La ministre de l'Éducation répond à l'enseignement spécialisé

15/09/20
La ministre de l'Éducation répond à l'enseignement spécialisé

Alors que l’intégration des élèves à besoins spécifiques dans l’enseignement ordinaire risque d’être perturbée suite à la réforme concernant la suppression des intégrations temporaires totales, la ministre Désir aimerait “rassurer sur ses intentions et sur celles du gouvernement”.

[DOSSIER]
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Lors de la séance plénière du 9 septembre du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la ministre de l’Éducation, Caroline Désir, a apporté quelques réponses et précisions concernant les projets d’intégration des élèves aux besoins spécifiques dans l’enseignement ordinaire. Pour rappel, les directeurs de l’enseignement spécialisé avaient adressé le 7 septembre un courrier à la ministre où ils exprimaient leur inquiétude à propos de la suppression des intégrations temporaires totales (ITT). Voici les principaux points discutés lors de cette séance.

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Quelles sont les intentions du gouvernement par rapport à l’enseignement spécialisé ?

Face à la question du député Michele Di Mattia (PS) : “Pouvez-vous préciser les intentions du gouvernement afin de garantir la qualité de l’enseignement pour tous les élèves en difficulté ?”, la ministre a tenté de rassurer les directeurs de l’enseignement spécialisé en expliquant que “seront en effet renforcées les mesures visant à inclure ou à maintenir dans l’enseignement ordinaire des enfants présentant des besoins spécifiques.” Elle a également rappelé que la réforme de l’intégration, qui fait partie du Pacte pour un enseignement d’excellence, ne se résumait pas uniquement à la suppression des ITT et que “le soutien spécifique assuré par les enseignants de l’enseignement spécialisé pour venir en aide aux enfants intégrés dans l’enseignement ordinaire continuera à exister.” Cependant, ce soutien prendra une nouvelle forme avec la création de pôles territoriaux. Enfin, elle a ajouté que le dossier avançait puisqu’une note d’orientation a été finalisée et qu’elle sera soumise au comité de concertation du Pacte pour un enseignement d’excellence.

Quelles avancées pour les pôles d’intégration ?

Michele Di Mattia a enchaîné avec la question des pôles d’intégration :“Dans le cadre de la mise en place, pour la rentrée 2021, des pôles d’aménagements raisonnables et d’intégrations, pourriez-vous indiquer où en est le travail de concertation avec le secteur ?” La ministre a expliqué que ces pôles, qui serviront à accompagner les élèves à besoins spécifiques tout au long de leur scolarité, étaient prévus pour 2021 tandis que des projets pilotes seraient mis en place dès la rentrée scolaire 2020-2021. Pour cela, “30 coordinateurs sont mis à la disposition des réseaux d’enseignement et 1 000 périodes sont octroyées à des projets existants”, a-t-elle précisé. Elle a conclu sur un point essentiel : “L’encadrement sera aussi totalement préservé, car toutes les ITT qui ont été prévues entre le 15 janvier 2020 et le 3 juillet 2020 sont maintenues ou…”

Les demandes d’ITT à partir du 3 juillet ?

Malheureusement, la ministre de l’Education n’a pas pu terminer son discours en raison de la règlementation du temps de parole lors des débats. La députée Mathilde Vandorpe (cdH) a donc rappelé la question laissée en suspens, celle des demandes d’ITT refusées depuis le 3 juillet : “Madame la Ministre, que faites-vous des personnes qui se sont vues refuser les demandes d’ITT introduites à partir du 3 juillet et jusqu’à ce jour ? En l’absence de base légale justifiant la suppression des ITT, vous vous situez dans un vide juridique.” Cette question, le gouvernement devra y réfléchir et y trouver rapidement une solution.



Commentaires - 2 messages
  • Bonjour,

    Actuellement en recherche de comprendre ce qu'il va se passer pour la suite, y a-t-il désormais des réponses à cette dernière question que nous nous posons tous ? Pourquoi avoir supprimer les ITT AVANT la mise en place fonctionnelle des pôles territoriaux ? Je ne veux pas entendre que c'est une question de budget, car selon moi, cela devait faire partie des discussions préalables. Lorsque l'on a un projet, soit on met tout en place pour y parvenir, soit on prend des dispositions pour y parvenir, qu'elles soient budgétaires, qu'elles soient étalées dans le temps, ou autre idée innovante, car je suis convaincue que des solutions existent.

    Dubois Géraldine jeudi 13 mai 2021 11:55
  • Je ne comprends pas la décision de Mademoiselle la ministre Desir de supprimer le système d'intégration d'élèves en difficultés spécifiques. Ma petite fille est en quatrième année primaire et bénéficie de cette prise en charge, avec succès. L'année prochaine, elle devra aller en enseignement spécialisé puisque, comme l'a annoncé la directrice de l'école, c'est un grand retour en arrière car ma petite fille ne pourra plus bénéficier des aides qu'elle recevait sur place dans l'enseignement ordinaire. Cette école va renoncer à prendre en charge, faute de moyens, les enfants en difficultés spécifiques. je ne comprends pas qu'on supprime des aides qui fonctionnent bien et qu'on abandonne à leur sort des enfants en difficultés qui étaient bien aidés en enseignement ordinaire malgré leur différence. Honte à vous mademoiselle la ministre pour cette décision incompréhensible! Je souhaite que beaucoup de professionnels, de parents et autres réagissent en masse contre votre décision qui ne tient pas compte de la réalité de ces enfants et de leurs difficultés!

    Mariannedel mardi 28 septembre 2021 09:23

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