"Nous, les éducateurs spécialisés, nous sommes des soignants !"

C’est quoi être éduc ? Cette question est au cœur de mes pensées... En ces temps troublés, il n’a jamais été aussi important, pour moi, de définir notre fonction. Et rien qu’en écrivant cela, je me sens déjà perdue... Non pas parce que « je ne sais pas », mais parce que « je ne sais pas par où commencer ». Et si l’on définit exactement ce statut, il est clair que l’on oubliera tel ou tel aspect du métier, tant il est complexe, vaste, riche de sens et de compétences, polyvalent et différent en fonction des secteurs. Et pourtant, un jour, il faudra y passer... Pourquoi ? Pour faire exister, légalement, statutairement parlant, aux yeux du fédéral, une fonction, un poste, qui est essentiel dans le secteur du social, du non marchand. Pour protéger ce métier. Pour le faire perdurer. Pour qu’il soit revendiqué et que l’on puisse se sentir légitime.

[DOSSIER]
- Béatrice, éducatrice dans la petite enfance, lance un coup de gueule
- Melissa, éducatrice, raconte son travail en temps de coronavirus
- Éducateurs, travailleurs sociaux… les oubliés de la crise sanitaire

Saviez-vous que, encore récemment, tout le monde ou presque pouvait être éduc ? Mais les éducs, avec leur baccalauréat et leurs spécialisations, sont voués à être éducs, à moins de se lancer dans des formations de 4 ans, en master, pour obtenir encore un autre diplôme... Impossible, ou presque, de postuler comme AS, comme psycho, comme thérapeute familial, non non non.. Et pourtant, si vous saviez ce que l’on est amené à faire dans notre travail !

La base, c’est la relation

Je vous donne une idée ? Alors... la base c’est la relation : on s’occupe donc de « bénéficiaires ». Voilà... Précisons ? Alors... s’occuper d’eux signifie : s’occuper de leurs soins de base (manger, boire, dormir, se laver, les faire se sentir en sécurité), s’occuper des soins corporels, du nursing comme on dit chez nous, les habiller, veiller à ce qu’ils aient de quoi être correct, les amener à l’école, ou au boulot, ou à des rendez-vous extérieurs, les accompagner dans le travail scolaire, faire à manger, s’occuper du lieu de vie (de la vaisselle aux lessives, en passant par le rangement, parfois/souvent le nettoyage), entretenir les locaux (tout éduc a une trousse à outils là où il/elle bosse), déménager, aménager des meubles, penser à l’amélioration du lieu de vie, créer des outils pour les bénéficiaires (calendrier, tableau des charges, charte du vivre ensemble, roue des émotions, etc), animer des ateliers, porter ces ateliers toute l’année, écrire, laisser des traces écrites de ces ateliers, mais aussi de la vie quotidienne, des entretiens que l’on fait, que ce soit avec le jeune, avec sa famille, avec les intervenants sociaux que l’on rencontre.

C’est rédiger des rapports éducateurs, créer, penser des projets individualisés en équipe, c’est savoir utiliser un ordinateur, des programmes spécifiques où tout consigner. C’est savoir retranscrire à l’écrit ce que le bénéficiaire vit au jour le jour, pour laisser une trace, une preuve, un suivi de son parcours. C’est participer à la vie institutionnelle, penser le projet au-delà de son lieu de vie. C’est savoir gérer ses heures, négocier ses vacances en fonction des besoins du service. C’est revenir en urgence quand il y a un problème dans l’unité. C’est travailler le soir, le matin tôt, les week-ends, les nuits, les jours fériés. C’est gérer des pleurs, des colères, des crises, des contentions, des isolations, des dépressions. C’est vivre des moments hard ensemble : décès, licenciement, remise en question,...

Mais aussi, heureusement, c’est vivre des joies, des petites victoires, des moments hors du temps que l’on n’oublie pas, être le réceptacle des bénéficiaires, nouer un lien de confiance, le faire vivre pendant quelques mois, quelques années, pour ne plus jamais, ou presque, avoir de ses nouvelles. C’est mordre sur sa chique quand on voudrait sauver tout le monde. C’est donner du temps, bénévolement, pour organiser des fêtes, des ventes, des spectacles, pour gagner de l’argent pour monter des projets, partir en vacances, faire vivre de l’inédit à des personnes inédites.

