La non-reconnaissance de la psychomotricité nuit à tous les diplômés

La non-reconnaissance de la psychomotricité nuit à tous les diplômés

Les psychomotriciens n’ont pas la vie facile depuis la décision de Maggie De Block, en 2016, de ne pas reconnaître leur métier comme profession paramédicale. Un épineux dossier qui a été débattu en commission du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.


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La non-reconnaissance de la psychomotricité en tant que profession paramédicale est un dossier qui secoue le secteur depuis 2016 maintenant. C’est en effet à cette époque que la Ministre de la santé Maggie De Block a décrété que le métier de psychomotricien n’était pas une profession paramédicale et ce malgré l’ouverture d’un bachelier en psychomotricité paramédical par le ministre Jean-Claude Marcourt, quatre années plus tôt. Conséquence de la mesure prise par la mandataire CD&V : les étudiants se voient interdits, depuis plus de trois ans maintenant, d’exercer une partie du métier pour lequel ils ont été formés. Une situation pour le moins inconfortable qui concerne actuellement quasiment 600 jeunes diplômés ! La non-reconnaissance de la psychomotricité s’est récemment retrouvée au centre des débats en commission du parlement de la Communauté française.

Le député socialiste Eddy Fontaine a en effet interpellé à ce sujet la ministre Valérie Glatigny, en charge notamment de l’Enseignement supérieur. Il lui a ainsi lancé deux questions essentielles : « Madame la Ministre, pouvez-vous consulter l’État fédéral à ce sujet pour répondre aux craintes des étudiants belges francophones qui s’inscrivent chaque année dans cette filière dont le caractère paramédical n’est pas reconnu ? Pouvons-nous faciliter davantage la mobilité des étudiants inscrits dans cette filière au moyen de passerelles vers d’autres formations, par exemple dans les sciences de la santé ou du travail ? »

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Un métier reconnu en Suisse et en France

Valérie Glatigny a tout d’abord reconnu la situation difficile rencontrée par tous les diplômés en psychomotricité. « A défaut de reconnaissance légale, ils ne peuvent poser des actes relevant du champ de la loi coordonnée du 10 mai 2015 relative à l’exercice des professions des soins de santé », a-t-elle pointé, avant de rajouter : « Contrairement à la Suisse, la France ou d’autres pays, la Belgique ne reconnaît pas le métier de psychomotricien en tant que profession paramédicale. Cette absence de reconnaissance sur la base d’une réglementation fédérale complique également la reconnaissance à l’étranger des diplômes obtenus en Fédération Wallonie-Bruxelles. » Et pour cause, les psychomotriciens éprouvent toutes les peines du monde à obtenir une équivalence.

A cela se rajoute également une mobilité très faible vers d’autres formations, via des passerelles. « Le titulaire d’un bachelier en psychomotricité peut accéder de plein droit à certains masters, dont le master en sciences de la santé publique, moyennant quinze à trente crédits complémentaires, et le master en sciences du travail, moyennant 45 à 60 crédits complémentaires », a pointé la ministre. « Les autres types de passerelles qui permettent une réorientation d’un bachelier vers un autre ou d’un bachelier de type long vers un master, par exemple, sont laissés à l’appréciation des établissements et sont construits sur la base d’un programme personnalisé. »

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Jean-Claude Marcourt taclé…

Valérie Glatigny a conclu son intervention en commission par un tacle bien senti à l’attention de Jean-Claude Marcourt, à l’initiative du bachelier en psychomotricité paramédical. Pour elle, il a péché en ne consultant pas au préalable l’état fédéral… « Il aurait été préférable d’adopter une autre logique et de vérifier que ce métier était reconnu comme profession paramédicale par l’État fédéral avant d’organiser la formation et d’en définir les contenus », a-t-elle glissé en fin d’allocution.

Une réponse qui n’a pas totalement convaincu le député Eddy Fontaine, ne la jugeant pas à la hauteur des attentes des étudiants et des diplômés de cette formation. « Lorsqu’un nouveau gouvernement fédéral aura été formé, il serait bon de remettre la question à l’ordre du jour et de trouver rapidement une solution pour tous ces étudiants, aussi bien ceux qui sont déjà diplômés ou en cours de formation que ceux qui souhaitent s’inscrire dans cette filière. »

En attendant, la Fédération des étudiants francophones (FEF) et l’Union professionnelle belge des psychomotriciens francophones (UPBPF) ne restent évidemment pas les bras croisés. Depuis 2016, elles ont multiplié recours et procédures pour défendre les intérêts de toute la profession. Un combat long et semé d’une série d’embuches. Dernière déconvenue en date : l’arrêt de la Cour Constitutionnelle qui a réfuté un préjudice dans la manière dont L’État Belge reconnait, ou non, une profession paramédicale. En gros, la justice a estimé que le processus de décision de la ministre avait été respecté. Douche froide pour l’UPBPF et le FEF… Mais pas de quoi céder non plus à la fatalité.

Les deux organes vont continuer le combat ! Prochainement, le Tribunal de Première Instance de Liège décidera, ou non, d’attribuer un cadre légal à la psychomotricité en lui donnant une reconnaissance paramédicale. Un rendez-vous primordial pour les psychomotriciens !

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E.V.



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