisme. Reste l’éternelle problématique du financement…

La session du parlement wallon du 26 novembre dernier a été l’occasion pour le pouvoir wallon de s’engager à une meilleure prise en charge des jeunes LGBTQI précarisés. En Wallonie, il n’existe qu’un seul refuge situé à Liège. Ouverte cette année, le refuge d’accueil d’urgence de la fondation Ihsane Jarfi s’adresse spécifiquement aux jeunes en situation d’urgence qui se sont retrouvés à la rue en raison de leur orientation sexuelle ou de leur choix de genre. Le député MR Hervé Cornillie a donc abordé le sujet en soulignant que le conseil communal de Mons a adopté une motion afin d’initier une concertation pour créer un refuge pour les personnes LGBTQI. Alors, la Wallonie va-t-elle développer les initiatives de soutien à ce public fragilisé ?

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Un bilan positif pour le premier refuge

Hervé Cornillie a questionné la ministre à propos des mesures (notamment associatives) mises en place par la Wallonie pour lutter contre l’homophobie intrafamiliale. En effet, ce rejet des jeunes LGBTQI par leur famille débouche sur des situations désastreuses de sans-abrisme pour ces jeunes. Afin de lutter contre cette précarité, le député a souligné le rôle des refuges et a demandé à l’élue comment les pouvoirs wallons comptaient soutenir le développement de ces initiatives.

Christie Morreale a exprimé sa volonté de créer de nouveaux refuges pour aider efficacement ces jeunes. En effet, les échos positifs suite à l’ouverture du refuge d’accueil d’urgence de Liège témoigne de l’efficacité de ces structures : seulement 4 mois après sa création, déjà 8 jeunes sont entrés en contact avec les professionnels de la structure.

Dans la continuité du décret arc-en-ciel de 2014, la ministre a donc énoncé que son comité allait bientôt rencontrer l’administration et les professionnels du secteur afin de faire évoluer la situation. « Je vais très rapidement lancer les travaux de fond en ce qui concerne l’évaluation du dispositif légal relatif à l’aide aux personnes LGBTQI », promet l’élue avant de continuer : « Sans préjuger des travaux qui vont être menés, avec le secteur, avec mon administration, avec Unia et avec l’Institut pour l’égalité entre les femmes et les hommes, je pense que nous pourrions inscrire dans le décret une mission de soutien aux refuges qui offrent des hébergements d’urgence aux jeunes LGBTQI. »

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Mobiliser des moyens conséquents

Pour mettre en place de nouveaux refuges, un budget conséquent doit être mobilisé. Or, à l’heure actuel, les moyens alloués à l’aide apporté à la communauté LGBTQI sont limités. Ainsi, Christie Morreale a rappelé que le texte actuel prévoit une enveloppe de 40.000 euros par maison pour l’instant. Or, ce montant peut s’avérer trop faible face à l’ensemble des coûts auxquels ces structures doivent faire face (le loyer, les frais du personnel, l’accompagnement psychologique et juridique). Ainsi, la ministre a annoncé que son cabinet allait se pencher sur la question du budget afin de trouver une balance adéquate entre les missions à réaliser et le financement nécessaire.

De plus, pour sensibiliser le grand public et particulièrement les familles dont l’enfant fait partie du public LGBTQI, une campagne de sensibilisation a été annoncée. Son message principal sera : « Vos enfants restent vos enfants, même si c’est un garçon qui aime les garçons ou une fille qui aime les filles. »

L’investissement de la ministre wallonne sur ce sujet a été apprécié par Hervé Cornillie, qui a d’ailleurs salué la mise en place d’une évaluation des maisons arc-en-ciel et la création d’une campagne de sensibilisation pour le large public. Le député a conclu : « Nous, pouvoirs publics, devons sans cesse remettre l’ouvrage sur le métier. Au-delà des acteurs du terrain arc-en-ciel, qui sont déjà largement présents, il faudra également veiller à ce que l’on ait une bonne information des acteurs en première ligne - les pouvoirs locaux dans les CPAS et dans les communes – qui sont parfois, sans doute par mésinformation, fort dépourvus lorsqu’ils recensent ce genre de cas. »

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A.T.



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