Aide à la jeunesse : les services résidentiels d’urgence à la traîne

Aide à la jeunesse: les services résidentiels d'urgence à la traîne

Les services résidentiels d’urgence (SRU) peinent à faire sortir les jeunes de l’urgence. Cette problématique, exacerbée par la crise sanitaire, a fait l’objet d’une discussion parmi les politiciens.

Les services résidentiels d’urgence n’arrivent plus à envoyer les jeunes en service résidentiel général (SRG), avec comme conséquence le prolongement des mandats des SRU, parfois jusqu’à 100 jours, ou encore le déplacement d’enfants entre différents SRU. Cette situation préoccupante a été analysée lors de la séance plénière du Parlement de la communauté française le 06 octobre 2020.

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A contexte particulier, mesures particulières

Le délai du transfert des enfants des SRU en SRG s’est fortement allongé depuis la crise sanitaire pour plusieurs raisons. Le député M. Mourad Sahli (PS) a relevé notamment la question “du télétravail et du manque de suivi, voire d’investissements, dans les situations de la part des déléguées des services d’aide à la jeunesse (SAJ) et services de protection judiciaire (SPJ).” La ministre de l’Aide à la jeunesse, Valérie Glatigny, a tenu à s’exprimer sur les causes du télétravail et à rassurer M. Sahli par rapport à l’accompagnement des jeunes. Selon elle, à cause de la pandémie depuis la mi-mars, les SAJ et les SPJ ont dû prendre en charge des jeunes dans un contexte particulier. Afin de respecter les consignes sanitaires, ils ont été amenés à opter pour le télétravail et à communiquer avec les familles par visioconférence. Ainsi, bien qu’avec des moyens différents, les conseillers et directeurs ont continué à faire de leur mieux pour poursuivre leurs missions auprès des jeunes.

Qu’en est-il des capacités réservées ?

M. Sahli a aussi pointé du doigt une éventuelle mauvaise gestion des capacités réservées de la part des autorités mandantes et une communication lente entre les conseillers d’aide à la jeunesse et les directeurs de la protection de la jeunesse qui laisseraient des places libres vides. Ce à quoi la ministre de l’Aide à la jeunesse a répondu que le système de capacité réservée, qui soutient les conseillers et directeurs dans leurs démarches, doit encore subir des améliorations. Ainsi, “ce système fait l’objet d’une amélioration continue par le biais d’un comité d’accompagnement composé de représentants de l’administration, des autorités mandantes et des services agréés de l’aide à la jeunesse”, a déclaré la ministre.

Et les rendez-vous des parents avec les directeurs et conseillers ?

Enfin, M. Mourad Sahli (PS) a évoqué la problématique des rendez-vous des parents avec les conseillers des SAJ et des directeurs des SPJ. Ces entretiens sont essentiels pour sortir le jeune de l’urgence et lui trouver un accompagnement adapté. Il semblerait que certaines autorités mandantes n’en fixaient plus mais il y a du changement de ce côté-là. Selon Mme Glatigny, “depuis le mois de juin 2020, les conseillers de l’aide à la jeunesse et les directeurs de la protection de la jeunesse organisent à nouveau leurs rencontres avec les jeunes et leurs familles en présentiel, à l’exception des situations pour lesquelles les conditions sanitaires ne les y autorisent pas. Si le local d’entretien apparaît trop exigu et ne peut dès lors accueillir qu’un nombre limité de personnes ou si un intervenant est placé en quarantaine, le principe du télétravail demeure. La rencontre se déroule alors totalement ou partiellement en visioconférence pour l’ensemble ou une partie des intervenants. Ces conditions de travail particulières peuvent engendrer un certain retard dans la mise en œuvre de mesures concernant le jeune.”

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Le prolongement du mandat, une solution provisoire

En conclusion, Mme Glatigny a insisté sur le fait que les SAJ et les SPJ mettaient tout en œuvre pour réduire les délais de transfert. En attendant, le prolongement du mandat des SRU demeure une solution provisoire. “Afin d’éviter au maximum les errances des enfants entre différents SRU, les services mandants peuvent, après examen de la situation individuelle de chaque jeune, décider de proposer la prolongation exceptionnelle du mandat du SRU afin de préserver l’enfant d’un changement de lieu de vie, et ce, dans l’attente d’une solution adaptée à la situation de l’enfant concerné par la mesure d’hébergement temporaire. Il s’agit d’un moindre mal visant à éviter le déracinement de l’enfant”, a expliqué Mme Valérie Glatigny.



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