Aide à la jeunesse : quelques pistes pour garder la cohésion d’équipe

16/12/20
Aide à la jeunesse : quelques pistes pour garder la cohésion d'équipe

Dans le secteur de l’aide à la jeunesse, la cohésion d’équipe parmi les travailleurs constitue un élément primordial dans le soutien aux familles et aux jeunes. Voici quelques conseils pour rester soudé entre collègues en ces temps de pandémie.

Pour de nombreux professionnels de l’aide à la jeunesse, garder le moral devient de plus en plus difficile à l’heure actuelle, surtout quand le lien social est à la base de leur métier. Dans le cadre d’une interview pour Yapaka, Muriel Meynckens-Fourez, pédopsychiatre, a suggéré quelques pistes pour maintenir la solidarité au sein de l’équipe.

Se créer de nouveaux rituels

Selon la pédopsychiatre, il est fondamental de maintenir des rituels en groupe, notamment les réunions, afin de garder la cohésion d’équipe. Perdre ce rituel est “dommageable” car finalement, c’est “une sorte de soupape”, remarque-t-elle dans une vidéo de Yapaka.

Dans ce contexte de distance sociale, la spécialiste propose de créer des moments de détente ensemble au moyen d’une chanson, de la danse, d’un partage des poèmes, qui ne doivent pas forcément avoir un rapport avec le travail. La question “Quoi de neuf ?” posée en début de réunion permet aussi de déposer un sentiment négatif ou positif qu’un membre de l’équipe aurait envie de partager sans qu’il y ait la pression de trouver une solution immédiate à son problème. Enfin, le travail en petit groupe favorise la réflexion collective.

Prendre appui sur un cadre stable grâce aux directives

Muriel Meynckens-Fourez attire l’attention sur l’importance du cadre de travail qui a énormément évolué pour les professionnels. Elle constate que face à l’incertitude constante, la prise de décision offrait un retour vers un cadre temporairement stable, ce qui provoquait un soulagement tant du côté de la direction que chez les travailleurs. Grâce aux directives, les équipes pouvaient à nouveau s’appuyer sur un cadre défini et aller dans le même sens. Selon la spécialiste dans la vidéo, “ça faisait pause. Dans tout ce chaos, on pouvait faire stop.”

Revoir le niveau d’exigence

La crise sanitaire a imposé une nouvelle manière d’accompagner les bénéficiaires. En raison de la surcharge de travail et des changements de cadre, certains professionnels ressentent une baisse de qualité au niveau de leur tâches. L’experte explique qu’il faut accepter que le travail ne soit pas aussi “bien” réalisé que d’ordinaire. Autrement dit, il faut revoir son niveau d’exigence. Toutefois, cela ne signifie pas que tout est permis et qu’on peut se laisser complètement aller, poursuit-elle.

Dans le contexte actuel, il est essentiel de reconnaitre qu’on réalise du bon travail “même si c’est par téléphone, même si c’est en présence de moins de personnes, même si on ne pourra pas faire autant d’entretiens.” Finalement, revoir son niveau d’exigence, “c’est penser les choses autrement, c’est accepter que certaines choses ne puissent pas être faites aussi bien ou ne pourront pas se faire et c’est l’énoncer sans culpabilité.”

Poursuivre et garder en mémoire les initiatives

Muriel Meynckens-Fourez observe qu’au début de la crise sanitaire, il y a eu un élan de solidarité et de créativité pour maintenir les services auprès des usagers. Cependant, au fur et à mesure que les mois passent, la lassitude et la tristesse ont gagné les équipes. Afin de soutenir la vitalité de celles-ci, la pédopsychiatre encourage chaque travailleur à garder une trace écrite de leurs initiatives, de les partager et de les concrétiser car cela “fait arrêt sur quelque chose qui peut nous enthousiasmer parce qu’on le fait ensemble et parce qu’on retrouve le sens de notre travail.”

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