Journée internationale des infirmières : "Reconnaître la pénibilité du métier !"

Journée internationale des infirmières:

Ce 12 mai, c’est la journée internationale des infirmières. L’occasion de célébrer cette profession fondamentale mais également d’exprimer les besoins et les attentes de ce secteur. Le syndicat Union4U a lancé un manifeste pour mettre en lumière le besoin urgent d’évolution du secteur et diffuse dans la foulée une pétition qui a déjà récolté plus de 10.600 signatures.

Le manifeste pour l’attractivité des praticiens de l’art infirmier à l’horizon 2030 a pour but de mettre en avant auprès des autorités la réalité du terrain telle qu’elle est vécue par le secteur infirmier. Reconnaissance de la profession, valorisation de l’expertise et des compétences des professionnels, bien-être des travailleurs... Ces thèmes sont repris tout au long du texte. Une refonte du modèle politique, économique et social du système de santé est ainsi évoquée, « pour que la santé ne soit plus considérée comme un coût mais comme un investissement pour un mieux-être sociétal et un bien-être personnel », peut-on lire dans le document qui sera remis ce 12 mai par Union4U au Premier ministre.

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Un travail pénible qui doit être reconnu comme tel...

Les conditions actuelles de l’exercice de la profession d’infirmier ne cessent de se dégrader. Avec la pandémie, la charge de travail s’accentue et la sécurité au travail n’est plus assurée. Emotionnellement, les professionnels du secteur sont soumis à rude épreuve. Pourtant, ces difficultés croissantes ne sont pas compensées par une revalorisation des rémunérations.

Le syndicat développe plusieurs pistes pour retrouver ce bien-être collectif au sein des structures de soins : une transformation des journées de travail en fonction du service concerné, une adaptation des horaires en concertation avec la hiérarchie et les collègues de travail en fonction des contraintes professionnelles et personnelles et un ajustement des effectifs au profil des patients.

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Une réforme structurelle

Le syndicat plaide aussi pour une reconnaissance légale de la consultation et de la prescription infirmière. La mise en place d’une réglementation adaptée et de structures de formation est préconisée, ainsi que la modification de la nomenclature infirmière INAMI en fonction des nouvelles compétences acquises par les professionnels (tarification, financement de la consultation infirmière, promotion de l’éducation thérapeutique et de la collaboration interprofessionnelle).

La création d’un Ordre belge des praticiens de l’art infirmier avec missions établies est également remise au goût du jour. Constitué pour et par des infirmiers et des aides-soignants, il a pour mission d’assurer le respect des droits et devoirs des travailleurs du secteur dans leurs rapports avec l’ensemble des professionnels de santé et des patients.

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Les formations, spécialisations et qualifications du personnel infirmier sont également concernées par une réforme structurelle. Le syndicat Union4U entend par cette réforme préciser les formations et qualifications acquises pour améliorer l’efficacité des prises en charge. Les compétences particulières des professionnels du secteur doivent être aussi valorisées et prises en compte lors de situations d’exception comme la crise sanitaire actuelle. Il maintient enfin que la reconnaissance du diplôme doit être effective et définitive sans que cela n’empêche les possibilités d’évolution de carrière, qui sont bien entendu rendues possibles par une revalorisation des compétences et des titres acquis. La reprise d’études complémentaires dans le cadre de formations spécialisées doit être encouragée et soutenue financièrement.

Une classification à part

Pour assurer l’attractivité des métiers du secteur infirmier et adapter la rémunération au niveau de formation et aux compétences maîtrisées, Union4U demande la création d’une classification IF-IC spécifique non-discriminatoire pour les praticiens de l’art infirmier. Un équilibre entre le service concerné, la prise en charge et le niveau de qualification doit aussi voir le jour, bénéficiant ainsi tant au professionnel de santé concerné qu’au patient. Le syndicat préconise un renforcement des services de gériatrie et de revalidation pour faire face au vieillissement de la population et propose d’y incorporer du personnel non-infirmier.

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Une représentativité effective dans les services de soins et les organes de décision

Le personnel infirmier doit avoir un poids non-négligeable dans les prises de décisions qui concernent le secteur : le syndicat souhaite « rendre contraignants les avis émis par nous, professionnels des soins infirmiers, dans tous les organes officiels en matière de santé publique et des affaires sociales ». Il doit être entendu et écouté, du fait de la pertinence de son expertise, de sa maîtrise et de sa connaissance de la réalité et de la pratique de terrain.

Et la pétition, dans tout cela ?

Également à l’initiative du syndicat Union4U, la pétition doit acter la reconnaissance de la profession infirmière comme “métier pénible”. Elle répond en effet aux quatre critères légaux de pénibilité : la pénibilité de nature mentale ou émotionnelle, celle des circonstances de travail, celle de l’organisation du travail et celle des risques de sécurité élevés.

« Après les applaudissements au balcon du printemps 2020 aujourd’hui évanouis et les promesses politiques médiatisées et non tenues, d’entériner la reconnaissance des praticiens de l’Art infirmier à leur juste valeur », déclare fermement dans les colonnes de La Libre Thierry Lothaire, président d’Union4U.

Son but est de maintenir l’attractivité du métier via les revendications exprimées car la profession fait face à un épuisement chronique généralisé : « Nos soignants sur le terrain s’essoufflent, s’épuisent, se sentent trahis, méprisés, désespèrent et désertent la profession ! », peut-on lire dans cette interview. Elle entend remettre au centre du terrain les revendications exprimées par le personnel infirmier sur les conditions de travail actuelles et lance un cri d’alarme en direction des autorités : « Un professionnel bien traité est un patient bien soigné ! »

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