Psy en vacances, l’éternel frottement

Psy en vacances, l'éternel frottement

Psychologue : voilà une profession embarrassante lorsqu’il s’agit de profiter d’une coupure pourtant bien nécessaire. Avec les fêtes qui approchent, bon nombre d’entre nous songent à s’offrir quelques jours en famille pour en profiter. Mais quid de nos patients ?

On peut bien sûr trouver mille façons de contourner le problème et, par exemple, ne prendre ses vacances que « par petits bouts ». Mais alors nous ne profiterons pas vraiment d’une réelle coupure permettant de « recharger nos batteries ». En revanche, bien anticiper nos absences et les annoncer clairement à nos patients permettront d’inscrire cet événement dans un espace où elles pourront être discutées, voire travaillées.

Chaque suivi est particulier

Evidemment, un patient n’est pas l’autre. De même, le moment de la thérapie aura toute son importance : où en sommes-nous dans la rencontre ? Et le patient, avec quels événements de vie est-il aux prises pour le moment ? Selon les cas, la gestion de l’annonce de nos absences, ainsi que celle de la reprise des séances après la coupure, demanderont une attention particulière de la part du psychologue.

Un moment délicat pour certains

Des séances qui s’interrompent, c’est un possible repère en moins, une solitude qui peut être accrue, une fragilité qui peut se renforcer et « résonner » par rapport à la séparation, voire à l’abandon. On le voit, on le sait, pour certains patients, la séparation est délicate… Nous verrons alors au cas par cas ce qui est possible en cas de difficulté majeure : renvoi vers le médecin traitant ou vers un collègue, possibilité de courriel, texto,… Tout peut s’envisager selon le contexte.

Absence longue durée

Bien sûr, les vacances ne sont pas le seul motif d’une éventuelle suspension du suivi. Maladie, accident ou maternité signifient également l’arrêt temporaire des rencontres. Parfois, la réaction peut même se teinter d’agressivité : « Mais c’est la deuxième psy qui me fait le coup ! ». Il n’en reste pas moins que le contexte sera toujours différent parce qu’indépendant de la volonté du praticien. Ici le psychologue fait défaut parce qu’il ne peut pas faire autrement (il doit se soigner, mettre un enfant au monde,…). Alors que les vacances, c’est un choix délibéré.

La réaction du patient

L’anticipation de l’absence est souvent peu verbalisée. On constate néanmoins que certains patients se garderont d’aborder des sujets qui sollicitent émotionnellement à l’approche de la coupure. D’autres en revanche choisiront de livrer une information particulièrement importante juste à la fin de la séance précédant l’interruption. Enfin, au retour de congé, il n’est pas rare que de petites phrases indiquent le poids de l’absence pour le patient : « et puisque vous n’étiez pas là… ».

Une expérience qui peut être profitable

Il n’en reste pas moins que le besoin de repos est incontournable. Et qu’il peut en outre être un bon laboratoire d’essai quant à la séparation. Aucune thérapie n’est conçue pour durer indéfiniment et le psychologue doit garder en ligne de mire que l’autonomie est bien ce qui est visé à plus ou moins long terme. Attention à la toute-puissance ! De toute façon, tout élément peut servir le travail thérapeutique, en ce compris les turbulences causées par l’absence momentanée du thérapeute.

D. Bertrand, psychologue



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