C’est accepter les contraintes de plus en plus oppressantes du fédéral qui nous demande de tout consigner, de tout justifier, de tout expliquer. Mais comment voulez-vous quantifier un simple petit-déjeuner avec des jeunes où l’on se lève, on s’habille, on gère les disputes, on mange, on répond aux questions, souvent vitales, et qu’ils ont à peine les yeux ouverts, on gère des crises à 8h25 du matin qui ont démarré parce que machin a dit à truc que sa mère était une P***, on s’assure qu’ils se soient lavé les dents, qu’ils aient mangé correctement, qu’ils aient participé aux tâches quotidiennes pour qu’ils apprennent aussi le vivre en groupe, on part à l’école, on parle avec les instits, on donne le relais, on s’assure que le suivi sera fait, on rentre ranger, préparer les vêtements, cuisiner, écrire, souffler, boire un café, donner le relais, rire et décompresser, parce qu’en 1h de temps on a vécu plus de choses qu’en une journée chez soi ! Comment voulez-vous quantifier cela ???

On prend soin de futures générations, des aînés...

Et si nous, on ne le fait pas, qui le fera ? Comment rendre compte de statistiques qui sont issues du social, quand on sait que nos journées ne sont jamais pareilles ! Oui je sais quand je travaille. Mais je sais aussi que le jour où je ne travaille pas, je peux aussi être appelée pour remplacer. Je sais aussi que je dois prendre soin de moi parce que ce travail-là je ne peux pas le faire à moitié. Je sais que la remise en question est essentielle, mais se foutre la paix l’est aussi. Sachant que l’on n’a pas, à chaque fois, de l’aide pour pouvoir continuer à travailler là où on est. Si on a un souci, peu importe lequel, à un moment on est amené à travailler notre question ailleurs parce que l’on doit pouvoir continuer à aider l’autre tout en faisant la part des choses avec soi... Et ça, on l’apprend sur le tas ! Comment quantifier quelque chose qui n’est pas quantifiable ? Et pourtant, malheureusement, c’est ce qu’on nous demande de plus en plus.

On prend soin de futures générations, de jeunes en marge de la société, de personnes handicapées, de personnes toxicomanes, alcooliques, psychotiques, schizophrènes, folles, qui ont vécu un ou plusieurs viols, qui ont été abandonnées, maltraitées, humiliées, traitées comme des merdes, des personnes qui n’ont plus où se loger, de familles qui ont besoin d’aide pour mieux fonctionner, de bébés qui ne sont pas en sécurité chez eux, de jeunes délinquants qui veulent faire flamber la société tant ils sont en colère, d’enfants autistes pour qui les places en institution sont de plus en plus rares, de jeunes filles maman bien trop tôt...

On s’occupe de vos personnes âgées qui ne peuvent plus vivre chez elles ou dans leur famille. On s’occupe de toutes ces personnes-là, et bien plus encore... Quand on nous demande le travail que l’on fait, et que l’on répond « éduc », la réponse la plus courante serait sûrement : « Oh lalala ça doit être dur. Je ne pourrais pas faire ce que tu fais ! ». Et pourtant, on fait au quotidien ce que chaque parent, chaque tuteur, chaque personne devrait faire avec toutes ces personnes-là. Sauf que nous, on est spécialisés, on a choisi de le faire. C’est, pour beaucoup, une vocation, une évidence. Alors oui c’est dur, mais non ça ne l’est pas. C’est comme ça, c’est notre métier.

On continue ! Mais dans quelles conditions ?

Alors aujourd’hui, pourquoi vous écrire tout ça ? Parce que à l’heure du COVID-19, on parle de toutes ces professions reconnues et visibles qui se battent pour continuer à bosser, pour permettre à la population de garder une vie digne et confortable. Merci à elles, évidemment !! Mais qui s’occupe de toutes ces personnes qui sont placées ? Qui s’occupe de toutes ces femmes violées, battues, qui ne peuvent pas rester chez elles ? Qui s’occupe des personnes âgées quand les visites sont interdites ? Cette semaine, on a dû expliquer à des enfants âgés de 6 à 11 ans qu’ils ne verraient plus leurs proches pendant 1 mois... 1 mois !! Pour des petits bouts, c’est énorme ! Et pour nous, impensable que le travail s’arrête, impensable ! On continue ! Mais dans quelles conditions ?

