Coronavirus : l'inquiétude des travailleurs de Fedasil

Coronavirus: l'inquiétude des travailleurs de Fedasil

Le Petit Château, comme est surnommé le centre d’arrivée de migrants à Bruxelles, a rouvert ses portes le 7 Avril dernier. La décision a été poussée par le cabinet De Block et l’Office des étrangers. Néanmoins, aucune analyse de risque n’a été menée au préalable, ce qui est pourtant une obligation légale.

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Depuis maintenant un mois, la crise sanitaire fait rage. Et depuis une semaine, les employés du centre d’arrivée pour migrants basé à Bruxelles ont repris le chemin du travail. Le personnel est pourtant confronté à une situation complexe. Les instructions du siège central de Fedasil sont parfois contradictoires, et dans certaines structures non-applicables.

C’est l’une des raisons pour lesquelles la CGSP a pris la parole il y a une semaine, par voie de communiqué. « Les personnes placées en isolement circulent librement dans les structures d’accueil et elles se mélangent entre elles. Le personnel est d’autant plus préoccupé qu’il n’a pas ou trop peu d’équipements de protection. Mais la goutte d’eau est la réouverture prévue ce mardi 7 avril du centre d’arrivée, sans aucune analyse de risques préalable de la médecine du travail. »

Une semaine plus tard, le travail a bel et bien repris, et l’analyse de risques se fait toujours attendre. C’est ce que dévoile Didier Van der Borght, mandataire permanent pour la CGSP : « Le véritable problème, c’est qu’il n’y a pas eu d’analyse de risques, préalablement à la réouverture. C’est pourtant une obligation légale ! Heureusement, cette analyse de risques va avoir lieu. Nous ne savons pas quand, mais si c’est dans six semaines par exemple, cela ne servira à rien. »

« Trois centres supplémentaires vont ouvrir »

Alors que le syndicat exhortait Fedasil à « répondre aux préoccupations des travailleurs » il y a une semaine, le contexte de travail pour le personnel reste difficile. En effet, les travailleurs continuent de craindre pour leur santé et celle de leurs familles. Car si la situation est amplifiée par la crise sanitaire, le système d’accueil des migrants n’est pas au mieux depuis plus longtemps. Alors, il faut rendre les conditions de travail vivables.

Des dispositions ont donc été prises, au centre d’arrivée de Bruxelles. Comme le confie Didier Van der Borght : « Il faut s’inscrire en ligne et obtenir un rendez-vous pour entrer dans la structure. Le personnel reçoit 10 à 15 personnes par jour, sur rendez-vous. Notre inquiétude, c’est que l’on cherche à augmenter ces chiffres. Evidemment, nous offrons de l’aide sociale et prenons les précautions nécessaires durant ces rendez-vous, mais le centre d’arrivée refuse tous ceux qui se présentent sans rendez-vous. »

Le syndicaliste renchérit : « On sait également que certains centres d’accueil sont un peu débordés. Trois centres d’accueil supplémentaires vont ouvrir. Même si nous n’avons pas encore toutes les informations, nous pouvons supposer que c’est pour désengorger les centres. » En effet, dans plusieurs centres, la capacité d’accueil est quelque peu dépassée par le nombre de migrants effectivement accueillis. Chose d’autant plus dommageable durant cette période de confinement.

C.D.



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