Quelles sont les réelles conditions de travail en CPAS ?

Quelles sont les réelles conditions de travail en CPAS ?

Après une mésaventure avec le CPAS de Bruxelles, Quentin Daspremont décide de passer à l’action. Selon lui, beaucoup trop de choses sont tues quant aux réelles conditions de travail dans les CPAS. Manipulation, harcèlement, favoritisme… Le jeune homme a créé une plateforme, baptisée Work for Utopia, en vue de faire changer les choses.

Depuis le Samusocial et les révélations sur les rémunérations perçues par Yvan Mayeur et Pascale Peraïta, on assiste à une véritable révolution la perception du fonctionnement des organisations à vocation publique, tant dans l’opinion de la population, qu’au niveau politique. Transparence et bonne gouvernance sont désormais les piliers majeurs des institutions. Vraiment ? Peut-être pas, finalement, si on creuse… Après avoir été licencié par le CPAS de Bruxelles pour cause de trop longue maladie, Quentin Daspremont a décidé de passer à l’action, en créant une plateforme baptisée Work for Utopia. L’objectif : dénoncer, très clairement, les réelles conditions de travail pour les professionnels en CPAS, qui, malgré la crise, n’ont pas changé.

Le harcèlement, monnaie courante

Dans un post publié sur sa page Facebook, Q. Daspremont explique les conditions de son licenciement. Pour lui, si officiellement, c’est parce qu’il est resté trop longtemps en congé maladie, la vraie raison est tout autre. La version officieuse, c’est que 9 mois avant, j’avais été au SIPP pour me plaindre des conditions de travail et du harcèlement dont étaient victimes plusieurs ancien-ne-s collègues, de la part de mon ancien responsable d’antenne. Nous avons été au final une dizaine à signaler le harcèlement et conditions de travail. La responsable de Q. Daspremont en a profité pour le licencier. Même s’il a porté plainte auprès d’Unia, Monsieur Daspremont n’a cependant pas eu gain de cause, par manque de preuves. […] il me manquait quelques preuves, à savoir le témoignage de plusieurs ancien-ne-s collègues, que je n’ai pu me procurer car ils et elles avaient trop peur de témoigner et de subir des pressions en retour. Honnêtement, je les comprends et je ne leurs [sic] en veux pas.

Tout le monde s’en fout

Suite à ce licenciement, Q. Daspremont a essayé, l’année durant et sans aucun succès, d’alerter un maximum de monde sur les problèmes présents au CPAS de Bruxelles. A savoir : qu’on peut être promu quand on tient des propos racistes, qu’on peut tenir des propos sexistes et homophobes sans être inquiété, qu’on peut harceler sans être sanctionné, que les passes-droit [sic] sont légions [sic] , qu’on peut tout avoir à partir du moment où on connait quelqu’un de bien placé, qu’on peut obtenir facilement un poste, sans appel à candidatures quand on est le mari de, le fils ou la fille de, la maitresse de, l’ex-femme de, l’ami de l’ami de, parce qu’on à posté sur le mur facebook de... etc., que quand des responsables prennent quelqu’un en grippe, il est facile pour ces premiers de créer de faux rapports afin de pousser au licenciement de la personne. Et évidemment avec la direction qui protègent [sic] ces responsables, que des victimes de harcèlement sont soit déplacées, soit licenciées, l’auteur restant tranquillement à sa place, prêt à recommencer, qu’on licencie les gens parce qu’ils sont malades, qu’on demande au AS de faire du chiffre et non du travail social (parce que faire du chiffre = statistiques gonflées= plus de subsides) …

Je pourrais continuer la liste mais ça serait vraiment très long. Et évidemment, les usagers doivent subir les dommages collatéraux, les dossiers ne sont pas correctement traités et tous ne sont pas payés en fin de mois du coup.

Le jeune homme explique également que, depuis un an, l’équipe dont il faisait partie a été totalement disséminée, que ce soit dû à des licenciements, des départs, des transferts, etc. sans aucune remise en question de la part de la hiérarchie.