Avec la peur au ventre, avec le stress généré par la société, avec l’anxiété véhiculée par tous ceux autour de nous, avec la crainte d’être contaminés, d’être porteur sain et de transmettre ce virus à nos proches, ou de développer les symptômes. On continue, en essayant de protéger nos bénéficiaires pour amortir le choc, adoucir un peu les choses et que ce qu’ils vivent soit deux fois moins traumatisant que ce qu’ils ont déjà vécu dans leur vie. On continue, sans forcément avoir les moyens de se protéger du virus. Pas de masques, pas de gants. Des locaux désinfectés, mais les jeunes sont là. Un gamin de 6 ans à qui on dit « pas de bisous, pas de câlins, pas de contacts » alors qu’avant c’était possible, comment peut-il comprendre ça ? On le fait, pour respecter les règles de social distancing, mais bon sang que j’aimerais que là-haut, dans les hautes instances, ils viennent, même en combinaison, voir les conséquences de toutes ces mesures. Elles sont essentielles, certes, mais pas réalistes à 100% dans notre métier.

Je sais que dans beaucoup d’institutions, la question même du gel hydroalcoolique n’est pas garantie. Alors on fait ce qu’on peut, on suit les procédures, on adapte notre travail, qualité tellement essentielle de l’éduc, et on rattrapera les dommages collatéraux de tout ça une fois la crise passée. Mais quel impact aura tout ça sur nous ? Je ne sais pas, et ça m’inquiète... Va-t-on continuer à faire l’autruche et à réduire les budgets du social ? Va-t-on mettre l’argent ailleurs que dans les soins ? Oui une institution, un hôpital, c’est cher, et ça ne rapporte pas. Mais dites-moi : Où ALLEZ VOUS mettre ces jeunes si ce n’est pas chez nous ?? Comment allez-vous les aider s’il n’y a plus d’aide adaptée ? Comment allez-vous prendre soin de toutes ces personnes si les professionnels qui s’en occupent ne peuvent plus le faire ?? Comment allons-nous rester dignes en tant qu’intervenants sociaux, éducateurs, soignants de l’état psychique de personnes fragilisées ? Comment ?

Alors oui, nous sommes des soignants ! On est des soignants de ce qui ne se voit pas, mais on soigne l’autre pour qu’il puisse, un jour, retrouver une place dans la société. Alors, s’il vous plaît, faites passer ce texte au plus grand nombre. Faites entendre notre existence, faites lire notre métier, pour que l’on puisse exister et être reconnu dans cette société où le social doit être rentable !

Une éducatrice



Commentaires - 26 messages
  • Merci pour votre écrit, je parle en mon nom, je suis educ spé en pedopsy, et c difficile de voir ts ces patiente autistes enfermés chez eux Avec des parents qui sont dans la détresse et l'angoisse, Í  notre niveau et avec ce confinement nous adaptons des accueils c'est une misère par rapport Í  nos véritables prises en charge en tps normal mais c mieux que le néant, on s'adapte vue les circonstances, et je suis d'accord avec vous que financièrement la misère ne rapporte pas d'argent, mais on est lÍ  et la reconnaissance des parents et le sourire d'un enfant valent tt le budget d'une nation
    encore merci pour ce coup de gueule

    hdj mercredi 25 mars 2020 08:18
  • Bravo pour ce texte si réaliste. J accompagne des personnes en situation de handicap mental vieillissantes et donc très fragiles. Sur les différentes maisons, des symptômes sont apparus sans pour savoir, faute de test, s il s agissait bien du covid. Pour autant, notre direction a fait le nécessaire, en étant avec nous sur le terrain et en nous équipant de masque, Charlotte, blouse et gel. Dans une société qui a transformée nos dirigeants en bureaucrates, heureusement l âme du social revient en force dans cette période difficile pour tous. Je te rejoins sur le fait que notre profession est dans l ombre car on parle oui des soignants, des ehpads... Mais pas du secteur medico social. Alors encore merci d avoir pris sur ton temps perso pour mettre en lumière toute une profession. Bon courage.
    Une educatrice

