Le CPAS : généraliste ou spécialiste ?

Le CPAS : généraliste ou spécialiste ?

Depuis de nombreuses années, les missions du CPAS s’étendent. Inévitablement, le mandat du travailleur social évolue.et les tâches confiées se diversifient : Médiation de dettes, insertion sociale, énergie… Cette modification entraine toujours plus d’exigences pour le travailleur social envers l’institution et ses bénéficiaires.

Comme chacun sait, en CPAS, la place de l’AS, est en première ligne pour y d’accueillir et accompagner le tout-venant. Cependant, au fil du temps, les problématiques sociales se complexifient et les missions confiées au travailleur social augmentent. Dans ce cadre, l’institution se diversifie pour mieux accompagner l’usager. Face à une spécialisation toujours plus constante, le travailleur social du CPAS se doit à la fois d’être généraliste, mais aussi pointu dans son expertise et son intervention. Pour le praticien du social, les conséquences sont d’abord une adaptation face au nouveau visage de son institution, mais surtout une nécessité de collaboration et de coordination avec ses pairs.

Qui est le travailleur social généraliste ?

Mais qui est l’assistant social de première ligne ? Défini comme un « généraliste » ce travailleur social est chargé de la prise en charge globale de la situation de la personne. Ses connaissances sont larges et touchent à différents domaines. Un de ses rôles est de passer le relais aux spécialistes ; il a donc une excellente maîtrise de son réseau. Pour exemple, entre la demande de RI, le bon de chauffage ou la "madame" sans abri, sa permanence est riche et diversifiée. Mais son temps est limité : le travailleur social a ainsi 30 jours pour analyser diagnostiquer et formuler une proposition pour une demande d’aide sociale.et 24 heures en cas d’urgence. Difficile dans ce cadre de prendre le recul nécessaire à certaines situations.

Et le spécialiste ?

Suite à la multitude de législations à maîtriser, à la diversité du public rencontré, à la diversification des missions à prendre en charge, le travailleur social est contraint de se spécialiser. L’assistant social de deuxième ligne a ainsi une compétence pointue, mais limitée à un domaine particulier. Considéré comme un expert, l’exigence est d’accompagner la personne dans un aspect particulier de sa problématique. Ainsi, le médiateur de dettes aura comme rôle de rétablir la situation financière du débiteur, analyser les contrats de crédits, négocier avec les créanciers, faire rapport au tribunal compétent… Mais travaillant en CPAS, il devra aussi garder une certaine approche globale la personne.

Conformément à la réalité de terrain, généraliste ou spécialisé, le travail social en CPAS est spécifique aux tâches qui lui sont confiées. Cependant, il importe que certains travailleurs sociaux gardent une vue globale sur une situation sociale et que d’autres aient la capacité d’intervenir de manière ciblée. Les deux profils sont donc complémentaires et importants pour assurer leur intervention auprès des usagers.

Et le secret professionnel dans tout ça ?

Une problématique récurrente est la place du secret professionnel pour le travailleur social au vu de cette évolution dans la pratique sociale. En tant que travailleur social en CPAS, le secret professionnel doit-il être partagé de manière systématique entre les différents services ou laissé à l’appréciation de chacun ? Il n’existe pas actuellement de ligne de conduite bien définie. Certains n’estiment pas indispensable de savoir si l’usager en réinsertion est suivi également par le service Energie alors que d’autres défendent l’idée d’une vue globale de la situation pour en cerner chaque aspect. De plus, face à cette prise de position et souhaitant connaître la situation problématique sous tous ses aspects, l’institution exigera souvent un partage complet du dossier.

La triangulation en travail social.

Encore une fois, l’assistant social, qu’il soit généraliste ou spécialisé, devra trianguler entre sa mission, l’usager et son institution. Place pour le moins peu claire, peu reconnue et peu soutenue. Dans ce cadre, la pratique de son travail peut alors s’avérer parfois bien inconfortable. En effet, quelle est la position à adopter face à son Conseil de l’Action Sociale lorsqu’il est demandé au médiateur de faire passer le remboursement d’une caution locative en priorité ? Que faire pour l’usager lorsque l’on sait que ce "passe-droit" permettra l’octroi de ladite aide ? Si d’un point de vue déontologique, la réponse peut paraître évidente, dans la pratique l’assistant social reste dans une position bien inconfortable.

Pour que l’assistant social sache dans quelle pièce il joue

Ainsi, la multitude des missions confiées à l’assistant social impliquent chez chacun une collaboration et une coordination dans le respect de la déontologie du travail social, mais aussi de l’usager et des tâches confiées par l’institution. Pour ce faire, un temps doit être dégagé pour réfléchir à comment et pourquoi on travaille ensemble. Malheureusement, ce temps n’est pas toujours là, au regard des nouvelles missions attribuées au CPAS trop souvent à la va-vite et sans moyens supplémentaires adéquats.

I.I. assistante sociale

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