ACS, préavis en 7 jours… violence aux patients et aux collègues !

ACS, préavis en 7 jours... violence aux patients et aux collègues !

Le statut d’ACS (agent contractuel subventionné) permet de quitter un emploi en 7 jours. Si cette modalité permet à l’employé d’être rapidement disponible sur le marché du travail, elle est par contre une mesure très rude tant pour les patients que pour les collègues.

Nombre d’entre nous travaillent pendant plusieurs années dans un même service avant de décider d’explorer de nouveaux horizons. En donnant notre démission, nous nous engageons aussi à respecter les conditions de notre contrat de travail et à prester un préavis qui varie alors souvent entre 1 à 3 mois. Seuls les employés engagés sous un statut d’ACS se trouvent libres de leur engagement en 7 jours. Si cela constitue un plus pour celui qui cherche un nouvel emploi, les patients et les collègues payent parfois l’addition.

Des facilités pour un emploi

Pour ceux qui ont expérimenté la recherche d’emploi dans le monde psycho-social, nous savons combien les employeurs sont souvent en demande d’une entrée en fonction la plus rapide possible. Cette attente est bien entendu souvent en totale contradiction avec les exigences de l’employeur précédent, qui lui, souhaiterait que l’employé qui quitte son service preste la plus grosse partie de son préavis. Dans ce cas de figure, les ACS sont des privilégiés à l’embauche. Ils ont effectivement la possibilité de quitter leur fonction en 7 jours.

Ce sont les collègues et patients qui trinquent

Si ce préavis de 7 jours est un plus pour l’employé, les patients et les collègues peuvent vivre cela d’une tout autre manière. Il est bien entendu impossible de clôturer un travail de soutien ou thérapeutique en 7 jours. Ce délai ne laisse pas non plus le temps de mettre des relais en place pour les patients. Quant aux dossiers en cours ( bilan psychologique, expertise, procédure d’admission.. ) laissés par le collègue, il va falloir tenter de reprendre au mieux des tâches initiées par autrui. Ceux qui restent se retrouvent alors bien souvent noyés sous le travail, dans l’attente que le remplaçant vienne prendre sa place.

Un juste milieu entre 7 jours et 3 mois

Si le délai de 7 jours apparaît comme bien trop court pour faire un relais acceptable pour les patients et les collègues, il va aussi de soi que devoir prester un préavis de 3 mois ne permet que peu de mobilité professionnelle. C’est donc entre ces deux extrêmes que se trouve le temps thérapeutique nécessaire pour permettre à nos patients de nous dire au revoir. Cet entre-deux permet également de clôturer correctement nos dossiers et de passer la main à nos collègues.

ACS, qu’est ce que c’est ?

Etre ACS signifie être un agent contractuel subventioné. Il s’agit de permettre à un employeur d’engager à moindre coût un employé. Une partie du salaire de l’employé ACS est subventionné par Actiris. Peuvent prétendre à ce statut des personnes répondant à certains critères spécifiques. Parmi les critères, nous retrouvons notamment le fait d’être domicilié à Bruxelles, d’être inscrit comme demandeur d’emploi depuis au moins 6 mois ou d’être âgé de plus de 40 ans sans emploi. Hormis ces conditions à l’embauche, les conditions de préavis sont également distinctes de celles de l’employé lambda. Le statut d’ACS permet effectivement de quitter son emploi en 7 jours.

V.B, psychologue clinicienne

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Commentaires - 1 message
  • L'auteur me semble mettre un peu trop la responsabilité sur le travailleur en culpabilisant celui qui part en utilisant les patients, et sans remettre en cause le plan d'embauche dans sa globalité.

    Le statut ACS est une violence en soi.
    Dans le service public, c'est un sous-statut discriminant par rapport aux fonctionnaires, car à travail égal les avantages ne sont pas les mêmes.
    Dans les ASBL, l'emploi ACS est conditionné aux subventions dont la pérennité est de plus en plus remise en cause.
    Sans parler du montant des rémunérations du non marchand par rapport au privé "commercial".
    C'est un statut précaire, et le préavis plus court contre-balance ça.

    Ca aurait été intéressant d'évoquer l'ensemble du problème, plutôt que de se focaliser uniquement sur le préavis.

    Laurentduv mercredi 18 octobre 2017 09:51

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