DoucheFLUX : si près du but…

DoucheFLUX : si près du but...

Fondée en novembre 2011, l’asbl bruxelloise DoucheFLUX opère depuis mai 2012. Jusqu’il y a peu, son action avec et pour les personnes sans abri, avec ou sans papiers, d’ici ou d’ailleurs, s’était limitée à ses « activités » (magazine, radio, films-débats, rencontres scolaires, etc.) destinées à redonner estime de soi et confiance en soi à des personnes souvent tentées, par instinct de survie, par l’auto-exclusion. Depuis l’inauguration de son nouveau bâtiment en avril 2017, DoucheFLUX est passé de 50 à 650 mètres carrés et donne désormais accès à de multiples « services » (douche, salon-lavoir, consignes, permanences médicales, suivi psychosocial, bien-être, cours de FLE, etc.). Un de ses futurs services phare sera un site internet, www.survivinginbrussels.be, qui permettra aux précaires d’accéder en 4 clics à toutes les informations utiles pour eux et qui facilitera grandement les équipes sociales dans leurs tâches quotidiennes.

Membre, entre autres, de la fédération AMA, DoucheFLUX est parfaitement intégré dans le secteur bruxellois de la lutte contre la pauvreté, et son action a été pensée en synergie avec ce secteur : se limiter strictement à combler des manques avérés dans l’offre proposée aux plus précaires.

Comment financer semblable projet ?

D’un côté, les deux cofondateurs n’avaient aucune légitimé au départ pour frapper à la porte des pouvoirs subsidiant. De l’autre, leur conviction était que, face au désengagement de l’État face à certaines de ses missions fondamentales en matière de lutte contre les inégalités et face au durcissement de politiques sociales toujours plus excluantes, la société civile ne pouvait plus invoquer un « C’est aux politiques de s’occuper des plus pauvres ! »

Le pari − insensé, présomptueux ou risqué ? − était donc simple : d’abord mobiliser la société civile (bénévoles, donateurs, investisseurs) afin de démontrer la pertinence et le professionnalisme du projet, puis, une fois la démonstration faite (ce que plus personne ne conteste aujourd’hui), se tourner vers les autorités pour obtenir des subsides afin de rémunérer l’équipe salariée indispensable (en plus du travail d’une centaine de bénévoles) et couvrir les frais de fonctionnement. Concrètement, l’État peut-il abandonner à lui-même un projet qui a prouvé son utilité, qui a pu rassembler plus de 2 millions d’euros (achat, rénovation et aménagement du bâtiment) et qui contribue depuis 5 ans à la lutte contre la pauvreté à Bruxelles grâce à des bénévoles dont on ne compte plus les milliers d’heures de travail ? D’autant que les 4 ETP (équivalent temps plein) actuels, exclusivement financés par des dons, sont nettement insuffisants pour sortir l’équipe du surmenage qui guette. On le savait depuis le départ : le projet DoucheFLUX aura toujours besoin du soutien de la société civile via le travail bénévole et les dons. Mais pour garantir la viabilité à terme de l’asbl, des subsides structurels permettant l’engagement de 8 ou 9 ETP sont indispensables.

Ce terme est-il proche ? Peut-être…

Pourtant, les ministres bruxellois compétents en matière d’aide aux personnes, Céline Frémault et Pascal Smet, viennent d’officialiser la fantastique nouvelle : comme tous les SAJ (services d’accueil de jour), DoucheFLUX bénéficiera dès 2018 d’un subside de 55.000 €, ce qui permettra de couvrir le coût d’un ETP de l’équipe salariée. Et il ne fait par ailleurs guère de doute que, dès que la nouvelle ordonnance (encore en chantier) relative à la politique bruxelloise d’aide aux personnes sans abri verra le jour et intégrera dans son champ d’action les SAJ, DoucheFLUX sera agréé et pourra prétendre à des subsides structurels conséquents. Mais ces subsides ne devraient pas tomber avant 2019… et les caisses de DoucheFLUX risquent bien d’être vides d’ici mars 2018.

Comment tenir entre mars 2018 et début 2019 ?

En rivalisant d’imagination, en frappant à toutes les portes, en multipliant encore nos sources de financement. Bref, pour relever ce nouveau défi, il nous faudra garder l’enthousiasme, l’optimisme et le dynamisme qui sont dans l’ADN de DoucheFLUX depuis ses débuts !

Laurent d’Ursel, cofondateur de l’asbl DoucheFLUX

Photo : www.doucheflux.be



Commentaires - 1 message
  • Je ne peux que partager et espérer de plus riches donateurs que moi...et...tout plein de petits donateurs fidèles.... De tout coeur avec et pour DoucheFlux .

    jacquelinel. mardi 5 décembre 2017 23:15

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