Bébés parqués : appel à projets pour créer 48 places supplémentaires

Bébés parqués: appel à projets pour créer 48 places supplémentaires

En Fédération Wallonie-Bruxelles, la problématique des bébés placés provisoirement à l’hôpital par manque de places dans les institutions relevant de l’aide à la jeunesse reste préoccupante. Malgré les interpellations des acteurs de terrain ou encore la résolution parlementaire adoptée en mars 2016, la situation demeure dramatique, particulièrement à Bruxelles et Charleroi. Pour endiguer le phénomène des bébés parqués, l’ONE vient de lancer un appel à projets pour créer de nouvelles places d’accueil. « Mais l’effort ne doit pas s’arrêter là », insiste la ministre Bénédicte Linard.

Tous les ans, de jeunes enfants, écartés de leur milieu familial sur décision d’un juge de la jeunesse, sont placés à l’hôpital, faute de place dans une structure de l’aide à la jeunesse. Normalement, dans une telle situation d’urgence, les bambins sont accueillis dans une pouponnière ou bien dans une famille d’accueil. Souci et de taille : les établissements assurant ce service en Wallonie ainsi qu’à Bruxelles sont complètement submergés par les demandes ! En attendant qu’une place se libère, les bouts de chou, qui ne nécessitent pourtant aucune prise en charge médicale, se retrouvent donc accueillis à plus ou moins long terme dans des hôpitaux, alors que ces derniers ne sont absolument pas équipés pour s’occuper d’eux durant des semaines voire des mois… Une véritable maltraitance institutionnelle qui frappe encore et toujours durement la partie francophone du pays.

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Des mesures insuffisantes

Cette situation interpellante n’est pas neuve : elle avait déjà été dénoncée en 2015. Une année plus tard, le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait adopté une résolution qui appelait à mettre fin au plus vite à la problématique des bébés parqués. « Le gouvernement de l’époque a dégagé des budgets conséquents afin de soutenir les efforts en ce sens. Il était question, me semble-t-il, d’un montant de 11 millions d’euros », a rappelé en commission le député Mourad Sahli.

Le socialiste a rajouté : «  Un appel à projets adressé aux services de l’aide à la jeunesse a ensuite permis l’ouverture de nouvelles possibilités de prise en charge en famille d’accueil d’urgence, en services résidentiels d’urgence ou en services résidentiels généraux. En parallèle, la ministre de l’Enfance de l’époque a obtenu un budget de 3,5 millions d’euros afin de faire face à cette problématique. Outre le soutien à un projet pilote de prévention et l’augmentation des subventions destinées aux lieux de rencontre parents-enfants, la création d’au moins 28 places supplémentaires en service d’accueil spécialisé de la petite enfance (SASPE) a ensuite été annoncée. »

Ces efforts ont-ils payé ? La réponse est malheureusement non… Aujourd’hui, quatre ans plus tard, le bilan est plus que mitigé : les mesures prises par le gouvernement précédent n’ont pas permis de lutter efficacement contre la problématique des bébés accueillis à l’hôpital.

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Deux nouvelles structures prêtes en avril

« Malgré les interpellations des acteurs de terrain, la résolution parlementaire adoptée en mars 2016 et l’étude réalisée la même année par la Coordination des ONG pour les droits de l’enfant (CODE) à la demande des ministres de l’Enfance et de l’Aide à la jeunesse, des enfants sont toujours placés à l’hôpital », a admis la ministre de l’Enfance Bénédicte Linard, interpellée par le député Mourad Sahli. « Ils y séjournent parfois pour de longues périodes alors qu’ils ne nécessitent pas ou plus de soins de santé. Il est compliqué d’obtenir une estimation claire et précise du nombre de bébés parqués. »

Selon la mandataire politiques, les 28 nouvelles places en SASPE, créées essentiellement dans le Hainaut, n’ont malheureusement pas permis d’apporter une solution efficace à la problématique. Si une éclaircie a été observée à Mons ou bien à Liège, le phénomène demeure très alarmant à Bruxelles ainsi qu’à Charleroi. Ces deux zones sont, en effet, durement touchées par la multiplication du nombre de cas problématiques. Face à ce constat sans appel, l’ONE est passée à l’action. « Elle a lancé en décembre 2019 un appel à projets pour la création de 48 places supplémentaires : 24 en province de Liège et 24 en Région de Bruxelles-Capitale. Les candidatures sont attendues pour le mois d’avril 2020 », a annoncé Bénédicte Linard.

Mais pour elle, pas question de se contenter seulement de cette mesure : « L’effort ne doit pas s’arrêter là », a-t-elle insisté. Et de développer : « La future création de ces deux services spécialisés ne garantit en rien la fin des placements de bébés à l’hôpital pour des raisons sociales. » Elle a donc promis de travailler main dans la main avec sa collègue Valérie Glatigny, ministre en charge de l’Aide à la jeunesse, afin d’envisager ensemble les mesures à adopter.

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E.V.



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