Devenir famille d’accueil : "C’est un mouvement citoyen qui fonctionne !"

01/04/21
Devenir famille d'accueil:

Les services d’accompagnement ont créé l’initiative familledaccueil.be afin de promouvoir l’accueil familial et trouver de nouvelles familles candidates pour les enfants en attente. Le point avec Jessica Cocquyt, la porte-parole des services d’accompagnement en accueil familial (S.A.F.F).

[DOSSIER]
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’’ L’accueil familial est encore aujourd’hui trop méconnu ’’

Guidesocial.be : Pouvez-vous nous présenter le site familledaccueil.be…

Jessica Cocquyt  : Familledaccueil.be provient de la fédération des services d’accompagnement en accueil familial. Elle regroupe 16 services qui se sont associés pour allier leurs forces.

Cette campagne de promotion a été lancée le 20 novembre 2020 dans le cadre de la journée internationale des droits de l’enfant. Elle a pour but de faire connaître au grand public l’accueil familial, aujourd’hui encore trop méconnu, ainsi que de trouver des familles supplémentaires. Ces dernières accueillent, selon le type d’accueil choisi, un enfant à temps plein pendant une certaine durée pour lui permettre de bien grandir tout en maintenant le lien avec ses parents via nos services.

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’’ C’est un projet familial ouvert à tous ’’

Guidesocial.be : Quelles sont les conditions et les compétences nécessaires pour pouvoir accueillir un enfant  ?

Jessica Cocquyt  : C’est un projet familial qui est ouvert à tous, peu importe l’âge, l’orientation sexuelle, le milieu socioculturel et philosophique… On est vraiment ouvert à tous les profils.

Il faut néanmoins un certificat de bonne vie et mœurs, et avoir certaines capacités, comme celle de pouvoir se remettre en question, d’être transparent, de collaborer, ou d’accepter l’enfant avec tout son passé…

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’’ Il faut réfléchir au type de projet d’accueil qu’on veut débuter ’’

Guidesocial.be  : Et concernant les démarches administratives…

Jessica Cocquyt : Quand une famille est intéressée, ils suivent tout d’abord une séance d’information au sein du service le plus proche de chez eux. Ce premier rendez-vous leur permet de bien réfléchir au type de projet d’accueil qu’ils veulent débuter, à court ou plus ou moins long terme.

Ensuite, il y a un entretien individuel avec les candidats pour connaître leur parcours de vie, leurs valeurs, leurs ressources, leur attachement… On évalue aussi leurs capacités, via notamment des cas pratiques. Une fois la sélection aboutie, on cherche l’enfant qui correspond le mieux au profil recherché par les différentes familles. Il s’enclenche alors un processus d’apparentement où la famille va pouvoir faire connaissance avec l’enfant, et inversement. La procédure peut prendre entre 4 à 6 mois.

’’ On travaille au quotidien avec des intervenants psychosociaux ’’

Guidesocial.be  : Avec quel type de professions êtes-vous en contact ?

Jessica Cocquyt : Chacun de nos services bénéficie d’une équipe pluridisciplinaire composée notamment d’intervenants psychosociaux, comme des assistants sociaux, des éducateurs, des psychologues… Et parfois même, des pédopsychiatres. On travaille en étroite collaboration avec ces professionnels pour accompagner au mieux les familles et l’enfant.

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Guidesocial.be  : Est-on rémunéré en tant qu’accueillant d’enfant  ?

Jessica Cocquyt : Être famille d’accueil en Belgique, ce n’est absolument pas un travail ! C’est un tout autre système que la France, c’est bénévole. Les familles continuent à avoir leur travail à côté et éduquent en même temps les enfants comme si c’était les leurs.

L’administration accorde néanmoins des interventions financières dans les frais du quotidien, dans certains frais médicaux…

’’ En période Covid, le besoin de familles d’accueil s’est accentué...’’

Guidesocial.be  : On entend souvent qu’il manque de familles d’accueil…

Jessica Cocquyt  : On manque de familles d’accueil, ça c’est une certitude. On a vraiment besoin de familles pour tout type d’enfants, pour tout âge… En période Covid, le besoin de familles d’accueil s’est accentué, surtout pour l’accueil d’urgence et le court terme. Malgré un élan de générosité par rapport au projet, ce n’est pas encore suffisant pour répondre aux besoins de l’Aide à la jeunesse…

C’est l’appel qu’on lance avec notre promotion Familledaccueil.be. On a aujourd’hui des études qui montrent que 10 ans après l’accueil familial, les enfants se portent bien, car ils ont pu bénéficier d’une structure aimante qui leur a permis de bien évoluer en tant qu’adultes.

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’’ La difficulté, c’est le manque de possibilités de prise en charge...’’

Guidesocial.be  : Quelles sont vos revendications au niveau politique  ?

Jessica Cocquyt : Nous sommes considérés comme essentiels, on s’adapte à la crise sanitaire… Nos travailleurs on dû se réinventer et ont beaucoup usé de créativité, mais on continue de fonctionner tout à fait normalement.

La difficulté dans l’Aide à la jeunesse, qui est une problématique plus globale, c’est le manque de possibilités de prise en charge, notamment dans nos services ou dans les pouponnières…

Guidesocial.be : Un dernier mot pour les personnes qui seraient intéressées  ?

Jessica Cocquyt : L’accueil familial est un système qui fonctionne en Belgique, quand vous devenez famille d’accueil, vous changez la vie d’un enfant. Et j’invite toutes les personnes qui seraient intéressées à aller sur notre site internet  www.familledaccueil.be pour se renseigner.



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