Aide à la jeunesse : "Il faut opérer des rééquilibrages de moyens"

Aide à la jeunesse:

La Fédération Laïque de l’Aide à la Jeunesse (FLAJ) souhaite attirer l’attention des partenaires de la future majorité régionale et communautaire sur un certain nombre de recommandations dans la perspective d’une prévention, d’une aide et d’une protection plus efficace en faveur des enfants et des jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles. En voici un extrait.

Nous souhaitons que le secteur de l’Aide à la Jeunesse marque une pause, consolide et évalue ce qui a été mis en place par le décret-code sur la Prévention, l’Aide et la Protection de la jeunesse.

Des rééquilibrages de moyens doivent être courageusement opérés dans l’enveloppe des subsides affectés au secteur en ayant pour objectif de respecter les choix déterminants qui ont été faits par le décret.

Il y a lieu d’évaluer de manière indépendante et non partisane l’efficacité à court, moyen et long terme des différentes interventions pratiquées par les services du secteur. Les moyens affectés doivent devenir des investissements plutôt que des dépenses. Une vision à moyen et à long terme est indispensable en se démarquant des lobbys qui traditionnellement tentent d’influer sur les choix dans le secteur.

L’intervention préventive doit impérativement devenir un réflexe de « première intention intervenante » pour tous les services du secteur. Il convient d’ailleurs, que des modes d’interventions concertés soient imaginés et mis en œuvre.

Améliorer la collaboration

Les services non-mandatés, mandatés, en milieu de vie comme en hébergement doivent être encouragés à collaborer.

La collaboration entre les services et l’Administration doit être améliorée. Il s’agit avant tout de simplifier les procédures administratives. C’est une intention affichée depuis longtemps mais encore trop peu mise en pratique. Le temps consacré aux tâches administratives et comptables est sans cesse plus important, imposant aux services de distraire un temps précieux qu’ils devraient consacrer aux jeunes dont ils doivent s’occuper prioritairement.

Nous insistons sur l’importance d’un travail socio-éducatif où on peut créer du lien, prendre le temps et s’inscrire dans une logique de long terme. Nous souhaitons favoriser une logique de propension permettant de cheminer au rythme des jeunes et des familles plutôt qu’une logique instrumentale. Le livre I du nouveau Code de la Prévention, de l’Aide à la Jeunesse et de la Protection de la Jeunesse le permet, nous voulons continuer à en faire une priorité.

Par ailleurs, il nous semble important d’évaluer le travail des services entrant dans le cadre du livre I du Code sous un angle davantage qualitatif que quantitatif, nous demandons que l’opportunité soit donnée à ces services de développer des méthodes pour mettre en évidence les résultats qualitatifs de leurs actions.

Priorité à la prévention et au maintien dans le milieu de vie

Nous demandons le maintien des acquis en termes de non-mandat et de secret professionnel.

La priorité doit être accordée à la logique de prévention et de maintien dans le milieu de vie. Même en cas d’éloignement du milieu familial, nous demandons à faire davantage exister le lien avec le milieu de vie ou la famille d’origine.

Dans cette même logique de prévention et de privilégier le maintien du jeune dans son milieu de vie, nous souhaitons continuer à favoriser le système de parrainage, système qui permet à des familles ayant peu de réseau de souffler un peu, quelques jours par mois ou par an, en bénéficiant du soutien d’une autre famille.

4000 enfants sont placés en familles d’accueil dont 2000 avec l’appui d’un service d’accompagnement en accueil familial. Ces familles d’accueil doivent toutes avoir le droit d’être soutenues et accompagnées par un service d’accompagnement en accueil familial. Par ailleurs, avec l’accompagnement de ce service, nous préconisons d’encourager davantage un fonctionnement tripartite « enfant-famille d’origine-famille d’accueil », le but étant d’envisager, pour la majorité des situations, le placement en famille d’accueil comme une solution temporaire ou transitoire.

Les moyens accordés à la prévention et au soutien des jeunes dans leur milieu de vie doivent être renforcés et tendre à devenir équivalents à ceux consacrés à l’hébergement des jeunes dans des services résidentiels.

Le secteur de l’Aide à la Jeunesse ne doit pas être envisagé de manière cloisonnée. Nous souhaitons encourager le développement de politiques croisées entre les secteurs, notamment avec les secteurs du logement, de l’enseignement et de l’insertion socioprofessionnelle.

Jacques Duchenne

Président de la FLAJ



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