Le placement en maison de repos après une hospitalisation

Le placement en maison de repos après une hospitalisation

Les durées d’hospitalisation sont de plus en plus courtes. Une personne de 85 ans a souvent besoin de passer par une maison de repos avant de pouvoir rentrer à son domicile. Le service social n’a parfois que 24h pour trouver une solution.

Les services sociaux des hôpitaux vivent une grande pression quant aux délais de sortie des patients. Dans certains cas, ils n’ont que 24h pour trouver une solution qui doit répondre aux attentes des patients, des familles et aux contraintes hospitalières. De plus, le manque de place et le coût d’une maison de repos ne sont pas des facilitateurs. Quels sont les freins que l’on rencontre et comment trouver un compromis ?

Le choix du placement en maison de repos

Durant mes 12 années de carrière au sein d’un service social en milieu hospitalier, j’ai rencontré bon nombre de patients qui suite à une hospitalisation, ont dû être placés en maison de repos. J’ai notamment dû intervenir pour une dame de 85 ans qui, suite à sa chute, a eu une fracture du tibia. Cette fracture a nécessité une opération et la durée d’hospitalisation prévue par l’INAMI est de 24h. Ce laps de temps est le même, que notre patient ait 25 ans ou 85 ans. Sauf que, pour une personne âgée, le retour à domicile est quasi impossible en si peu de temps car elle vit souvent seule et ses enfants travaillent. En ce qui concerne cette patiente de 85 ans, elle ne peut pas poser son pied à terre et doit donc marcher avec des béquilles. Pour la plupart des personnes de cet âge, marcher sur un pied est compliqué. Le séjour en revalidation n’est pas possible car les centres ont comme critère que l’appui doit être autorisé. Le placement en maison de repos s’impose.

Quelle est la situation, en Belgique ?

En Belgique, le secteur est problématique. Tout d’abord, le manque de place se ressent et les nouvelles places qui sont créées sont impayables. Il faudrait beaucoup plus de place en court séjour afin de répondre aux demandes des hôpitaux. Le texte d’ordonnance que propose la Commission Santé en transformant des lits « Maisons de repos et de soins » en place « court séjour » est un bon début et devrait aussi se faire dans le Brabant wallon. Enfin, l’INAMI ne semble pas faire la différence dans les âges des patients. Pourtant, organiser la sortie pour quelqu’un qui a 25 ans est beaucoup plus facile que celle d’une personne de 85 ans. Les pressions sur les services sociaux ne vont pas s’arranger car avec les nouvelles technologies médicales, les séjours hospitaliers sont de plus en plus courts. Il serait temps que l’INAMI tienne compte de l’âge des patients dans ces critères de délais de sortie afin de diminuer les pressions et rendre l’hôpital plus humain.

Le court séjour, l’ennemi des MRS ?

Quand le patient et sa famille acceptent la maison de repos, c’est souvent en court séjour. Parce que toutes les maisons de repos n’ont pas d’agrément pour des courts séjours, le choix de l’endroit est restreint. Je dois parfois mentir à la maison de repos et faire croire qu’il s’agit d’une demande pour un long séjour afin d’obtenir la place. En effet, le placement en maison de repos se signe comme un bail avec un délai de préavis allant de 15 jours à 1 mois pour pouvoir quitter les lieus. Je dois également demander à la famille et au patient de ne pas signaler qu’il ne s’agit que d’un court séjour.

Le coût journalier

Le deuxième critère de choix est le prix journalier. Le coût d’une chambre s’élève de 30€ à plus de 100€/jour et c’est un frein. Ce tarif est souvent à charge du patient car peu de mutuelles prennent en charge une partie de ces frais. Je dois parfois prendre contact avec plus de 30 maisons de repos, afin de pouvoir proposer au patient au moins deux choix. Les mutuelles semblent ne pas vouloir intervenir car elles considèrent la maison de repos comme un lieu de vie et non comme une institution de soins. De plus, les mutuelles qui prennent en charge une partie des frais, le font avec une limite dans le temps et/ou de coût. Ces interventions sont intéressantes, mais n’aident pas complètement le patient. Il serait intéressant que nos pouvoirs publics se penchent sur la question et considèrent que la maison de repos en court séjour après une hospitalisation est une institution de soins et pas seulement un lieu de vie.

La proximité

Le troisième critère est la proximité du domicile du patient et/ou de sa famille. Dans le Brabant wallon, faire coïncider un montant journalier de moins de 40€ avec une proximité du domicile est quasi impossible. Je dois souvent expliquer aux familles que, pour répondre à leur critère de coût, il va falloir chercher plus loin.

Et le patient ...

Malgré le peu de temps que le service social a pour organiser la sortie, le patient doit rester au centre de nos préoccupations. Le placement en maison de repos, même pour un court séjour, est très difficile à accepter et fait peur car il peut devenir définitif. Pour lui, ne plus revenir dans sa maison est inconcevable. Il est important d’écouter la personne, de la rassurer, de lui rappeler les différentes étapes ; à savoir qu’après le séjour en maison de repos, il y a la revalidation et qu’ensuite le retour à domicile est envisageable.

En conclusion

Quand je sais d’avance que le délai de sortie va être très court, j’essaye toujours de voir le patient avant son opération afin d’anticiper l’aide que je peux lui apporter. Je négocie, tant avec la famille, qu’avec le service hospitalier, pour respecter au maximum le délai de sortie et les critères de choix portés sur la maison de repos. Le patient reste au centre de mes préoccupations et de mes démarches car c’est lui qui subit le plus la situation.

CD, assistante sociale

[A Lire]
- Distribution de la pilule du lendemain au sein du planning familial.



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