"Le prix du carburant explosent, les aides familiales angoissent !"
En Wallonie, la hausse des prix du carburant ravive les inquiétudes dans le secteur de l’aide à domicile. Contraints d’utiliser leur véhicule personnel, les travailleurs dénoncent des indemnités insuffisantes face aux coûts réels. Les syndicats appellent à des mesures urgentes, faute de quoi des actions pourraient être envisagées.
« VOTRE mission, à supposer que vous l’acceptiez, consiste à réaliser quotidiennement votre travail social avec votre bagnole personnelle, qui vous coûte un pont, de domicile à domicile, en véhiculant les personnes en perte d’autonomie, les jeunes en difficulté, en visitant leurs familles, en accompagnant au plus près les stagiaires, en soutenant les familles des personnes handicapée, etc., etc., etc. Comme toujours, si vous ou l’un de vos collègues ne tenait pas le coup, le gouvernement nierait avoir eu connaissance de vos problèmes. Votre véhicule s’autodétruira dans cinq secondes. Bonne chance. ».
En 2022, le front commun syndical Non Marchand wallon menait son action « MISSION IMPOSSIBLE », lorsque les prix du carburant avaient grimpé de manière vertigineuse. Des mesures avaient été prises par les gouvernements précédents : aide à la mobilité, indexation trimestrielle des indemnités de frais de mission.
Aides familiales, aides ménagères, gardes à domicile… une grande partie des prestataires qui vont aider les personnes à leur domicile utilisent leur propre véhicule pour mener leur mission. « Les indemnités ne suffisent pas à couvrir le coût supporté par ces prestataires de l’aide », alertent les syndicats. « De plus, des prestataires de l’aide ne reçoivent pas ces indemnités dans leur entièreté, dès le départ de leur domicile, jusqu’au retour à leur domicile. »
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Les prestataires de l’aide à domicile, contraints d’avancer les frais de carburant
Dans un contexte de crises successives, la hausse continue des prix des carburants pèse sur le secteur. Le diesel a atteint un niveau record à la pompe ce mardi 31 mars, accentuant les difficultés économiques rencontrées par les travailleuses concernées. Une situation qui génère une pression quotidienne pour les prestataires de l’aide à domicile, contraints d’avancer les frais de carburant avant remboursement. Elle les confronte à des arbitrages difficiles entre contraintes financières personnelles et continuité de l’accompagnement auprès des bénéficiaires.
« Les travailleurs ne sont pas les seuls en difficultés. Des bénéficiaires des services d’aide à domicile sont également en grande précarité. Les services d’aide à domicile en Région wallonne ne sont pas subventionnés à 100% pour rembourser ces indemnités de frais de mission », poursuit le front commun, avant d’alerter : « Ils risquent d’aggraver leurs difficultés financières en compensant, avec des conséquences sur la pérennité de l’emploi au sein de leurs services. Ni les bénéficiaires, ni les services, ni les travailleuses ne sont en capacité d’absorber ce nouveau surcoût économique ! »
« L’urgence est absolue pour éviter aux prestataires de tomber dans la précarité »
Employeurs et organisations syndicales ont signé un protocole mobilité visant à évaluer et à financer l’ensemble des frais de mission pour les travailleurs et les services. Selon les acteurs du secteur, aucune réponse n’a été apportée à ce stade par le cabinet du ministre Coppieters. De son côté, le ministre évoque une réflexion en cours autour d’un nouveau modèle de financement, la garantie autonomie.
« D’une part, les organisations syndicales ne sont pas concertées à ce stade, alors que ce nouveau modèle aura des incidences sur les conditions de travail des prestataires de l’aide », notent les syndicats. « D’autre part, nous savons que la mise en œuvre de ce nouveau modèle de financement pourrait prendre des années. L’urgence est absolue pour éviter à des prestataires d’un secteur essentiellement féminin, de tomber dans la précarité et à des citoyens de perdre le soutien dont ils ont impérativement besoin. »
Le front commun syndical appelle à des solutions rapides, en concertation avec les interlocuteurs sociaux, pour soutenir les professionnels et les services d’aide à domicile. À défaut d’avancées, des actions syndicales pourraient être envisagées.
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