Services de répit en Wallonie : un turnover important dans le personnel

Services de répit en Wallonie: un turnover important dans le personnel

En Wallonie, 21 services de répit à destination des aidants proches et des personnes handicapées sont agréés et subventionnés. Ces structures répondent à un réel besoin. Malheureusement, certaines prestations, faute d’effectifs et de planning, doivent parfois être refusées. « On constate un turnover important dans le personnel et le recrutement de nouvelles personnes dès lors que les fonctions demandent une grande disponibilité, notamment en termes d’heures dites inconfortables ou de gardes », signale la ministre Christie Morreale, en charge de la Santé et de l’Action sociale.

Une évasion. Une bouffée d’oxygène. Voici ce qu’offrent les services de répit aux personnes handicapées ainsi qu’à leurs proches. Garde à domicile, accueil temporaire, dépannage en situation d’urgence… : les prestations sont aussi diverses que variées. Par contre, ces services aux multiples visages ont un point commun incontestable : ils occupent une place importante dans la politique de soutien à domicile. Ils permettent en effet le maintien dans leur milieu de vie des citoyens en situation de handicap tout en proposant une parenthèse aux bénéficiaires ainsi qu’aux aidants proches. Actuellement, le territoire wallon accueille 21 services de répit agréés et subventionnés.

Malheureusement, ces structures essentielles rencontrent certaines difficultés, comme l’a pointé Véronique Durenne, députée MR, en commission du parlement wallon. « Certaines prestations, faute d’effectifs et de planning, doivent malheureusement parfois être refusées. Certains services de répit présentent un turnover important et recruter du nouveau personnel s’avère parfois très compliqué au vu des horaires et des pathologies compliquées à gérer », a dénoncé l’élue.

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Grande disponibilité = gros turnover

Dans sa réponse, Christie Morreale, nouvelle ministre en charge notamment de la Santé et de l’Action sociale, est tout d’abord revenue sur les résultats d’évaluation de l’arrêté relatif « aux services organisant du répit en faveur des aidants proches et des personnes handicapées », effectuée en 2019. « Cette évaluation fait apparaître un écart important entre l’offre et la demande : 63 % des aidants ont effectivement eu des refus », a pointé la socialiste. « Plus de 40 % des aidants font remarquer que le manque d’offre de répit entraîne des refus lorsque les plannings sont complets ou des annulations dès qu’un membre de l’équipe est malade. »

Les équipes de ces services de répit sont majoritairement réduites. Dans ces conditions, difficile donc (pour ne pas dire mission impossible) de remplacer au pied levé un membre du personnel qui se retrouve dans l’incapacité de travailler. « On constate, en outre, un turnover important dans le personnel et le recrutement de nouvelles personnes dès lors que les fonctions demandent une grande disponibilité, notamment en termes d’heures dites inconfortables ou de gardes », poursuit-elle. « De surcroît, celles-ci doivent assurer des prestations plus ou moins complexes, difficiles en fonction d’un handicap lourd, parfois de l’agressivité voire des gestes violents de certains bénéficiaires inhérents à leur handicap. »

Pour lutter contre ce phénomène, la Wallonie a mis en place une série de formations à destination des professionnels du répit. L’objectif est d’outiller correctement ces travailleurs et de leur permettre d’appréhender plus facilement certains handicaps ou problématiques inhérentes aux structures de répit. « L’écoute, les réunions d’équipe, le soutien, la disponibilité et l’organisation du service répit en équipe permettent également de maintenir la motivation et le dynamisme des professionnels face aux difficultés qu’ils peuvent rencontrer », assure Christie Morreale, avant de rajouter : « Les services ont accès à un catalogue de formation géré par la cellule de formation continue de l’AViQ. »

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Les bénévoles, un soutien de taille

En plus du personnel salarié, une série de services de répit bénéficie également du soutien de volontaires. Ces derniers s’investissent notamment dans les gardes à domicile, l’accompagnement lors de sorties ou bien encore lors de séjours. « Ces bénévoles permettent, par exemple, d’assurer un encadrement un pour un. Des formations sont aussi mises en place pour qu’ils assurent un travail de qualité. En 2015, 48 bénévoles ont ainsi été actifs pour un total de plus de 5.700 heures », note-t-elle.

Notons finalement que dans la Déclaration de politique régionale, le nouvel exécutif s’est engagé à soutenir les aidants proches en renforçant et en diversifiant l’offre de répit, à soutenir et développer des structures d’accueil de court séjour et de convalescence adaptés aux besoins de la personne aidée et de son aidant. Alors, poudre aux yeux ou véritable « mieux » pour le secteur ? Réponse dans les prochains mois…

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E.V.



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