    Lnl mercredi 25 mars 2020 08:33
  • Je suis de tout coeur avec vous. Je connais votre travail et sais combien il doit être difficile d être confiné avec des jeunes avec un parcours de vie tellement compliqué.
    Personne ne parle de vos difficultés et pourtant vous êtes aussi des héros.
    Courage, soutien et bravo

    Newton mercredi 25 mars 2020 09:03
  • Bonjour votre message et tres touchant vous avez raison votre metier n est pas assez reconnue il faut des personnes comme vous sur terre. Moi je parle d une experiences que j ai vecue je connais une educatrice a l hopital de romans son metier et super j adore ce metier elle ma redonné espoir sans elle je serait tombe en dépression mais grace a vous a toutes les educatrice qui font une merveilleux metier je vais mieux et ces pour sa que plus tard moi aussi je veux etre educatrice j ai 15 ans.

    cloclo26100 mercredi 25 mars 2020 12:14
  • Bonjour,

    je suis educateur spécialisé et on ne pouvait pas mieux mettre en avant notre quotidien que comme vous l'avez fait surtout durant cette période de confinement.
    Merci et courage Í  tous les éducateurs au front en ces temps difficiles.

    Sch mercredi 25 mars 2020 12:38
  • C'est très difficile de vivre cette longue période de confinement au foyer de la protection de l'enfance.
    Depuis la mise en place de l'effectif réduit au sein des structures, le nombre d'enfants reste très important... Dispute, engoisse, tress, situation d'urgence Í  gérer rapidement.... Personnel en souffrance, fatigue physique et psychologique... Ne surtout pas oublié les maîtresses et maître de maison sur qui tout repose entretien de la structure, hygiène, repas, course.... stock alimentaire.... Nous vivons au quotidien des journées interminables.... Sans négliger la sécurité de chacun et chacune Í  chaque instant et Í  chaque crise que nous subissons.... C'est la dure réalité des foyers d'enfants et adolescents... Alors courage oui soyons courageux et tenace pour ne pas s'effondrer par la peur panique de ce coronavirus.

    Zolas42 mercredi 25 mars 2020 14:35
  • Bonjou, je suis Educatrice Spécialisée. Votre message est poignant, tout est clair , rien que la vérité. Je vous soutien dans ce combat. Pour une fois considérez plus jamais le travailleur social les autorités ! Courage Í  nous!

    Madeu53 mercredi 25 mars 2020 17:50
  • Bonjour, je suis Educatrice Spécialisée. Votre message est poignant, tout est clair , rien que la vérité. Je vous soutien dans ce combat. Pour une fois considérez plus jamais le travailleur social les autorités ! Courage Í  nous!

    Madeu53 mercredi 25 mars 2020 17:50
  • Bonjour,
    Ooooo que oui votre profession est indispensable Í  la société Í  tout ces enfants et autres personnes mentionner dans votre article témoignage. Je suis infirmière et j'ai fais un stage dans un foyer et j'ai vu le combat que vous menez tous les jours pour maintenir un cocon autour des ces personnes aux vies fragiles. Et j'ai eu dans ma famille recours Í  vos talents. Merci pour tout ce vous faites au quotidien les héros de l'ombre.
    Mais si je peux me permettre, en toute sympathie pour votre profession, au cours de cette crise sanitaire beaucoup de professions sont touchées de différentes manières et forcément comme c'est une maladie on met les soignants en avant, mais quand on est crise est ce vraiment nécessaire de compter les points ?
    Soyez forts et le plus courageux possible pour mener au mieux vos actes au quotidien.
    Courage Í  vous et bravo de garder un tel si bel espoir dans l'humanité
    Encore une fois bravo !

    Memie mercredi 25 mars 2020 18:11
  • Merci pour votre temoignage où chaque educateur pourra se reconnaître dans le partage d un quotidien jamais simple mais ô combien enrichissant en humanité. Souvent, nous ne recevons que peu d estime ou de reconnaissance de ceux qui prennent des decisions sans tenir compte de notre savoir faire, des reels besoins des usagers. Arreter de penser Í  notre place ! Effectivement, nous sommes loin du système marchand. (Est ce une raison suffisante pour que les salaires des professionnels du medico-social soient aussi bas).
    Si seulement le Covid 19 pouvait gommer les inégalités. Apres tout face Í  ce virus, ne sommes-nous pas tous sur un pied d égalité ?
    Quoiqu il advienne, l educateur sera toujours au service d individus qui forcent le respect.

