Réforme de la vie relationnelle, affective et sexuelle : comment parler d'amour à l'école ?

Réforme de la vie relationnelle, affective et sexuelle: comment parler d'amour à l'école ?

Entre le manque de budget, la difficulté de coordination des acteurs associatifs du secteur de la santé et du bien-être et du corps enseignant, le morcellement des compétences politiques en cette matière et sans oublier les oppositions d’un ordre idéologique autour de l’apprentissage de la sexualité, la généralisation de l‘éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) à l’école est un long chantier. Si sur papier la situation semble s’éclaircir, son application sur le terrain reste encore aléatoire.

- « Garantir un accès égal à l’EVRAS »

- Dans les écoles, l’EVRAS à la carte

Le long chantier de l’EVRAS

La question de l’éducation à la vie affective et sexuelle à l’école est née au début des années 2000. En 2003, la ministre de la Santé en fonction Nicole Maréchal émet la volonté de mettre en place des animations dans le primaire et le secondaire, dispensées par des professionnels de la santé. Son constat est simple : les représentations sexuelles sont partout mais le sexe reste tabou. Avec des conséquences néfastes pour la santé et le bien-être des futurs adultes : repli sur soi, représentations machistes, inégalités hommes-femmes, grossesses non désirées, etc.

En 2009, les trois exécutifs francophones PS-Ecolo-CDH s’engagent à généraliser de manière progressive ce qu’ils nomment l’EVRAS ou EVAS (le R pour relationnel visant surtout à satisfaire les milieux catholiques). Un engagement alors non assorti de mesures concrètes.

Une mission obligatoire

Le 26 juin 2012, un décret inscrit noir sur blanc l’EVRAS comme une mission obligatoire de l’école considérant l’éducation sexuelle comme un droit. Les associations saluent alors « une avancée majeure ». Il faut dire qu’un an auparavant, les ministres Laanan et Simonet jugeaient encore que les enseignants manquaient de temps ou que les parents étaient réticents, pour justifier la lente mise en place de l’EVRAS.

Vers la généralisation ?

Plus récemment, en juin 2013 un protocole d’accord relatif à la généralisation de l’EVRAS en milieu scolaire est proposé par la Ministre Fadila Laanan et adopté par les trois gouvernements Fédération Wallonie Bruxelles, Région wallonne et COCOF (Commission communautaire française de la région de Bruxelles-capitale). Ce référentiel commun donne une définition de l’EVRAS, ses objectifs, ses thématiques, dans le respect de l’autonomie pédagogique et philosophique de l’ensemble des acteurs. Il vise également à faciliter les partenariats entre les établissements scolaires et les secteurs concernés (centre de planning familial, centres locaux de promotion à la santé, PMS) à travers une offre de formations à destination des acteurs scolaires et la mise en place de points d’appui. Cette mesure a été assortie de moyens budgétaires. Reste maintenant à la généraliser sur le terrain...

Outils :

- Le Centre liégeois de Promotion de la Santé, dans sa Plate-forme liégeoise de promotion de la santé affective, relationnelle et sexuelle et en collaboration avec les quatre fédérations de centres de planning familial a réalisé une brochure à destination des écoles.

- La Fédration des centre de Planning Familial des Femmes Prévoyants socialistes à la lancé en 2O13 la campagne « Amour, sexualité, je m’informe »

- Renard K.,Piette D., Senterre C.,Vandenbussche P. Etat des Lieux des activités d’éducation à la vie affective et sexuelle en milieu scolaire en Communauté française de Belgique,Promes-ULB,2003

Quelques données

- En 2003, 20 % des jeunes parmi les élèves de deuxième, troisième et quatrième secondaire, n’ont jamais eu d’activité d’éducation à la vie affective et sexuelle au cours de leur parcours scolaire.

- Les élèves de l’enseignement professionnel, technique et artistique bénéficient de moins d’éducation à la vie sexuelle et affective que ceux de l’enseignement général. Il existe également des différences des différences de fréquence et de contenu de ces animations, en fonction des établissements scolaires.

Manon Legrand

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Commentaires - 1 message
  • Je ne sais quelles sont vos sources pour pouvoir affirmer que l'éducation affective et sexuelle dans les écoles est arrivée au centre des débats dans les années 2000.
    Je tiens à vous signaler que j'ai commencé ma carrière en planning familial en 1980 et qu'à cette époque, déjà, la prévention était une des missions principales des plannings familiaux par le biais d'animations dans les écoles et ce dès la 6ème primaire et surtout dans le secondaire tant général, technique que professionnel. Ces activités étaient subsidiées par le ministère de la culture et de l'éducation nationale. C'est en 1995, grâce à notre ministre des affaires sociales, Charles Picqué, que le secteur des plannings familiaux s'est professionnalisé.
    Je vous encourage vivement à enrichir votre article des rapports d'activité de l'époque , des plannings familiaux.
    Bien à vous

    Cdcb mardi 4 février 2014 13:18

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