Petite enfance : “L’inévitable sera de fermer les portes de la crèche”

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Stéphanie Nollomont, comme beaucoup d’autres directrices de crèches, devront fermer leurs portes suite à la réforme Milac. Privées d’un certain niveau de subventions, elles ne sauront plus couvrir leurs frais.

Pour de nombreuses directrices de crèches, la réforme Milac signe leur arrêt de mort. Entrée en vigueur le 1er janvier 2020, cette réforme a fait parler beaucoup d’elle. Les mesures comme la réduction des types de milieux d’accueil (accueillants indépendants, accueillants salariés et crèches) et les nouvelles normes de subside ne font pas le bonheur de tous car certains établissements se voient refuser un certain nombre de subventions et par conséquent, ne parviendront plus à couvrir leurs frais et devront fermer définitivement.

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Fermer ses portes, la seule issue possible

La réforme Milac pousse certaines institutions à cesser leurs activités. C’est le cas de Stéphanie Nollomont, directrice de la crèche “Rase-moquette” à Amay depuis 2012. Elle sait qu’avec cette nouvelle réforme, elle devra mettre la clé sous la porte. N’ayant plus droit à certains subsides à cause d’un diplôme qu’elle ne possède pas, elle ne saura plus financer son établissement. « D’ici 2022, je ne rentrerai plus dans mes frais si je dois respecter les conditions que prévoit la réforme. Pour être désormais à la tête d’une crèche, il faudra désormais être titulaire d’un diplôme de bachelier en psychologie, en sciences sociales ou soins infirmiers et avoir un statut de salarié(e) », explique la directrice au journal Sudinfo. Ainsi, elle devrait entamer des études pour accéder à certains subsides tout en travaillant à temps-plein. Pour l’Amaytoise qui possède déjà un diplôme de l’IFAPME comme directrice de maisons d’enfants, « c’est très difficile à digérer. L’inévitable sera de fermer les portes. »

En outre, la décision de fermer des crèches alors qu’il n’y a déjà pas assez de places dans les milieux d’accueil interpelle la directrice. Par exemple, l’ASBL Rase-moquette, qui prend en charge 11 enfants, est déjà complète jusqu’en 2022. « Ils veulent fermer des milieux d’accueil alors que le réseau est saturé. J’ai déjà dû refuser douze parents en une journée », déclare Stéphanie Nollomont à Sudinfo. De nombreuses directrices font alors le choix de tout arrêter car elles préfèrent encore cela aux conditions pénibles actuelles.

La FeMAPE ignorée

Stéphanie Nollomont déplore le manque de considération des autorités. Pour contrer la réforme Milac, des directrices du secteur de la petite enfance avaient créé la FeMAPE, la Fédération des Milieux d’Accueil de la Petite Enfance. L’institution avait notamment introduit un recours au Conseil d’Etat contre la réforme mais rien n’y fait, à part quelques petites corrections réalisées dans un arrêté, rien n’a changé. La directrice se sent ignorée, voire rabaissée : « On sent bien qu’ils nous écoutent, au mieux, mais ne nous entendent pas. Cela fait quinze ans que je travaille dans la petite enfance, et on est rabaissés. On nous ramène à rien. Au début, ils nous appelaient même “les crèches de niveau zéro” ».

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