    Espoir33 mercredi 25 mars 2020 20:56
  • Bravo pour ce commentaire. Pour ma part je travaille en lien avec des éducateurs,je suis tisf ( technicienne de l intervention du social et du familiale ) , mon travail est d intervenir au quotidien chez les familles. Je suis tout Í  fait d'accord avec le titre nous sommes aussi des soignants.Malheureusement des soignants oublié surtout durant cette période de confinement qui peut être particulièrement difficile Í  vivre psychologiquement. Encore plus pour des personnes fragilisés. D'autres professionnels ont été oublié au départ puis retrouver en les qualifiant de personnel nécessaire Í  la gestion de cette crise sanitaire. Il semblerait qu'il y a encore des professionnels oubliés. C'est un énorme sentiments d'être démunis. Beaucoup de courage Í  ceux sur le terrain notamment personnel de santé et ceux qui sont encore en lien avec les familles,ou les enfants en institution et aussi au famille d acceuil. La crise est partie pour durer espérons que la situation evolue pour tous ces professionnels oubliés.

    Nenette22zz mercredi 25 mars 2020 22:05
  • Bravo pour ce commentaire. Pour ma part je travaille en lien avec des éducateurs,je suis tisf ( technicienne de l intervention du social et du familiale ) , mon travail est d intervenir au quotidien chez les familles. Je suis tout Í  fait d'accord avec le titre nous sommes aussi des soignants.Malheureusement des soignants oublié surtout durant cette période de confinement qui peut être particulièrement difficile Í  vivre psychologiquement. Encore plus pour des personnes fragilisés. D'autres professionnels ont été oublié au départ puis retrouver en les qualifiant de personnel nécessaire Í  la gestion de cette crise sanitaire. Il semblerait qu'il y a encore des professionnels oubliés. C'est un énorme sentiments d'être démunis. Beaucoup de courage Í  ceux sur le terrain notamment personnel de santé et ceux qui sont encore en lien avec les familles,ou les enfants en institution et aussi au famille d acceuil. La crise est partie pour durer espérons que la situation evolue pour tous ces professionnels oubliés.

    Nenettechiro mercredi 25 mars 2020 22:04
  • Bonjour, je suis éducatrice spécialisée en vie associative je travaille dans une institution centre de jour et d hébergement pour personnes adultes dans une équipe pluridisciplinaire. Je suis touchée par vos écrits. Des réalités de confinement actuelles qui impactent sur nos residents, nos différents publics. Le métier d éducateur spécialisé est très diversifié. Accompagnement educatif et psycho-sociale être en relation avec...En première ligne, ceux et celles qui vivent de près.Plus de reconnaissance de ce métier dans le secteur car encore trop méconnu. Merci pour votre publication.

    MLo12 jeudi 26 mars 2020 10:50
  • Bonjour, nous sommes revendeurs officiel pour la vente de masques 99%polyester 1% carbone lavables Í  90°C , utilisables en zone 1 (triage des malades et consultations médicales) provenance Dutra (fabricant de Wavre en vêtements professionnels) et pouvons vous procurer ceux-ci Í  raison de 1 masque par personne puisque ceux-ci peuvent êtres lavés et réutilisés chaque jour : fiche descriptive et fiche technique du tissu sur simple demande. Vous pouvez également les commander via notre site www.alacolporteuse.be ou enlèvement par vos soins en nos magasins de Liège pour éviter les frais de port. Attention ces masques sont fabriqués par des professionnels et non pas par des particuliers et sont reconnus par le Ministère de la Santé. Prenez soin de vous et portez vous bien . Daniel Bénats Administrateur / A LA COLPORTEUSE sprl

    La Colporteuse jeudi 26 mars 2020 11:34
  • Très touchant votre témoignage et aussi difficile Í  lire si ont se met un temps soit peu Í  votre place. Cela ne doit pas être amusant tt les jours, vue le manque de personnel, de matériel quel qu'il soit. C'est énervant de savoir qu' ils savent que vous manquez de tout ( surtout en ce moment de confinement) .
    Bon je vais pas y aller par quatre chemins, vous avez tout mon soutien et tout mon Respect, soyez en sur ð??.