Le Samusocial, un espoir ?

En mai dernier, suite à la crise qui éclate face à la situation du Samusocial, le jeune homme reprend espoir Puis, il y a quelques mois, la saga samusocial a commencé. Je me suis dit qu’enfin, on va s’intéresser à ce qu’il se passe au CPAS de Bruxelles. Ben je me suis trompé... Sachant que Pascale Pereita avait également été licenciée de la présidence du CPAS de la Ville en 2013, suite à plusieurs affaires de rémunérations douteuses, ainsi qu’à l’occupation d’un appartement dans Bruxelles, rénové avec l’argent public et censé être utilisé comme logement social, il eut été intéressant pour les autorités d’établir les liens entre les deux structures. Apparemment pas, puisque, comme continue M. Daspremont On peut apparemment être irresponsable au samusocial, mais un enfant de coeur au CPAS de Bruxelles... Tout va bien et encore une fois personne ne se pose de questions et personne ne bouge...

Work For Utopia

Créée en conséquence, la plateforme Work For Utopia cherche à dénoncer très clairement les conditions de travail vécues par plus d’un travailleur en CPAS. Témoignages, informations, bibliothèque… A terme, le site se veut être une organisation de terrain. Dans un premier temps, le but est surtout de récolter des témoignages de personnes travaillant ou ayant travaillé en CPAS, d’analyser ces histoires et d’aller vers des responsables pour obtenir un changement […] Par la suite, selon les soutiens, l’envie d’investissement de certaines personnes, etc., je souhaiterai élargir l’action à l’ensemble des services publics, puis au secteur privé. Selon l’ampleur du phénomène, je souhaite également que la plate-forme puisse devenir une organisation de terrain.

Plateforme à suivre, donc…

Infos : workforutopia@gmail.com

[ A lire]

- Vers la suppression des CPAS ?
- Les mandataires du CPAS de Bruxelles, champions du cumul ?
- Le politique, une opportunité en CPAS



Commentaires - 4 messages
  • Un grand merci pour votre soutien! ça me fait énormément plaisir et me motive encore plus!

    quentin_d lundi 25 septembre 2017 12:12
  • Comme le dit bien cette personne:

    "Tout le monde s'en fout...!"

    Pourquoi, car ce qui se permettent d'agir impunément sont protégés par la hiérarchie.
    C'est ainsi partout dans le public.
    J'ai travaillé dans un cpas et dans une commune et les mêmes procédés sont utilisés!
    Les gens se rendant coupables de ces agissements ne sont jamais sanctionnés car si vous creusez, vous vous apercevrez que le responsable X est au même partie que la couleur politique majoritaire en place...bref, intouchable car il existe toujours des connexion entre la direction et l'abuseur!

    Les questions de sous de subsides, c'est pareil partout...cpas, communes, intercommunales...
    Des subsides colossaux sont octroyés aux mêmes pour faire travailler "familles, connaissances...."!
    Vous y croyez lorsqu'ils causent de bonne gouvernance....et d'emploi pour les inoccupés dont on se plait car ils représentent une charge pour la collectivité, mais en pratique de grands discours appris par coeur pour appâter l'électeur, de l'hypocrisie mais pas d'emploi pérenne pour ce qu'on appelle les "assistés" du système!!!!

    Y a rien à faire car c'est comme ça partout en Europe!!
    Faut vivre avec! mrd

    Anony_Mouse mardi 26 septembre 2017 10:52
  • Bien venu dans le circuit et bientôt ce sera jusqu' a 70 ans.....

    xouxou jeudi 28 septembre 2017 09:35
  • Cher Quentin,
    Je viens de rencontrer un ami qui travaille au CPAS de Bruxelles. Ce que vous exposez dans votre c'est exactement ce qu'il m'a expliqué sur ses conditions de travail. Vous avez eu le courage de dénoncé cela mais maintenant il faudrait que nous soyons nombreux à oser le dire. Bien à vous

    misirlou mercredi 30 mai 2018 14:08

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