Réforme : les milieux d’accueil non subventionnés payent le prix fort

Réforme: les milieux d'accueil non subventionnés payent le prix fort

Les acteurs de la petite enfance font face à une série de changements à la suite de la réforme des milieux d’accueil. Les accueillantes à domicile, fortement impactées, se battent pour garder leur indépendance.

Les accueillantes indépendantes sont les premières victimes de la réforme de l’accueil de la petite enfance. À ce jour, la Fédération des milieux d’accueil de la petite enfance constate déjà la perte de 590 places…

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Obligation de travailler sous statut d’ASBL

La nouvelle réforme redessine les grandes lignes du secteur en Communauté française. Désormais, tous les milieux d’accueil se regroupent sous une même appellation ‘’crèche’’ et répondent aux mêmes obligations sans distinction, apprend-on sur le Soir.

Ces changements mettent à mal de nombreuses structures non subventionnées, notamment par ‘’l’obligation d’être sous statut d’ASBL ou de coopérative à finalité sociale pour demander des subsides  ; l’obligation d’être en possession du certificat d’enseignement secondaire supérieur pour les futurs accueillants  ; ou encore l’obligation d’accueillir 14 enfants minimum.’’

En réaction, 200 membres de la Fédération des milieux d’accueil de la petite d’enfance ont déposé un recours au Conseil d’Etat.

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Coup de poignard pour les indépendants

Ce nouveau cadre ‘’pose problème à tous ceux qui travaillent comme indépendants dans le secteur, et qui se battent pour leur liberté d’entreprendre’’, souligne Marie Deboot, accueillante à domicile à Daussoulx, sur le Soir.

Du côté de la FeMAPE, la fédération qui porte la voix du secteur de la petite enfance, elle soulève plusieurs problèmes, à commencer par l’obligation de travailler sous statut d’ASBL pour solliciter des subsides. ‘’Les milieux non subventionnés sont sur le fil du rasoir sur le plan économique pour pratiquer des tarifs déjà considérés par certains comme trop chers… Quant au niveau de formation, c’est oublier le parcours des personnes qui ont accédé au métier suite à des reconversions professionnelles. Et donc, mettre à mal un secteur composé de 96% de femmes et déjà en pénurie de main-d’œuvre ’’.

590 places d’accueil perdues

A la suite de la réforme, la FeMAPE s’inquiète et dénonce la perte de 590 places d’accueil, ressort-il du journal le Soir.

L’ONE quant à elle, se veut plus optimiste et compte sur ‘’la création de nouvelles places dans les milieux subventionnés’’. Et la ministre Bénédicte Linard explique que «  les négociations du contrat de gestion de l’ONE sont en cours et contiennent, entre autres, des propositions qui tiennent compte des réalités des milieux d’accueil non subventionnés ».

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Une situation précaire

Les accueillantes indépendantes dénoncent également le manque de soutien à leur égard alors que les milieux d’accueil devaient rester ouverts pendant la crise sanitaire. Stéphanie Nollomont, directrice de la crèche les Rase-Moquette, à Amay, raconte ainsi qu’elle ‘’devait mettre 99 euros de sa poche pour rester ouvert’’, lit-on sur le Soir.

‘’ Tous les cinq à six ans, les normes changent. On a un boulot complètement dénigré. J’ai 43 ans, je travaille dans le secteur depuis 2007 et, avec cette réforme Milac, on me fait comprendre que je ne vaux plus rien. En 2025, je sais déjà que je vais arrêter. Je ne sais pas agrandir ma maison pour passer de 11 à 14 enfants… », s’insurge à son tour Marie Deboot, accueillante d’enfants à Daussoulx.



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