    Ovier.Murroy1518 jeudi 26 mars 2020 11:46
  • Bravo pour l'engagement auprès de c'est jeune gens qui ont besoin de vous tous.
    Je te et vous souhaite bon courage.

    Tonton Daniel jeudi 26 mars 2020 20:17
  • Bonsoir Madame l educatrice spécialisée, quelle prétention d affirmer que vous subvenez Í  tous les besoins de personnes fragilisées. Je ne suis qu une petite maitresse de maison qui ne peut s empecher de vous signifier que toute une equipe travaille avec vous, directeur, chefs de services spécialisés bien sur, mais egalement tout un service administratif, agents d entretien, cuisiniers, moniteurs educateurs, chauffeurs, veilleurs de nuit, agents de service non spécialisés. Je n oublierais pas tous les partenaires exterieurs, assistantes sociale, juges professeurs, instituteurs, educateurs, parents, patrons d entreprise , psychologues, psychiatres, medecins,familles d acceuil, et j en passe. Nous sommes tous acteurs engagés dans une même cause, assurer tant que faire se peut le bien être physique, moral, social, scolaire de personnes en difficultés. Peut être est il venu le temps de reconnaitre les compétences de chaque intervenant spécialisé ou non! Nous travaillons tous dans le secteur social avec un seul objectif, accompagner ces personnes dans la dignité qu elles meritent tant! Covidis 19 ou pas rien ne nous arrêtera, ensemble nous serons toujours plus fort.

    Chantal 64 jeudi 26 mars 2020 23:45
  • Magnifique texte et très touchant. Je suis aide-soignante et je n'ai jamais mis en doute que vous n'étiez pas des soignants. Vos champs d'actions sont même encore plus étendus que ceux des infirmier-e-s. J'espère que nous arriverons Í  une reconnaissance réelle de nos métiers, que nos modes de vie changeront, et que les choix politiques évolueront. L'intérêt général est plus important que le financier et le tout rentabilité, nous voyons avec cette crise sanitaire toutes les conséquences sur l'humain.

    Canielle vendredi 27 mars 2020 13:49
  • Bonjour.
    Entre tristesse du rien ne changera et constat de ce moment de vie d'éduc, le sens, reste le principal moteur.
    J'ai apprécié et j'apprécie ce qui est écrit. Beaucoup d'entre nous se reconnaîtrons dans ce texte, dans cette description très vivante du.... mieux Í  tous les étages.... je fais partie des meubles dans ce métier, et j'ai eu la chance d'y arriver après avoir été infirmier.... C'est difficile d'imaginer que rien ne va changer, difficile...
    Í?a ne m'empêchera pas de continuer, ça ne m'empêchera pas de ´´ désobéir ´´ de me sentir citoyen du monde et pas seulement de mon pays. Í?a ne m'empêchera pas de sortir du cadre, mais en gardant en tête, le sens.
    Savoir pourquoi on le fait, être capable juste de mettre des mots.
    L'explicite n'est pas toujours aussi lisible, mais j'aime bien cette phrase de St Ex, si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m'enrichis....
    Tendresse Í  tous.

    Vador vendredi 27 mars 2020 16:34
  • Merci pour ce coup de gueule tonitruant. Cela traduit la pensée de ce qui nous relient les éducateurs spécialisés... Nous sommes condamnés Í  travailler dans l'ombre... Peu de gens peuvent approcher la réalité complexe de notre métier. Sans doute, parce qu'il ne s'explique, pas, il se transmet. C'est un travail militant, héritage de l'idéal de nos pionniers de l'éducation spécialisée. Un éducateur prend des risques, "mouille la chemise" tous les jours, il s'engage. Notre seule boussole doit être l'intérêt du public accompagné. Au diable les injonctions, directives et autres normalisations qui n'oeuvrent qu'Í  appauvrir la pensée. Le secteur doit être repris en main par les professionnels de terrain. Continuons Í  nous battre pour la reconnaissance de notre métier.

