Le statut de sage-femme, bien malmené... à tort !

Le statut de sage-femme, bien malmené... à tort!

La Sage-femme est à la fois une figure universelle , essentielle et pourtant , en Belgique, une professionnelle exerçant dans une certaine invisibilité…

Le métier de sage-femme, un des plus vieux métiers du monde, un des plus universellement connus et peut-être le plus beau métier du monde, a évolué au travers des époques, en même temps que l’évolution de la société.

[Dossier]

- Prôner la naissance respectée, en tant que sage-femme, est-ce un acte politique ?
- La formation du métier de sage-femme
- La relation patiente-accoucheur remise en cause

La sage-femme apparaît comme la médiatrice de l’ouverture au monde ; elle n’est pas la seule, mais elle est le plus souvent la première ! Elle est reconnue dans les textes officiels du ministère de la Santé comme professionnelle de santé de première ligne en périnatalité. C’est pourquoi la sage-femme existe partout et toujours où les Hommes naissent et meurent. Elle assure le passage d’un état à un autre, d’un monde à l’autre, d’un temps à l’autre.

Elle est donc dans l’entre-deux, entre la mère et l’enfant, le monde utérin et celui commun des Hommes, entre les ancêtres et les descendants, entre la tradition et la médecine technicienne ainsi qu’entre l’homme et la femme.

Cependant , en Belgique, la dénomination, la sémantique « sage-femme » en dérange plus d’un ! En effet, nous avons eu plusieurs remarques quant à la dénomination « sage-femme » lorsque c’est un homme qui embrasse cette profession. Marquer notre désapprobation face à ce genre de remarques fondées sur l’ignorance de notre profession est une démarche nécessaire, vitale et très courante de la part de nombreuses sages-femmes !

Paul Cesbron, gynécologue français, secrétaire de la Société d’histoire de la naissance invite les sages-femmes « à défendre l’appellation de votre profession pour des raisons historiques, sociales et culturelles. "Espèce en voie de disparition", les sages-femmes ont partout vaillamment résisté, mais comme vous le constatez, cette partie de l’histoire humaine n’est pas tout à fait terminée. »

- [A lire] : La formation du métier de sage-femme

Nos politiques, donc, et le monde professionnel même, ne connaissent pas la portée de cette profession qui , réellement, avec celle de danseur, est la plus vieille profession du monde et parfois une des plus mal menées. Qu’est-ce qui peut faire sérieux dès lors ? Maieuticien/ienne La maïeutique de ce cher Socrate et de sa maman sage-femme (celle qui accouchait et lui qui faisait accoucher les idées ) est une voie que les universités françaises ont choisie pour le master et le doctorat en sciences maïeutiques .

Notre profession de sage-femme est en tensions avec avec les différents professionnels de santé qui travaillent dans le domaine de la périnatalité. Depuis que la sage-femme est devenue plus visible au sein de la société, notre profession reste bien difficile à faire reconnaître, mais tellement passionnante avec ses compétences partagées !!! Il est certain que certaines compétences de la sage-femme se chevauchent avec celles d’autres professions (gynécologue, kinésithérapeute, travailleur médico-social, médecin généraliste... Mais si nous remettons la femme au centre avec les besoins spécifiques de chacune, tous les professionnels de la santé périnatale pourraient sans problème être les garants d’une approche globale et multidisciplinaire auprès des femmes et de leur famille.

- [A lire] : La relation patient-accoucheur remises en cause

De la question : Qui est la sage-femme ? ,s’ensuit une difficile définition car sa place est celle d’une médiatrice, celle de l’entre-deux, la « midwife » (en anglais), celle qui porte ou qui soulève, la « Hebbamme » (en allemand) la sage-femme, celle (ou celui) qui accompagne la femme dans le processus de maternité...

Le terme de « sage-femme » peut faire sourire car elle est assimilée à une non scientifique, celle qui s’occupe des mères et des bébés avec une naïve béatitude (alors qu’elle ne peut et ne doit ignorer la pathologie c’est-à-dire le risque de dissonance ou de rupture à tout moment du processus vital), celle qui a été appelée historiquement matrone, sorcière, ventrière...

Pourtant comme dit dans le « LancetMidwifery » de juin 2014 : Si la gamme complète des soins, y compris les interventions de soins spécialisés, permet d’éviter la plupart des décès, la sage-femme assure le continuum des soins depuis le centre communautaire jusqu’à la prise en charge clinique complexe, ce que ne peut probablement pas faire le spécialiste. Les sages-femmes agissent en véritable facilitateurs de santé, elles constituent le lien essentiel permettant d’amener les femmes dans le système de santé, au niveau et au moment le plus efficace et le plus efficient… pour intervenir dans les établissements communautaires, les hôpitaux ou les établissements de soins. C’est là une étape essentielle pour permettre aux femmes d’avoir accès aux soins de maïeutique de qualité, aux interventions de santé maternelle et néonatale, ainsi qu’aux stratégies de prévention.

- [A lire] : Le congé maternité fait toujours polémique

Il serait peut-être temps d’arrêter les querelles, de « clocher d’église » et se mettre au service des femmes et de leur famille.

La sage-femme a des compétences prouvées dans toute l’étendue de la périnatalité, qui va de l’éducation aux patients, aux consultations pré-conceptionnelles et prénatales, aux préparations à la naissance, au suivi du travail et à la réalisation de l’accouchement physiologique, pour se poursuivre dans le post partum jusqu’à la première année de vie de l’enfant.

Elle peut être une coordinatrice précieuse de la prise en charge optimale des femmes et de leur famille. Laissons-lui la place qu’elle mérite, travaillons ensemble pour le Bien Naître de tous et de toutes.

Pour l’AFSf, Chantal Robin et Anne Niset



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