Reconnaissance de la psychomotricité : Maggie De Block dit encore non

Reconnaissance de la psychomotricité: Maggie De Block dit encore non

En 2016, Maggie De Block refusait de reconnaître le métier de psychomotricien comme profession paramédicale. Quatre ans plus tard, cette reconnaissance pourrait-elle enfin être réévaluée ? « Non », a martelé la ministre de la Santé ! Les années passent mais les idées restent…


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« Madame la ministre, en 2016, vous avez refusé que la psychomotricité soit reconnue en tant que profession paramédicale. Je suis aujourd’hui à nouveau interpellé par l’Union professionnelle belge des psychomotriciens francophones (UPBPF) qui souligne l’importance de leur mission. Elle pointe le fait d’être niée en tant qu’organisation professionnelle. La profession existe formellement dans divers secteurs, notamment la neuropédiatrie qui renvoie les patients vers des psychomotriciens. Ceux-ci ne comprennent dès lors pas qu’on ne prenne pas en considération les réalités du terrain francophone », a dénoncé en commission de la Santé et de l’Egalité des Chances de la Chambre le député Hervé Rigot.

Le socialiste a ensuite lancé à Maggie De Block : « Pourquoi avoir refusé de reconnaître cette profession ? Celle-ci s’avère en effet, sur le terrain, tout à fait complémentaire à d’autres interventions et apporte une réelle plus-value à la vision pluridisciplinaire. Ce métier existe d’ailleurs en tant que tel en France et au Luxembourg, nos proches voisins, avec qui nous partageons le profil d’une profession paramédicale. »

Ces arguments, la mandataire OpenVLD les a balayés d’un revers de la main. Elle a ainsi déclaré qu’elle ne comptait absolument pas faire marche arrière. Une prise de position qu’elle a justifié en se référant aux deux avis négatifs émis par le Conseil fédéral des professions paramédicales.

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Une situation différente en France

« La pratique non thérapeutique de la psychomotricité pour améliorer le développement psycho-éducatif de personnes en bonne santé, donc non soumis à prescription médicale, n’est pas réglementée par l’autorité fédérale de Santé publique et peut être exercée par un psychomotricien sans être un professionnel de la santé », a rappelé Maggie De Block.

Elle a ensuite pointé : « Oui, dans certains pays comme en France, le choix a été fait de rassembler toutes les techniques de psychomotricité pour en faire une discipline à part entière et de la confier à un professionnel pouvant agir à la fois pour des objectifs thérapeutiques et de développement ou de bien-être, et cela, quasiment toujours sur prescription médicale. Dans d’autres pays comme la Belgique, on a opté pour l’intégration de ces techniques dans les formations et prestations autorisées à certains professionnels de la santé - pour ce qui est du volet thérapeutique soumis à prescription médicale - et de laisser le choix de réglementer le volet non thérapeutique à une autre autorité que celle de la Santé et, dès lors, de ne pas soumettre celui-ci à prescription médicale. »

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« Créer une nouvelle profession de santé ? Aucun intérêt »

Pour Maggie De Block, il n’est pas nécessaire de créer une nouvelle profession de la santé. Pourquoi ? Car les techniques de psychomotricité sont actuellement réservées de manière légale à d’autres corps de métier : en premier lieu les kinésithérapeutes mais également les ergothérapeutes, les orthoptistes ou bien encore les logopèdes. Face à cette situation, l’élue estime donc qu’il n’y a « aucun intérêt démontré, en termes de santé publique, de reconnaître et d’ajouter un énième professionnel de santé pour appliquer ces techniques aux patients. »

Hervé Rigot s’est dit ébahi par la déclaration de la ministre qui estime qu’il n’y a pas d’intérêt à accorder aux psychomotriciens ce qu’ils réclament depuis plusieurs années. Pour lui, il y en a bien un et il est essentiel : l’intérêt du patient. « Vous affirmez que cela n’empêche pas la pratique. C’est sûr ! Mais cela empêche l’accès à certains, ne serait-ce qu’au niveau financier », a-t-il renchéri. « Il ne faut pas nier, madame la ministre, que la psychomotricité joue un rôle essentiel pour comprendre et travailler sur les souffrances psychiques et émotionnelles. La psychomotricité à mon sens a plus que jamais sa place dans des services tels que ceux de l’enfance, du handicap, de la santé mentale. La reconnaître, même si pour vous cela ne change pas fondamentalement les choses, à nos yeux, c’est motiver et peut-être aussi remercier tout simplement. »

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E.V.



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