    Transparent vendredi 27 mars 2020 18:29
  • Beau témoignage et grosse pensée pour les résidents et intervenants sociaux.

    Oui, le métier d'éducateur s'inscrit dans une approche pluridisciplinaire mais au final, c'est lui qui passe le plus de temps avec les résidents.

    Í?tant en première ligne et ayant un champs d'actions très large et hétérogènes, il serait bien temps de revaloriser ce beau métier de l'ombre.

    Ayant une formation de psy mais de l'expérience en tant qu'educateur spécialisé dans les troubles psychiatriques, je peux dire que c'est un métier où parfois la débrouillardise prévaut par manque de moyens.

    Et en ces temps de crises sanitaires, les recommandations du gouvernement sont difficiles Í  maintenir sans soutiens logistiques.

    C'est le cas de tout les corps de métiers qui aident et soignent la population.

    Courage Í  tous !

    Ksp vendredi 27 mars 2020 18:43
  • Ce texte est tant le reflet de nos réalités quotidiennes.....
    Mais quand serons nous reconnus sans être juste plaints ?
    Mais quand les administrateurs de tous ordres laisseront les moyens nécessaires Í  remettre de l'humain dans les systèmes institutionnels qui périclitent sous les normes et exigences de tous ordres ?
    J'exerce depuis plus de 30 ans auprès de publics en difficulté, jamais jusqu'Í  ce jour je n'ai senti aussi peu de considération et de soutiens de la part de nos managers....
    Les ARS sont de plus en plus pressantes, les moyens humains s'amenuisent....
    Au moment où la crise COVID24 sévit je me retrouve en incapacité d'intervention. Le burn out fait des victimes aussi. Je tache de garder le cap, mais j'ai beaucoup d'amertume envers nos institutions qui ne sont pas toujours bienveillantes avec les personnes qu'il accueille et avec les encadrants....
    Le système hospitalier est Í  plat, le COVID24 sert de révélateur. Le médico-social est sur le même chemin. Il faut lutter afin de ne pas laisser les utilisateurs subir les mêmes violences et contraintes...
    Courage, force, énergie Í  tous

    Roca samedi 28 mars 2020 11:35
  • Bonjour,
    Un commentaire de plus pour dire que ce texte est criant de vérité. J'ai été bénéficiaire par le passé et je trouve que tout ce qui est dit dans ce beau texte est juste et mérite d'avantage de reconnaissance de la part des politiques ainsi qu'une reconnaissance du métier.
    Je suis de tout coeur avec vous.

    Rmy lundi 30 mars 2020 09:37
  • Merci de nous éclairer du travail si important que vous faites, je suis consternée de lire tout ça, et je vais faire suivre pour interpeller les personnes, qui, comme moi, découvre
    Je vous souhaite beaucoup de courage,. ð??ð??ð??ð??

    Delafolie mercredi 1er avril 2020 17:58
  • Du fait des mentalités dans les sociétés dites civilisées, supérieures car moderne, ces sociétés du paraître et j'en passe de prétentions.... bien des combats à mener vis à vis des politiques, des individus se prétendant être des illustres personnages, les munis, parvenus, fortunés.....Combats à mener contre toutes formes de mépris atteignant, non pas seulement le monde du handicap, les personnes qui en sont victime, que cela soit de naissance ou maladie(s) accident(s), quelque soit la nature, le degré du handicap.... voir peut être aussi, handicap(s) provoqué par des sociétés dites "civilisées" et "supérieures", usant et vivant de la culture du mépris des différences, de l'autre différent...., Bref ! beaucoup à développer de tel(s) sujet(s), beaucoup de combats à mener pour changer ces sales mentalités où beaucoup trop oublient être des mortels, des êtres vieillissants, se prenant pour des "divins" que rien ni personne ne peut atteindre.... Une personne en situation de handicap, mais qui ne peut le devenir au fait ?

    chrisrmarie dimanche 24 mai 2020 12:21
  • merci pour ce témoignage plus que réaliste. C'est 100% mon quotidien en tant qu'éducateur en MECS (maison d'enfants à caratère social)

    courage collègue et merci encore

    ldudu70 jeudi 11 juin 2020 13:39

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