Psychomotriciens : "Notre profession est niée par Maggie De Block"

Psychomotriciens:

En cette veille d’élections, le Guide Social a réalisé des interviews « bilan » de mandataires politiques. Dans ce cadre, nous avons contacté Maggie De Block. La ministre fédérale de la Santé n’a pas répondu positivement à notre demande. Raison pour laquelle le Guide Social a fait appel à vous, le secteur ! C’est vous qui avez fait son bilan ! Ce vendredi, c’est au tour de l’Union Professionnelle Belge des Psychomotriciens Francophones.

[DOSSIER]
- La ministre Maggie De Block peu convaincue par la kinésithérapie
- De Block : la Fédération des maisons médicales dresse un bilan mitigé

Une chose est certaine : la politique mise en place durant cette mandature par la ministre fédérale de la Santé n’a pas vraiment convaincu l’UPBPF, la seule Union Professionnelle en Belgique, au niveau de la psychomotricité, à être reconnue par le Parlement Belge. Pour Anne Taymans, co-présidente de cette association professionnelle, le travail effectué par Maggie De Block est problématique aussi bien du point de vue de la forme que de celui du contenu de sa politique.

- [A lire] : Elections : les psychomotriciens veulent de la reconnaissance

Les réalités du terrain francophone pas prises en compte

Pour rappel, en 2016, Maggie De Block a refusé que la psychomotricité soit reconnue en tant que profession paramédicale. Une décision qui a évidemment fait bondir l’UPBPF. « En tant que représentante des psychomotriciens francophones, je peux pointer le fait d’être nié en tant qu’organisation de professionnels. De plus, notre profession est niée par le ministère fédéral de la Santé, notre association également », déplore Anne Taymans. Elle regrette également « le fait de ne pas prendre en considération les réalités du terrain francophone où la profession existe, formellement dans divers secteurs. »

De la reconnaissance pour leur profession, voilà ce qui a cruellement manqué pour les psychomotriciens du côté de la ministre fédérale de la Santé. L’UPBPF aurait voulu que la mandataire politique présente la spécificité du métier de psychomotricien. « Il ne cherche pas à prendre la place des ergothérapeutes ou des kinésithérapeutes, mais est tout à fait complémentaire et soutenant pour les autres interventions et la vision pluridisciplinaire. Un métier qui existe bien en France et au Luxembourg, nos proches voisins, avec qui nous partageons le profil d’une profession paramédicale. »

Et que dire encore du fait que Maggie De Block n’a pas pris en compte les économies énormes que pouvaient engendrer la psychomotricité ? Car, pour l’union professionnelle, l’argent investi dans les soins de psychomotricité précoces (moins coûteux que de longues thérapies) participerait à provoquer des économies dans le curatif (soins de santé mentale, écoles spéciales, institutions …) « Ce qu’ont bien compris les plus importantes mutuelles francophones », rappelle Anne Taymans.

- [A lire] : Psychomotricien : quid de la formation ?

Pas de vision préventive

De manière globale, la co-présidente pointe deux problèmes de fond dans le travail de Maggie De Block. Tout d’abord, sa propension à n’envisager la santé que dans ses aspects curatifs et non pas préventifs. Ensuite, le fait de penser la santé comme une gestion uniquement économique. « Nous avons observé qu’elle réduisait les personnes à des chiffres, à des coûts », rajoute la co-présidente. « Comme si l’Inami était un gâteau que de méchantes nouvelles professions veulent manger, alors qu’une redistribution plus dynamique s’impose. »

Et de conclure : « Nous faisons face à un système de penser qui déshumanise : plus de place ni de temps pour la parole, la pensée, les individualités. »

E.V.

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