L’Aide à la jeunesse à bout de souffle

29/12/21
L'Aide à la jeunesse à bout de souffle 

Dans le quotidien LeSoir, Michaël Verhelst, président de l’Union des conseillers et directeurs de l’aide et de la protection de la jeunesse de la fédération Wallonie-Bruxelles (UCD) a exprimé la détresse dans laquelle se trouve les équipes de terrain. Manque d’effectif, d’attractivité, délais d’attente trop longs... le secteur qui gère les jeunes en détresse, durement touché.e.s par la crise sanitaire, demande des moyens. 

Dans le milieu psycho-médico-social, la crise sanitaire n’a fait qu’exacerber des difficultés déjà inerrantes au secteur. Celui de l’Aide à la jeunesse n’en réchappe pas. Pire même, les situations inédites face aux choix des bénéficiaires à traiter d’urgence ou à mettre “en liste d’attente” sont monnaies courantes. C’est ce que déclare Michaël Verhelst, à nos collègues du Soir dans un article qui met sous les projecteurs un secteur essentiel qui se voit déserté de travailleur.se.s, entre autres, faute d’attractivité. 


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Un manque de places “criant” 

«  Dans le secteur de l’aide à la jeunesse, on n’a pas attendu le covid pour devoir prioriser entre l’urgence et le très problématique  », s’indigne Michaël Verhelst, président de l’Union des conseillers et directeurs de l’aide et de la protection de la jeunesse de la fédération Wallonie-Bruxelles (UCD) pour le quotidien le Soir. Il dénonce un manque de places d’accueil  “criant et permanent”. Ce qui se répercute sur la prise en charge des jeunes  : ” Lorsqu’un jeune nous est confié après un jugement, il faut parfois attendre un an avant de le prendre en charge. Entre-temps, il peut avoir changé et sa situation aussi.” 

Selon le rapport de l’Aide à la jeunesse, “Les indicateurs de l’Aide à la jeunesse” édition 2021, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en 2019, la durée d’attente de prise en charge en hébergement était d’en moyenne 160 jours, soit plus de 5 mois et de 212 pour l’accompagnement dans le milieu de vie, soit  7 mois. 

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Manque d’attractivité 

Cette différence entre l’offre et la demande mène les équipes de terrain à tourner “à flux tendus” pour faire face aux urgences. 

Equipes réduites qui ne trouvent pas de nouveaux.elles recru.e.s du fait d’un secteur peu attractif. Les salaires ne sont pas revalorisés depuis 30 ans et les types de contrats  précaires. 

Le quotidien précise que le problème n’est pas l’augmentation du nombre de dossiers mais plutôt la difficulté de ceux-ci qui entraîne un surplus de charge psycho-sociale pour les agent.e.s et des temps de prise en charge plus long. La lourdeur de ces dossiers est en partie dû à la crise sanitaire qui se traduit par une augmentation du mal être psychologique. Ce mal être doit être traité par la santé mentale qui se voit également surchargée. Ainsi, l’impossibilité de prise en charge de certains cas mènent à des situations qui se détériorent tellement qu’elles deviennent l’objet de l’aide et de la protection de la jeunesse. 

Le rapport de l’Aide à la jeunesse démontre que les motifs d’intervention des  24.723 jeunes connus sur les 39.917 pris.e.s en charge relèvent en majorité de difficultés  familiales . Ainsi  :   

- 49.7%  ont été pris en charge en raison de difficultés psychologiques, de scolarité et de comportements. 

- 48.3% en raison de difficultés personnelles des parents 

- 39.6% en raison de problèmes relationnelles au sien de la famille. 

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Un secteur essentiel 

Au plus fort de la crise, les équipes d’Aide à la jeunesse étaient toujours présentes sur le terrain alors que “les services d’ordres ne passaient plus”. Le Président de l’Union des conseillers et directeurs de l’aide et de la protection de la jeunesse de la fédération Wallonie-Bruxelles (UCD) appuie sur le fait que l’Aide à la jeunesse est “un secteur essentiel” et qu’il doit être revalorisé. 

Demande à laquelle tente de répondre le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles à travers l’accord sectoriel du non-marchand qui a dégagé 3 millions d’euros pour le secteur de l’Aide à la jeunesse. Mais seront-ils suffisant ?

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A. Teyssandier



Commentaires - 1 message
  • Ajoutons qu'au départ la loi prévoyait de rembourser les CPAS des aides accordées quand un jeune de moins de 18 leur était confié par l'aide à la jeunesse, que l'arrêté d'application n'est jamais sorti (faute de budget), et que les CPAS doivent les aider sur fonds propres (pas de subsides en dessous de 18 ans), càd à charge de la commune...
    Cette faute de moyens a donc des répercutions directes sur les finances communales !

    Frankp jeudi 6 janvier 2022 13:01

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